Et voilà le travail !
Tom Barrack, l’émissaire américain finalement très peu baraqué, s’en est allé Gros-Jean comme devant en se bouchant bien fort le nez. Il se souviendra longtemps de ce pouvoir tricéphale libanais où le timonier numéro deux, en roublard assermenté et parfaitement assumé, fait danser les deux autres autour de son nombril. Quand on pense aux milliards de neurones qui se sont échappés de toutes ces salivations inutiles, on se dit que ce fut une diplomatie de haute voltige !
Longtemps accaparés par les barbus du Sud, les Libanais ont fini entre-temps par apprendre qu’en Syrie aussi, le système pileux est très développé. En effet, plus Abarberacourcix, le nouveau patron de là-bas, s’emploie à raser gratis parmi ses anciens compagnons, plus de nouvelles barbes repoussent. Résultat des courses : de la côte ouest alaouite jusqu’à Soueida la druze, plusieurs villes sont à court de rasoirs, mais fleurissent de raseurs intégristes qui grouillent et grenouillent.
Leur liste des péchés est longue comme un jour sans pain : le cinoche, la télé, la musique, Tintin et Milou, les femmes, la drague, les bisous, l’internet… Seule la kalachnikov, c’est bien, mais entre deux prières. Le tout débité dans un sabir bien à eux, dépourvu de toute syllabe étrangère, probablement parce qu’aux yeux de ces binaires basiques, les diplômes, c’est aussi péché… Y a pas à dire, Ubu continue de frapper, et la Syrie respire enfin la joie de vivre.
Il n’en fallait pas plus à nos neuneus locaux pour voir déferler au Liban des hordes de pileux frisottés, poignards entre les mâchoires, prêts à jouer du coupe-coupe à gorges déployées parmi les communautés rivales. D’ailleurs, ces nouveaux allumés ne font pas beaucoup d’efforts pour se rendre sympathiques. L’Iran en comparaison, c’est le Club Med, Ali Khamenei un gai luron, et Naïm Kassem calfeutré dans son jupon un maître guignolo.
C’est en jouant sur cette trouille, qui en passant a rendu si polis Joseph 1er et Tonton Nawaf, que le Parti barbu et son cache-sexe Istiz Nabeuh comptent reprendre des couleurs, en finassant sur la question des armes. Bon, il n’en reste pas grand-chose, mais le résidu vaut déjà son pesant de caviar iranien et demeure suffisant pour semer la frousse parmi leurs détracteurs.
Pour le reste, le décor est en place, et la pièce pourra se jouer à guichets fermés. Le Nataniais et ses Hébreux poursuivront leur tir forain sur les déplumés du Hezbollah au sud du Litani ; et le Hezbollah continuera à touiller le merdier face à ses compatriotes au nord du Litani. Une situation qui arrange tout le monde : aux Israéliens va-t-en-guerre le sale boulot, aux Libanais feignasses la « résilience ».
Comme dans un mauvais titre de journal, le pays est « à la croisée des chemins ». C’est fou ce qu’ils s’entrecroisent ces chemins, sans jamais se rencontrer !
gabynasr@lorientlejour.com



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On croit que M. Nasr est au summum de son art et puis il nous sort un édito proche de l’apothéose. Il se bonifie à mesure que nos dirigeants se dégradent. C’est dire l’immensité de son talent. BRAVO et merci de nous régaler tous les vendredis. On aurait aimé que ce soit un édito quotidien et non hebdomadaire.
12 h 53, le 25 juillet 2025