Notre-Dame du Liban à Harissa, dans le Kesrouan. Photo DR
Chaque année, la solennité de la Vierge Marie est célébrée le 15 août par les Églises catholiques et orthodoxes. Au Liban, la fête d’el-Saydé rassemble villageois, citadins et expatriés, qui font de l’Assomption un moment central de leur été. Traditionnellement, les villages chrétiens organisent la veille de la fête une messe suivie de processions, chants, danses et partage du plat de la hrissé et de desserts typiques. Aujourd’hui, les festivités incluent concerts, soirées, feux d’artifice, marchés et kiosques, s’étendant sur tout le week-end, voire la semaine précédant le 15 août.
« Les divisions s’effacent »
Originaire de Zghorta, au Liban-Nord, Karl, 23 ans, parle de la fête comme d’une « occasion de retrouver la famille et nos amis dans un esprit de prière et de tradition. Toutes les générations se mélangent et les divisions s’effacent ».
Au Liban-Sud, à Jezzine, « l’Assomption est une fête qui rassemble tout le monde », attirant des visiteurs « des villages voisins du Chouf ou de Saïda », affirme Joseph*. Mona, la vingtaine et issue d’un village voisin, le confirme : « L’ambiance nous réchauffe le cœur. Les rues sont bondées, il y a des activités pour tous. » La municipalité de Jezzine organise un marché et des concerts, le tout « sur trois jours », précise David Helou, président du conseil municipal, qui estime à environ 7 000 le nombre de visiteurs. « Les habitants originaires de Jezzine vivant ailleurs reviennent chaque année pour cette célébration », souligne-t-il.
D’autres villages perpétuent cette tradition, comme Ghazir, dans le Kesrouan, où la procession du 14 août au soir mobilise notamment les scouts du village, rapporte Mona. Sa sœur Sonia, arrivée il y a quelques jours, poursuit : « Cette année a été particulièrement festive grâce aux efforts de la municipalité. La chorale du village a même chanté aux côtés de l’armée ! »
Les montagnes du Kesrouan, « hot spot » de la célébration
Sur les hauteurs du Kesrouan, Hrajel organise huit jours de festivités. « Du 8 au 13 août, des soirées sont organisées sur la place du village, un mélange de chants traditionnels et de concerts », témoigne Nour*, qui y est chaque été avec ses enfants. « Le 14 et le 15 août sont ensuite entièrement consacrés à l’aspect religieux de la célébration », ajoute-t-elle.
Faraya et Faqra sont eux devenus synonymes de lieux incontournables pour des jeunes, pratiquants ou non, pour leurs messes, marchés, feux d’artifice et concerts. « Cette année, nous attendons entre 25 000 et 30 000 visiteurs. Nous avons planifié il y a un mois déjà la sécurité avec la police municipale, la Croix-Rouge et la Défense civile », explique Wassim Samir Mehanna, moukhtar de la municipalité de Kfardebiane.
Sara, 23 ans, organise chaque année ses plans d’été en fonction de cette date. « J’attends avec impatience les soirées à Faraya parce que j’aime la sélection des artistes. Il y fait bon et frais, et c’est le hot spot ou je retrouve tous mes amis ! »
*Les prénoms ont été modifiés à la demande des interlocuteurs.


Ste Marie,reprenez le Monde en charge.merci
09 h 43, le 15 août 2025