L’accession du général Joseph Aoun à la présidence de la République et celle de M. Nawaf Salam à la tête du nouveau gouvernement sont deux éléments de bon augure.
Le citoyen libanais qui a longtemps vécu dans l’espoir d’une renaissance du pays semble satisfait, et ce qui nous paraissait à nous tous impossible aujourd’hui s’est réalisé.
Les réformes mentionnées dans la déclaration ministérielle, soutenue par les bonnes intentions du régime, en plus de l’intérêt que porte le monde arabe et international à la stabilité du pays sont des facteurs prometteurs à l’environnement socio-économique du pays.
La banque centrale, sous le patronage du vice-gouverneur Manssouri, annonce une hausse des réserves en devises, qui s’élèvent à ce jour à 10,3 milliards de dollars.
L’État possède un peu plus de 9,2 millions d’onces or stockées en partie dans les coffres de la banque à Beyrouth, et le reste à Fort Knox aux États-Unis.
Le prix de l’once frôle le niveau des 3 000 dollars, une aubaine pour le Liban qui a besoin d’alimenter ses réserves pour en tirer avantage d’une manière ou d’une autre.
L’or ne devrait plus être un sujet tabou ; je suggère que l’État prenne le risque de vendre 10 % de cet or, qui va rapporter quelque 3 milliards de dollars, et qu’il place cette somme à, disons, 2 % l’an auprès d’une des grosses banques mondiales, américaines, canadiennes ou autre ; cette banque serait alors intéressée à venir s’établir et s’activer au Liban.
L’économie libanaise comme toute autre économie ailleurs ne peut survivre sans un système bancaire fiable ; hélas les banques locales n’inspirent aucune confiance à notre société, et le travail qui est accompli présentement n’est pas digne de l’activité bancaire.
L’économie du cash ne peut perdurer, et l’arrivée d’outre-mer d’une grande banque donnerait un coup de fouet à toutes les
activités économiques.
Quant au risque encouru par la vente de 10 % de notre or, il est limité tant que les fonds ne sont nullement touchés pour quelque raison que ce soit, sauf en cas de baisse du prix de l’or et de la reconstitution de la réserve. Oui, il s’agit bien de spéculation, mais on doit se dire que si le prix chute de quelque 10 %, nous en rachèterions, et si le prix continue à hausser, nous détenons toujours une position et si besoin est, avec une hausse de 10 % (300 dollars), nous pouvons vendre une seconde tranche.
L’histoire des marchés a prouvé que la tendance ne va pas à jamais dans le même sens, mais ce qui se passe actuellement peut être provisoire. Les marchés sont imprévisibles.
Dans l’absolu, l’adage dit « qui ne risque rien n’a rien », et quelque profit qu’on puisse tirer est à considérer.
MBA, enseignant universitaire, Montréal-Canada
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