Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

17 octobre : la question reste la même

Entre l’abomination israélienne et l’obscurantisme nihiliste de ses opposants, nous voilà, plus que jamais, entre le marteau et l’enclume.

Malgré sa faiblesse militaire, il fut un temps où le Liban avait pu résister à la malédiction israélienne, par son ouverture sur le monde, son succès à protéger sa population juive (et même l’augmenter dans les années 50-60), sa capacité à mobiliser la scène internationale en tant que membre fondateur de l’ONU et de la Ligue arabe, sa capacité à construire un pays relativement prospère malgré ses divisions religieuses patentes. Il aurait pu être aux côtés de l’Afrique du Sud à la Cour pénale internationale. En donnant des droits identiques à ses citoyens de toutes religions (mis à part son carcan politique), c’était un pays-message en opposition cinglante à un État qui privilégie les juifs du monde entier aux indigènes non juifs qu’il occupe et asservit.

Tout cela est parti en fumée depuis belle lurette. Nous sommes devenus depuis 1969 un État fantôme, où n’importe quel caïd aguerri peut humilier la république, et où n’importe quels turban ou tiare sont davantage écoutés que la voix de l’autorité censée protéger le pays.

Ce chaos de divisions et de corruption est devenu notre quotidien depuis plus de 50 ans. Aux guéguerres miliciennes, aux agressions israéliennes et aux diktats syriens ont succédé les rixes mafieuses et influences iraniennes. Et notre beau petit pays continue à se consumer de l’intérieur.

Aujourd’hui, nos enfants sont brûlés, nos souks, églises et mosquées anéantis sans qu’on puisse crier gare. Le pouvoir n’est plus là depuis longtemps. On l’a abandonné tour à tour à l’Organisation de libération de la Palestine, puis à Israël, puis à la Syrie, puis à l’Iran et voilà le résultat, des gens divisés dans un champ de ruines fumant, des villages où on voudrait pouvoir accueillir l’autre, mais où on craint le bombardement de l’ennemi, des quartiers où même la charité et la bienveillance sont devenues danger de mort.

À l’anniversaire du 17 octobre, date à laquelle on avait voulu croire à un changement, la question demeure la même : quand nous réveillerons-nous de cette torpeur et rejetterons ces leaders confessionnels qui nous ont conduits à l’échafaud ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Entre l’abomination israélienne et l’obscurantisme nihiliste de ses opposants, nous voilà, plus que jamais, entre le marteau et l’enclume. Malgré sa faiblesse militaire, il fut un temps où le Liban avait pu résister à la malédiction israélienne, par son ouverture sur le monde, son succès à protéger sa population juive (et même l’augmenter dans les années 50-60), sa capacité à mobiliser la scène internationale en tant que membre fondateur de l’ONU et de la Ligue arabe, sa capacité à construire un pays relativement prospère malgré ses divisions religieuses patentes. Il aurait pu être aux côtés de l’Afrique du Sud à la Cour pénale internationale. En donnant des droits identiques à ses citoyens de toutes religions (mis à part son carcan politique), c’était un pays-message en opposition cinglante à...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut