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Nos lecteurs ont la parole

Lettre à mes enfants

On vit au rythme des discours vides de nos politiciens et les promesses non tenues des diplomates étrangers. On vit ? Non. On ne vit plus. On est las depuis 49 ans de rouler sur cette montagne russe. Notre adolescence n’a pas été une adolescence normale puisqu’on a plongé dans le monde adulte du jour au lendemain. Guerre, bombes, mort d’amis, exil, immigration, solitude, éloignement de la famille, des amis, adaptation à une nouvelle vie…

Retour au pays, guerre, bombes, enfants en danger, immigration à nouveau, réadaptation avec famille, cette fois-ci, et enfants… Guerre et reguerre, heures passées à attendre des nouvelles de la famille au Liban, inquiétude… Entre-temps garder les enfants en dehors de tous ces problèmes de notre pays d’enfance en essayant de les laisser s’adapter à leur pays d’accueil. Et nous aussi adaptation au pays d’accueil, au monde compétitif du travail. Se battre, se battre. Ne jamais se laisser aller, pas le temps. Les enfants ont besoin de nous. Bien les éduquer, ne jamais leur passer notre fardeau, les laisser loin de nos soucis, rester forts pour eux alors que notre cœur est brisé parfois par ce qui se passe là-bas. La montagne russe n’arrête pas ! Chaque quelque temps, c’est le haut et le bas !

Mais cet octobre 2024, c’est l’éclat total, le cycle de la montagne russe s’est accéléré au max. Les enfants étant adultes ont commencé à poser des questions. Il fallait répondre. Ils ont découvert d’eux-mêmes notre Liban, sa beauté et ses problèmes. Maintenant c’est eux qui nous envoient les nouvelles fraîches.

C’est triste mes enfants ! Je vous ai amené au Canada pour vous épargner cette douleur, ce déchirement. Mais comme j’aurais aussi aimé que vous connaissiez l’enfance superbe que j’ai eue dans les montagnes libanaises à courir dans les forêts de pins, à assister aux fêtes des villages… Mais je pense que vous avez aussi eu une belle enfance ici au Canada avec vos amis que vous avez gardés jusqu’à maintenant.

Mon cœur saigne pour mon Liban. J’espère que je pourrais vous le montrer du Nord au Sud un jour prochain.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

On vit au rythme des discours vides de nos politiciens et les promesses non tenues des diplomates étrangers. On vit ? Non. On ne vit plus. On est las depuis 49 ans de rouler sur cette montagne russe. Notre adolescence n’a pas été une adolescence normale puisqu’on a plongé dans le monde adulte du jour au lendemain. Guerre, bombes, mort d’amis, exil, immigration, solitude, éloignement de la famille, des amis, adaptation à une nouvelle vie…Retour au pays, guerre, bombes, enfants en danger, immigration à nouveau, réadaptation avec famille, cette fois-ci, et enfants… Guerre et reguerre, heures passées à attendre des nouvelles de la famille au Liban, inquiétude… Entre-temps garder les enfants en dehors de tous ces problèmes de notre pays d’enfance en essayant de les laisser s’adapter à leur pays d’accueil. Et...
commentaires (1)

Moi aussi j’ai eu une belle enfance au Liban à Achrafie

Eleni Caridopoulou

19 h 36, le 26 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Moi aussi j’ai eu une belle enfance au Liban à Achrafie

    Eleni Caridopoulou

    19 h 36, le 26 octobre 2024

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