La devanture de la Banque du Liban à Hamra. Photo F.G.
Dans sa circulaire principale n° 170 datée du 14 juillet, la Banque du Liban (BDL) interdit aux banques, institutions financières, sociétés de courtage, fonds d’investissement collectif et toute entité qu’elle réglemente de traiter, directement ou indirectement, avec des sociétés non agréées.
Il s'agit de « mesures de précaution pour protéger le secteur financier et économique au Liban », notamment face aux « entités sanctionnées par des autorités étrangères », note le texte, et s’inscrit dans le renforcement des procédures en vigueur, alors que le Groupe d’action financière (GAFI) a inscrit le Liban sur sa « liste grise » le 25 octobre 2024, en raison de carences ou d’insuffisances dans certaines de ces procédures.
La BDL interdit désormais aux institutions qu’elle régule de traiter avec al-Qard al-Hassan (association gérée par le Hezbollah), Bayt al-Mal, Société al-Yusr pour le financement et l’investissement, ou toute autre association, entité, société ou organisme similaire à celles-ci, en particulier celles sanctionnées à l’internationale. Les institutions qui manqueront à cette décision pourrait voir leur licence suspendue ou retirée, s’exposer au gel des comptes et des avoirs, et faire l’objet d’une enquête auprès de Commission d’enquête spéciale (SIC).
L’émissaire américain Thomas Barrack a salué cette décision sur X affirmant que « le gouvernement libanais a fait un pas dans la bonne direction». « La transparence et l'alignement de tous les intermédiaires financiers au Liban sous la supervision de la Banque centrale est une réalisation précieuse et nécessaire », a-t-il ajouté.
Pour justifier sa décision, la Banque centrale cite trois motifs. Premièrement, « la nécessité de traiter la situation du secteur financier non agréé, notamment les bureaux de change, sociétés de transfert d’argent et associations menant des activités financières sans licence ». Deuxièmement, « le risque que le secteur financier agréé soit indirectement impliqué dans des opérations suspectes de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme via des entités non agréées, en particulier celles sous sanctions internationales ». Et troisièmement, « le besoin de protéger les banques correspondantes face aux conséquences juridiques négatives et de préserver l’intérêt national supérieur ».
Dans ce cadre, la BDL avait également annoncé lundi qu’elle faisait appel à la société américaine K2 Integrity, spécialisée dans le conseil en matière de risques et de conformité dans le domaine de la criminalité financière, dans l’objectif de « lutter contre l’expansion de l’économie informelle et contrer toutes formes d’activités illégales et frauduleuses ». « Cette initiative intervient dans le contexte de la volonté de la BDL de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI) », poursuit la BDL dans son communiqué.



Il faudrait peut-être mieux interdire au Qard el Hassan de traiter avec les banques libanaise, vu les antécédants…
14 h 40, le 17 juillet 2025