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Nos lecteurs ont la parole

Mohammad Farhat est tombé

Ce matin, je me réveille et j’ouvre, avec appréhension comme tous les jours, les nouvelles du matin.

J’apprends la mort de trois soldats de l’armée libanaise sous le feu déchaîné de l’ennemi. Pourtant, l’armée libanaise n’a pas pris part aux combats de cette guerre décidée par les autres pour le Liban, et à ses dépens comme d’habitude.

J’ai trouvé leurs trois visages dans un post sur X. Ils auraient dû faire la une de nos journaux. Pourquoi sont-ils morts ? Quels êtres chers ont-ils laissés ? Ils s’étaient enrôlés pour servir notre drapeau, si beau et si fragile. Et ils ont été abandonnés par un gouvernement faible et sclérosé, un président qu’on n’élit pas, un Parlement pris en otage par les partis confessionnels, l’Iran et ses sbires.

Mohammad Farhat, Mohammad Nazzal et Moussa Mahna étaient nos héros. Ils essayaient de faire leur devoir à la frontière sud, montrer que cette terre nous appartient et que le Liban voudrait la contrôler. Farhat s’était distingué pour avoir tenu tête, seul, aux soldats israéliens qui tentaient de modifier la ligne bleue. Hommage à lui et à ses compagnons. Et aussi à leurs proches dont la douleur est celle de toute une nation. Nous leur devons le très peu qu’il nous reste, dans ce pays en lambeaux.

Puisse cette tragédie nous réveiller tous ! Si des élections venaient à avoir lieu, quand vous serez tenté de glisser encore une fois votre voix pour élire un leader milicien ou un parti religieux, quand vous choisirez le raidissement sectaire, par peur ou habitude, rappelez-vous que c’est le vote confessionnel qui tue notre armée, c’est cette maladie de la division qui nous a pris notre Mohammad Farhat.

Alexandre CHOUEIRI

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Ce matin, je me réveille et j’ouvre, avec appréhension comme tous les jours, les nouvelles du matin. J’apprends la mort de trois soldats de l’armée libanaise sous le feu déchaîné de l’ennemi. Pourtant, l’armée libanaise n’a pas pris part aux combats de cette guerre décidée par les autres pour le Liban, et à ses dépens comme d’habitude. J’ai trouvé leurs trois visages dans un post sur X. Ils auraient dû faire la une de nos journaux. Pourquoi sont-ils morts ? Quels êtres chers ont-ils laissés ? Ils s’étaient enrôlés pour servir notre drapeau, si beau et si fragile. Et ils ont été abandonnés par un gouvernement faible et sclérosé, un président qu’on n’élit pas, un Parlement pris en otage par les partis confessionnels, l’Iran et ses sbires.Mohammad Farhat, Mohammad Nazzal et Moussa Mahna...
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