Effectivement, le dernier cas de poliomyélite importé survenu au Liban remonte à plus de 20 ans atteignant un petit garçon dans la plaine du Akkar. Cela a imposé une mobilisation immédiate pour une vaccination élargie visant à limiter tout danger qui peut découler du retour inattendu de cette maladie invalidante et surtout ayant été autrefois mortelle.
Les statistiques qui nous sont parvenues récemment de sources intéressantes, dont le Rotary International qui est une des institutions qui soutiennent avec Microsoft, le CDC (Centre de contrôle des maladies aux États-Unis), rapportent que jusqu’au 1er octobre 2024, 46 cas de polio étaient dus au virus sauvage de la maladie (8 en 2023) et 173 cas (281 en 2023) étaient dus au virus rarement au virus vaccinal oral.
Ces chiffres, quoiqu’ils ne soient pas inquiétants, nous amènent quand même à dire que ce n’est pas terminé et ne font qu’ajourner l’annonce de la fin de la polio qui devait normalement être éradiquée depuis des années, comme c’était prévu.
L’important, outre la rose comme le chante Bécaud, c’est de revenir à un taux de couverture suffisant de vaccination (nombre d’enfants vaccinés par rapport au total d’enfants dans la population) et à maintenir ce taux, le seul garant d’éviter tout retour. Les parents sont appelés à assurer à leurs nourrissons et enfants les visites de routine pour les vaccinations. Ils doivent être aussi informés du calendrier national ainsi que des campagnes de vaccination supplémentaires, menées sous l’égide de l’OMS et le ministère de la Santé suite à un ou des cas nouveaux de polio signalés dans l’entourage.
Il y a quelques jours, les responsables du Programme national des vaccinations au ministère de la Santé ont alerté sur la nécessité du maintien des visites de vaccination et du lancement de campagnes de vaccination devant la situation catastrophique d’hygiène et de la qualité de l’eau. Les centres de soins primaires relevant du ministère appellent à procéder à la vaccination dans les secteurs privé et public, assurant dans tous les dispensaires, les centres médicaux et aux médecins du privé qui le désirent des vaccins gratuits garantis par l’État. Les circonstances de guerre, les déplacements forcés des citoyens fuyant les bombardements ainsi que les mauvaises conditions d’hygiène imposent des mesures nécessaires de vaccination et de bienveillance à la qualité de l’eau empêchant le retour de nombreuses maladies transmissibles par l’eau contaminée dont le choléra, la polio, l’hépatite A, la typhoïde et bien d’autres.
Attention : n’hésitez pas à donner à vos enfants les vaccins dont ils ont besoin. Demandez-les au personnel de santé présent dans les dispensaires ou à votre médecin si vous le préférez.
Pédiatre, Commission nationale de certification de la polio-OMS (NCC)
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

