Quelle fut sa première réaction ? Était-il surpris ? Énervé ? Paniqué ? Satisfait ? Que savait-il exactement, ce matin-là, du plan concocté depuis de longs mois par Yahya Sinouar et Mohammad Deif, les deux cerveaux de l’opération Déluge d’al-Aqsa, et de ce que cela impliquait pour son parti ? Près d’un an et demi plus tard, ces questions demeurent presque sans réponse. Nous savons que Hassan Nasrallah a largement œuvré pour l’intégration complète du Hamas au sein de « l’axe de la résistance », et que plusieurs réunions ont eu lieu à Beyrouth dans les mois qui ont précédé le 7-Octobre pour préparer une attaque d’ampleur contre Israël susceptible de changer la donne. Mais à quel point sont-ils entrés dans les détails ? Et si cela avait vraiment été le cas, les renseignements israéliens, qui semblaient connaître jusqu’à la couleur des chaussettes de Hassan Nasrallah, ne l’auraient-ils pas su ? Nous ignorons encore tant de choses sur ce moment crucial durant lequel Hassan Nasrallah a fait le choix – ou a obéi à l’ordre iranien – d’ouvrir un « front de soutien à Gaza » qui finira par lui coûter la vie.
Ce que nous savons en revanche, c’est que Hassan Nasrallah avait pris une telle dimension au cours de ces dernières années au sein de l’axe iranien qu’il paraît peu probable qu’il n’ait pas largement participé à cette prise de décision. Et surtout que la ou les personne(s) qui l’ont fait ont commis une monumentale erreur de calcul – les cadres du Hezbollah le reconnaissent désormais eux-mêmes en privé – en sous-estimant la détermination israélienne à changer l’équation régionale après les attentats du 7-Octobre, quel qu’en soit le prix politique, diplomatique et pour la vie de ses otages.
Le sayyed pensait pouvoir faire la guerre à moitié. En tirer les bénéfices sans en subir les conséquences. Ce fut tout le contraire qui arriva : Hassan Nasrallah a signé son propre arrêt de mort le 8 octobre 2023. Mais aussi, dans une moindre mesure, celui du parti et de l’axe qu’il avait passé sa vie à construire.
Cent quarante-neuf jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que le Hezbollah enterre son chef sans risquer d’être bombardé par les avions israéliens. Comme pour pousser l’humiliation à son paroxysme et rappeler qu’une nouvelle ère avait vu depuis le jour, ces derniers ont survolé à basse altitude la Cité sportive au moment même où se déroulait la cérémonie.
Il y avait ce dimanche de la ferveur, de la transe, des prières, des larmes, de grands discours et des slogans fièrement entonnés. Il y avait des dizaines, peut-être des centaines de milliers de personnes dans la rue, et le parti chiite a pu prouver qu’il avait encore une assise populaire non négligeable – même si de nombreuses nuances doivent être apportées à ce constat. Il y avait des délégations venues de toutes les constellations de l’« axe » – d’Irak, du Yémen et d’Iran – pour rappeler à qui aurait pu en douter, quand le parti était bombardé nuit et jour, qu’il avait encore, sur le papier, quelques « alliés ». Le Hezbollah voulait faire une démonstration de force populaire, symbolique et politique. Concernant les deux premiers aspects, ce fut plutôt réussi. Pour le troisième en revanche, il en faudra beaucoup plus pour faire taire cette question lancinante qui était ce dimanche sur les lèvres de tous les Libanais, partisans ou opposants : est-ce un homme ou une milice que l’on a enterré ?
Le Hezbollah survivra évidemment à son chef, comme l’ont fait avant lui, avec plus ou moins de réussite, d’autres partis libanais et d’autres organisations non étatiques. Mais il ne sera plus jamais le même. Au sommet de sa gloire, Hassan Nasrallah en avait fait une hydre « invincible », à la fois armée régionale, parti politique, organisation sociale et mafia internationale. Le génie de Hassan Nasrallah ne tient pas à ses qualités de stratège militaire, d’organisateur hors pair ou de bête politique. Il est d’avoir réussi, en raison de son charisme et de sa bonhomie, à tout faire avaler à ses sympathisants au nom de la lutte contre Israël et de la défense d’une communauté si longtemps marginalisée.
Il s’est invité dans les salons et dans les têtes de tous ceux qui ont sacralisé l’une ou l’autre de ces causes au point de leur faire oublier tout le reste : le doigt levé, les menaces, les assassinats, les coups de force, les massacres et les guerres inutiles. À la communauté chiite, il a su faire oublier que le Hezbollah était une création iranienne, en dissonance avec l’histoire chiite libanaise, et que le parti avait beau leur avoir rendu leur fierté, il leur demandait en retour un sacrifice toujours plus grand. Aux « palestino-progressistes », il a su faire oublier qu’il était à la tête d’une organisation islamiste fondamentaliste qui, tant dans son idéologie que dans ses actes, n’avait pas grand-chose à envier à ses pendants sunnites.
Nasrallah était la voix et le visage du Hezbollah et de l’axe. Ce dernier s’est effondré, tout comme la dimension régionale du parti. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Que lui réserve l’après-Nasrallah ?
Là encore, les interrogations sont nombreuses. Son haut commandement a été décapité. Son créateur a un genou à terre. Les autres Libanais le craignent et/ou le détestent. Les pays arabes le vouent aux gémonies. Les caisses sont vides. La colère gronde. Et la tutelle israélo-américaine ne lui laisse pas le moindre espace pour respirer. Peut-il alors se réinventer ?
Être un parti libanais comme tous les autres ? Rien dans ses paroles et dans ses actes ne le laisse penser. Il est clair qu’il existe d’importantes divergences tactiques au sein du parti, entre ceux qui prônent le compromis et ceux qui le perçoivent comme une menace existentielle, mais cela ne constitue pas, pour le moment, une vraie remise en question du projet du parti-milice irano-libanais.
Si le Hezbollah retourne ses armes contre l’État, il se suicide. S’il accepte de les déposer, il se renie. Il est cette bête blessée qui peut encore achever son adversaire mais ne peut plus se sauver. Voici le principal héritage de Hassan Nasrallah : avoir provoqué l’isolement des chiites au Liban et dans la région ; avoir lancé deux guerres mortifères pour le pays et encore plus pour sa communauté ; avoir aidé Bachar el-Assad à massacrer sa population, avoir permis à Israël d’occuper à nouveau le sud du pays, et surtout au couple israélo-américain d’exercer une tutelle sur le Liban. N’est-ce pas suffisant pour enfin tourner la page ?


2) =IL EST GRAND TEMPS QU,ENFIN ON SE REVEILLE.-LA REGION CHANGE ET CHACUN NOUS SURVEILLE,-PLIER AUX BLUFFS DU MILICIEN ACTIF,-QU,ON ACCEPTE EN CHEF DU LEGISLATIF.-EST UNE ERREUR QUE NOUS PAYONS TRES CHER, -NOTRE PAQUEBOT ERRE SUR LES MERS.-LA PAIX AVEC NOS VOISINS A LA RONDE,-NOUS LANCERA SUR LE CHEMIN DU MONDE,-DU PROGRES ET DU DEVELOPPEMENT.-SANS ETRE DE PERSONNE L,INSTRUMENT.-INTERDISONS SANS RETARD LES MILICES,-AU SEUL PROFIT DU LIBAN NOS SERVICES.-LA PAIX AVEC NOTRE VOISIN DU SUD,-LE DICTENT BIBLE,QURAN ET TALMUD..-L,HOSTILITE CONTRE NOUS SE RETOURNE.-VERS LE MOYEN AGE ELLE NOUS TOURNE.
11 h 07, le 25 février 2025