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Nos lecteurs ont la parole

Arrêter le bras meurtrier d’Israël

Le 27 novembre 1967, lors d’une conférence de presse à l’Élysée, le général de Gaulle, dans le contexte de la récente « guerre des Six-Jours » entre Israël et ses voisins arabes, prononce une « petite phrase » qui à l’époque fit couler beaucoup d’encre : « Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles : l’an prochain à Jérusalem. »

Pour combattre l’organisation terroriste du Hamas, Israël a semé la souffrance et la mort sur le territoire de la bande de Gaza, peuplé de 2 millions de Palestiniens. Mais le Hamas n’a pas été éliminé, les otages israéliens n’ont pas été libérés et Gaza est devenue un champ de ruines dans lequel on dénombre plus de 41 000 morts dont 14 000 enfants. La communauté internationale, l’ONU, la Cour pénale internationale, les organisations humanitaires parlent de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.

Aujourd’hui, pour combattre le Hezbollah libanais, Israël applique la même méthode, celle qui consiste à bombarder massivement les territoires où cette organisation est implantée. Le Sud-Liban, la plaine de la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth ressemblent de plus en plus au chantier de démolition de Gaza.

Cette campagne de bombardements intensifs entraîne le chaos dans un pays déjà affaibli par des dizaines d’années de guerre civile et d’ingérences étrangères. Le souvenir de la guerre de 2006 et de l’occupation du Liban-Sud par Israël demeure un traumatisme pour tous les Libanais qui sont toujours les otages, spectateurs et victimes d’une guerre entre Israël et le Hezbollah.

L’armée israélienne a commencé son incursion dans le sud du Liban avec l’intention probable d’occuper ce territoire et d’en chasser le Hezbollah, mais le risque est grand d’y affronter une guérilla, car nul doute que cette organisation s’y est préparée depuis longtemps.

Mais alors, pourquoi Israël a-t-il lancé ces bombardements massifs contre le Liban ?

Quels sont ses objectifs territoriaux ? Certains ont été réalisés ou simplement formulés : décision de faire de Jérusalem la capitale d’Israël, refus d’un État palestinien souverain, confiscation des terres agricoles de la Cisjordanie, poursuite de l’implantation des colons sur ce territoire au détriment des Palestiniens, confinement de ces derniers dans les villes avec répression militaire pour mettre tout le monde au pas, démantèlement et disparition du Hezbollah au Liban. À cela s’ajoute probablement la volonté de faire du Liban un pays sous la tutelle d’Israël.

Le dernier objectif d’Israël, le plus difficile à réaliser, est l’affaiblissement du potentiel économique et militaire de l’Iran en vue de la chute du pouvoir politique iranien considéré comme une menace existentielle pour Israël. Si le régime des mollahs chute, le Hezbollah s’écroule. La destruction ou la neutralisation du potentiel nucléaire de l’Iran sont envisagées et très certainement planifiées.

Une guerre contre l’Iran est probablement une option souhaitée par Israël, mais difficile à mettre en place sans une intervention militaire américaine. Si Israël attaque l’Iran, il sera condamné par la communauté internationale, y compris par les États-Unis. Il faut donc provoquer l’Iran pour que celui-ci attaque le premier.

Alors, comment faire ? On organise l’assassinat du chef de la branche politique du Hamas, Ismaël Haniyé, dans sa résidence de Téhéran, alors qu’il venait d’assister à l’investiture du nouveau président iranien. Mais la réaction de l’Iran fut symbolique, malgré l’affront qui lui fut fait. Même après l’élimination des principaux chefs militaires du Hezbollah pro-

iranien au Liban, l’Iran ne bouge pas et prêche la modération, conscient qu’il est sous l’œil des Américains. Israël se lance alors dans le bombardement massif du Liban qui pousse l’Iran à se porter au secours du Hezbollah en lançant ses missiles sur Israël. Ils seront détruits par le Dôme de fer israélien. Le risque d’un embrasement total du Proche-Orient se rapproche dangereusement. Mais peut-il encore être évité ? Nous pouvons en douter, car Israël veut éliminer ses ennemis en conservant l’ensemble des territoires illégitimement conquis pour le plus grand malheur des Palestiniens. Avec une telle politique, la sécurité d’Israël est un objectif inatteignable. L’injustice est trop grande pour qu’elle ne suscite pas la haine de ses adversaires.

La Cour pénale internationale doit poursuivre son action à l’encontre de certains dirigeants israéliens, qui ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Les États qui veulent agir pourraient prendre des sanctions économiques lourdes. Les États-Unis pourraient et devraient suspendre leurs exportations d’armes vers Israël. Ces actions pourraient faire entendre raison aux dirigeants de l’État d’Israël et mettre un terme à la fuite en avant guerrière de ce pays. Dans ce contexte, les déclarations du président français demandant l’arrêt des livraisons d’armes à Israël sont pleinement justifiées. Sans une Palestine souveraine, la sécurité et la pérennité d’Israël ne seront pas assurées. La paix au Liban en dépend également.

Philippe LEICK

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Le 27 novembre 1967, lors d’une conférence de presse à l’Élysée, le général de Gaulle, dans le contexte de la récente « guerre des Six-Jours » entre Israël et ses voisins arabes, prononce une « petite phrase » qui à l’époque fit couler beaucoup d’encre : « Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles : l’an prochain à Jérusalem. » Pour combattre l’organisation terroriste du Hamas, Israël a semé la souffrance et la...
commentaires (4)

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LEICK Philippe

13 h 26, le 26 octobre 2024

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Commentaires (4)

  • Merci pour votre commentaire, Philippe

    LEICK Philippe

    13 h 26, le 26 octobre 2024

  • Bel article qui contient beaucoup de vérité))

    Raed Habib

    08 h 19, le 18 octobre 2024

  • Ils sont devenus des sangsues

    Eleni Caridopoulou

    11 h 14, le 17 octobre 2024

  • Avec cette guerre Israël renforce le Hamas et le Hezbollah, tant qu’il n’aura pas deux états il aura toujours la guerre ou est elle l’intelligence juive , ils sont devenus

    Eleni Caridopoulou

    11 h 12, le 17 octobre 2024

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