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Mikati dit avoir « des sortes de garanties US » ; Naïm Kassem menace de frapper « partout » en Israël : ce qu'il faut savoir ce mardi

Signe qu'Israël pourrait étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah tout en renforçant ses propres défenses, l'armée israélienne a déminé et établi de nouvelles barrières à la frontière entre le plateau du Golan occupé par Israël et une bande démilitarisée bordant la Syrie, ont indiqué des sources de sécurité et des analystes, selon Reuters. 

Mikati dit avoir « des sortes de garanties US » ; Naïm Kassem menace de frapper « partout » en Israël : ce qu'il faut savoir ce mardi

Des déplacés vivent comme ils peuvent, dans un bâtiment du centre-ville de Beyrouth, le 15 octobre 2024. Photo AFP

Voici ce qu'il faut savoir ce mardi : 

  1. Nagib Mikati souligne avoir reçu « des sortes de garanties américaines sur une réduction de l’escalade israélienne à Beyrouth et dans la banlieue », affirme que « l’armée est prête à se déployer au Sud » et que les « mesures prises à l’AIB servent à ôter à Israël tout prétexte d’attaques ».

  2. Naïm Kassem, numéro 2 du Hezbollah, menace, dans un discours, d'attaquer « partout » en Israël.

  3. « Nous continuerons à frapper sans pitié le Hezbollah dans toutes les parties du Liban, y compris à Beyrouth », a averti lundi Benjamin Netanyahu suite à l'attaque de drone du Hezbollah contre une base militaire près de Haïfa, dimanche soir, qui a causé la mort de quatre soldats.
  4. Affrontements à la frontière libano-israélienne, le Hezbollah dit avoir détruit trois bulldozers et deux chars Merkava israéliens.

  5. Le CICR appelle à protéger le personnel médical au Liban.
  6. Selon le Washington Post, Netanyahu aurait déclaré qu'Israël est prêt à frapper des cibles militaires iraniennes et pas des cibles nucléaires ou pétrolières.

Les annonces de Nagib Mikati

Le Premier ministre sortant Nagib Mikati a déclaré, dans un entretien avec la chaîne qatarie al-Jazeera mardi, « avoir reçu des sortes de garanties américaines concernant une réduction du niveau d’escalade israélienne sur Beyrouth et sa banlieue sud ». « Les Américains sont sérieux dans leurs pressions sur Israël en vue d’un cessez-le-feu », a-t-il assuré. « Les mesures sécuritaires strictes appliquées à l’aéroport visent à ôter à Israël tous les prétextes qu’il pourrait invoquer pour attaquer l’aéroport de Beyrouth, les ports et les passages frontaliers terrestres » (avec la Syrie), a-t-il ajouté. Plus de détails ici

Les menaces de Naïm Kassem...

« Comme l'ennemi israélien bombarde tout le Liban, nous avons le droit, en position de défense, d'attaquer partout dans l'entité ennemie israélienne, dans le centre, dans le nord et dans le sud », a lancé, dans un discours, le numéro deux du Hezbollah, Naïm Kassem. Il a également que « la solution » pour mettre fin à la guerre au Liban était « un cessez-le-feu », assurant que son mouvement ne serait « pas défait ». « Sur le terrain, nous sommes sur la ligne de front, dans les villages frontaliers. Yaroun, Kfar Kila... Le but de la résistance n'est pas d'être présent sur toute la frontière en permanence. C'est de contrer l'armée ennemie lorsqu'elle pénètre sur le territoire », a-t-il encore dit, assurant que le Hezbollah a « récupéré ses forces sur le terrain et remplacé ses cadres ». -Le Hezbollah avait publié lundi une vidéo présentant certaines des armes et des capacités militaires du parti, affirmant que celles-ci sont « très bonnes ».

...et celles de Netanyahu

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi qu'Israël continuerait « à frapper sans pitié le Hezbollah dans toutes les parties du Liban, y compris à Beyrouth », lors d'une visite à la base militaire touchée dimanche soir, au sud de Haïfa, par un drone tiré par le mouvement libanais, qui a tué quatre soldats israéliens. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a, pour sa part, déclaré lundi avoir informé les Etats-Unis qu'Israël apporterait une « réponse forte » au Hezbollah après l'attaque de Binyamina.

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Sur le terrain

- Les combattants du Hezbollah et les troupes israéliennes étaient engagés mardi dans des affrontements au Liban-Sud, notamment dans les cazas de Marjeyoun et de Bint Jbeil, après qu'Israël a lancé une offensive terrestre le 30 septembre. Le parti chiite a annoncé dans l'après-midi avoir touché « trois bulldozers et un char Merkava » de l'armée israélienne dans le village frontalier de Ramiyé, dans le caza de Bint Jbeil, affirmant que les véhicules ont pris feu et que les soldats à l'intérieur ont été tués ou blessés. Quelques heures plus tard, le parti chiite a affirmé avoir frappé un autre char Merkava « qui tentait de progresser près de Ramiya », localité israélienne en face de Ramiyé. Plus de détails ici

- Signe qu'Israël pourrait étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah tout en renforçant ses propres défenses, l'armée israélienne a déminé et établi de nouvelles barrières à la frontière entre le plateau du Golan occupé par Israël et une bande démilitarisée bordant la Syrie, ont indiqué des sources de sécurité et des analystes, selon Reuters. Ce mouvement suggère qu'Israël pourrait chercher à frapper le Hezbollah pour la première fois à partir d'une zone plus à l'est le long de la frontière libanaise, tout en créant une zone sécurisée à partir de laquelle il pourrait librement reconnaître le groupe armé et empêcher les infiltrations, ont déclaré les sources.

- Le Pentagone a déclaré que les composants du système de missiles THAAD (spécialisé dans la lutte antiaérienne contre les missiles balistiques de courte (et moyenne portée) ont commencé à arriver en Israël le 14 octobre, rapporte Reuters.

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Frappe israélienne dans la région de Zghorta

Pour rappel, l'armée israélienne a frappé lundi, pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah, la région de Zghorta dans le nord, faisant au moins 23 morts dans le bâtiment. Des avions de chasse israéliens ont visé, aux alentours de 14 heures, une maison située sur l’autoroute reliant Zghorta à Ehden, près de la localité de Aïto. Selon notre correspondant dans la région, Michel Hallak, 28 personnes déplacées du Liban-Sud habitent dans l'immeuble visé. Le bâtiment, appartenant à une personne de la famille Alwane, est un immeuble de deux étages qui a été complètement détruit. Parmi les 22 morts figurent douze femmes, neuf hommes et deux enfants, selon notre correspondant dans le Nord. Une 24e victime a été retrouvé mardi matin à l'intérieur de sa voiture, à proximité du bâtiment, écrasé par la force de l'explosion de la roquette et recouvert d'un amas de gravats, selon notre correspondant Michel Hallak.

Le CICR appelle à protéger le personnel médical au Liban

« Je lance un appel urgent pour la protection des travailleurs de la santé, des ambulances, des hôpitaux et des centres de santé primaires », a déclaré Nicolas von Arx, directeur régional du CICR pour le Proche et Moyen-Orient, après des informations faisant état de frappes israéliennes ayant touché du personnel médical lors des combats entre Israël et le Hezbollah. « Les attaques contre les établissements de santé sont extrêmement préoccupantes », a-t-il ajouté. Ces frappes signifient « un hôpital qui ne fonctionne plus. Cela signifie des dizaines de milliers de personnes qui ne peuvent plus recevoir de soins médicaux, qui ne peuvent pas accoucher en toute sécurité, qui ne peuvent pas soigner leurs blessures », a-t-il expliqué.

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Sur les 207 centres de soins primaires dans les zones de conflit au Liban, 100 ont fermé en raison de l'escalade de la violence, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cinq hôpitaux ont cessé de fonctionner « en raison de dommages structurels causés par les attaques ».

Le ministre de la Santé, Firas Abiad, a, pour sa part, déploré, lundi, dans une intervention télévisée, que « 150 professionnels de santé », dont des médecins, des secouristes et des pompiers, aient été tués par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre le 8 octobre 2023, dont une grande majorité depuis le 23 septembre dernier.

Sur le dossier de la Finul

Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et du Royaume-Uni ont de nouveau condamné lundi les « menaces » pesant sur la Finul, appelant à ce que les attaques la visant « cessent immédiatement ». Rappelant que toute « attaque délibérée » contre les casques bleus est contraire au droit international, ils appellent « Israël et toutes les parties à respecter leur obligation d'assurer en permanence la sûreté et la sécurité du personnel de la FINUL et de permettre à celle-ci de poursuivre l'exécution de son mandat ». Ces propos ont été tenus alors qu'au moins cinq Casques bleus ont été blessés ces derniers jours pr des frappes israéliennes en marge des combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah au Liban-Sud. Ces attaques ont été fermement condamnées par l'ONU, qui a évoqué de possibles « crimes de guerre ».

Benjamin Netanyahu a rejeté lundi les accusations selon lesquelles les troupes israéliennes auraient délibérément pris pour cible les soldats de la Finul, les qualifiant de « complètement fausses ». Il a également réitéré son appel au retrait des Casques bleus des zones de combat. Un appel rejeté par le chef de l'Onu et par plusieurs responsables de pays contributeurs à la Finul. « Il a été décidé que la Finul conserverait toutes ses positions en dépit des appels lancés par l'armée israélienne pour qu'elle libère les positions qui sont à proximité de la Ligne bleue » a déclaré, lundi, le chef des Casques bleus, Jean-Pierre Lacroix.

Bilan

Le ministère libanais de la Santé a publié un nouveau bilan faisant état de 2 309 morts et 10 782 blessés au Liban depuis le début de la guerre le 8 octobre 2023. Au moins 1.315 personnes ont été tuées à travers le Liban depuis le 23 septembre, selon un décompte de l'AFP établi à partir de chiffres officiels. L'ONU a recensé près de 700.000 déplacés depuis cette date. 

Sur le dossier iranien

- Benjamin Netanyahu a déclaré aux États-Unis qu'Israël était prêt à frapper des cibles militaires iraniennes et pas des cibles nucléaires ou pétrolières, a rapporté lundi le Washington Post, citant deux hauts responsables bien informés. Cette information a entrainé un repli des cours du pétrole mardi. Israël prendra en considération l'opinion des États-Unis mais déterminera sa riposte à l'attaque iranienne en fonction de son « intérêt national », a déclaré, un peu plus tard, le Premier ministre israélien selon un communiqué de son bureau mardi.

- Par ailleurs, le commandant iranien Esmaïl Qa'ani est réapparu en public mardi lors des funérailles à Téhéran du général Abbas Nilforoushan, tué le mois dernier au côté de Hassan Nasrallah, selon des images en direct de la télévision d'État. Le général Qa'ani, qui dirige la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, avait disparu de la scène publique et certains médias avaient affirmé qu'il avait été la cible d'une frappe israélienne au Liban.

Voici ce qu'il faut savoir ce mardi : Nagib Mikati souligne avoir reçu « des sortes de garanties américaines sur une réduction de l’escalade israélienne à Beyrouth et dans la banlieue », affirme que « l’armée est prête à se déployer au Sud » et que les « mesures prises à l’AIB servent à ôter à Israël tout prétexte d’attaques ».Naïm Kassem, numéro 2 du Hezbollah, menace, dans un discours, d'attaquer « partout » en Israël.« Nous continuerons à frapper sans pitié le Hezbollah dans toutes les parties du Liban, y compris à Beyrouth », a averti lundi Benjamin Netanyahu suite à l'attaque de drone du Hezbollah contre une base militaire près de Haïfa, dimanche soir, qui a causé la mort de quatre soldats.Affrontements à la frontière libano-israélienne, le Hezbollah dit avoir détruit trois...