Vue d’ensemble de Beyrouth. Photo prise le 20 novembre 2024. Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour
Un mois après avoir été inclus sur la liste de la Commission européenne de juridictions à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, le Liban fait désormais officiellement partie des pays jugés comme tels par l’Union européenne (UE), suite à l’adoption de cette mesure au Parlement européen le 9 juillet. Résultat : les entités de l'UE couvertes par le cadre de lutte contre le blanchiment d'argent sont tenues de faire preuve d'une vigilance accrue dans les transactions impliquant les pays inclus sur ce qui est aussi connu comme la « liste noire ».
Tout comme le Liban, l’Algérie, l’Angola, la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Laos, Monaco, la Namibie, le Népal et le Venezuela ont été ajoutés à cette liste, tandis que la Barbade, Gibraltar, la Jamaïque, le Panama, les Philippines, le Sénégal, l’Ouganda et les Émirats arabes unis en ont été retirés.
Concrètement, cette annonce n’aura « pas plus d’effets négatifs sur le Liban par rapport à ceux déjà imposés par son inclusion sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), regroupant les pays jugés insuffisamment coopératifs dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », indiquait en juin l’avocat fiscaliste Karim Daher. Avant d’ajouter : « Il s’agit toutefois d’une alerte pour rappeler au Liban que les choses doivent avancer. »
Le GAFI avait placé le Liban sous surveillance renforcée le 25 octobre 2024, le pays s'étant engagé à résoudre rapidement les déficiences stratégiques identifiées dans les délais convenus, afin d’éviter d’être inclus dans la « liste noire » des pays non coopératifs, suite à quoi il pourrait être exclu du système financier mondial.
L’actualisation de cette liste « tient compte des travaux du GAFI », et « en particulier de sa liste de « juridictions faisant l'objet d'une surveillance accrue », précisait le communiqué publié par la Commission européenne il y a un mois. Et d’ajouter : « En tant que membre fondateur du GAFI, la Commission est étroitement associée au suivi des progrès réalisés par les juridictions figurant sur la liste, en les aidant à mettre pleinement en œuvre leurs plans d'action respectifs convenus avec le GAFI. L'alignement sur le GAFI est important pour respecter l'engagement de l'UE à promouvoir et à la mise en œuvre des normes mondiales. »
Cette décision intervient alors que le Liban tente de regagner la confiance de ses partenaires internationaux, notamment du Fonds monétaire international (FMI), avec lequel il a relancé des négociations depuis l’élection de Joseph Aoun à la présidence et la formation du gouvernement de Nawaf Salam. Or, le renforcement du cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme constitue un axe central du programme de réformes exigé par le Fonds monétaire international.



Blanchiment de l'argent... ce chain-store business que l'on déteste
17 h 11, le 12 juillet 2025