Une première couche de neige a recouvert cette semaine les sommets du Mont-Liban. Elle est peut-être arrivée comme un bon présage de la trêve qui commence et de l’arrêt des bombardements israéliens.
La neige a cela de beau qu’elle cache de son manteau blanc tous les dégâts, les imperfections et les blessures de ce pays. Notre diva nationale Feyrouz l’avait chanté : « Qu’il neige ou qu’il fasse beau je t’aime Liban jusqu’à l’infini ». Toutefois, on espère que cette nouvelle trêve soit un peu plus pérenne qu’une petite neige précoce. On voudrait une vraie occasion de guérir nos plaies plutôt que les panser. On rêve que l’armée libanaise soit réellement la seule qui contrôle notre Sud, que le Hezbollah et les milices variées qui utilisent ce territoire à leur guise pour se battre avec Israël cessent de violer notre souveraineté. Et que la violence israélienne contre notre Sud martyr depuis plus de cinquante ans puisse enfin cesser.
Pour que tout cela soit envisageable, la seule solution est que nos institutions fonctionnent à nouveau et que le Hezbollah accepte de rejoindre le giron de l’État et lui rendre ses armes. Que nous élisions enfin un président rassembleur et que nous formions un gouvernement. Parviendrons-nous un jour à unir ce pays blessé ? Quand notre neige fondra, l’espoir est qu’elle fasse place à des fleurs plutôt qu’à de nouvelles bombes.
Alexandre CHOUEIRI
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