Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, entouré de plusieurs figures de l’opposition lors de la rencontre tenue à Meerab, le 12 octobre 2024. Photo tirée du site web des FL
Samir Geagea vient de fermer la parenthèse de discrétion qu’il avait ouverte depuis l’escalade israélienne au Liban, il y a presque un mois. Samedi, le chef des Forces libanaises, qui se veut le fer de lance de l’opposition, a inauguré une nouvelle phase de sa bataille politique contre le Hezbollah. Le leader chrétien ne s’est pas contenté de sortir du (quasi-) silence volontaire dans lequel il se murait. Il a haussé, une fois de plus, le ton face au parti chiite, réitérant l’appel à une mise en application des résolutions 1701 (2006) qui prévoit notamment le retrait du Hezbollah des zones au sud du Litani, et – surtout– de la 1559 (2004). Ce texte stipule notamment « le désarmement des milices libanaises et non libanaises ».
Samir Geagea joue donc la carte qui irrite le plus le tandem chiite qui ne veut pas entendre parler de la 1559. Et il le fait dans la foulée des claques que la milice a subies ces dernières semaines dans le cadre de sa guerre en cours avec Israël, même si le Hezb a tenté de redresser la tête en ciblant dimanche soir une base militaire israélienne au sud de Haïfa, faisant plusieurs dizaines de blessés. Il n’en demeure pas moins que l’attitude du chef des FL donne le sentiment qu’il tente de profiter de l’affaiblissement du parti de Dieu pour imposer de nouvelles équations en vue de la phase postconflit. En face, son plus grand adversaire chrétien, le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lui, préfère adopter un discours qui ne serait pas provocant pour la base populaire du parti… sans oublier de lancer ses piques en direction du leader de Meerab.
« Ce n’est pas le bon moment de parler de politique », avait déclaré Samir Geagea quelques heures après l’attaque aux bipeurs menée, le 17 septembre dernier, par Israël contre des combattants du Hezbollah, dont des centaines ont péri et des milliers ont été blessés. « Mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à la guerre qui bat son plein ». C’est par ces termes que le porte-parole des FL, Charles Jabbour, explique à L’Orient-Le Jour la décision du leader de sa formation de parrainer une conférence placée sous le signe de la « défense du Liban », samedi à Meerab, en présence de représentants de l’opposition et de figures connues pour leur hostilité au Hezbollah. « Après avoir pris en compte les circonstances humaines et humanitaires (du Hezbollah et de ses combattants) lors de la phase précédente, il est temps de mettre un terme aux tragédies que vivent les Libanais », a lancé M. Geagea au début de la rencontre. Il a ainsi donné une première indication de la volonté de hausser une nouvelle fois la barre face au parti chiite. Est-il donc possible de voir le Hezbollah discuter de son arsenal avant que les canons ne se taisent ? Non, dira-t-on dans les milieux politiques. D’ailleurs, les milieux de l’opposition, en particulier des FL, en semblent conscients.
C’est probablement pour cette raison que les participants à la réunion de Meerab ne se sont pas aventurés à fixer une date pour que ce chantier soit mis sur les rails. « La 1559 devrait être appliquée dans les plus brefs délais. Le calendrier et les modalités sont un détail. Mais ce qui nous importe, c’est que la question des armes du Hezbollah ne soit plus un tabou », commente Charles Jabbour.
« C’est justement la guerre en cours qui a donné un nouvel élan à notre demande (au sujet de la 1559) parce qu’il est grand temps d’empêcher un parti exécutant un agenda iranien d’entraîner le pays vers des guerres qui ne le concernent pas », dit un parlementaire sous couvert d’anonymat. Une position que les pro-Hezbollah rejettent avec véhémence. Mais pour Michel Moawad, député de l’opposition, qui s’exprimait dimanche sur la MTV, « plaider pour l’application de la 1559 ne devrait pas être interprété comme un projet de guerre civile ». Même son de cloche du côté de Saïfi, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, plaidant pour l’application de la 1559 et pour l’ouverture d’un débat portant sur les armes du Hezbollah après la fin du conflit.
« Ce n’est pas notre problème »
Dans le fond donc, les grandes lignes du communiqué de Meerab font l’objet d’une unanimité au sein de l’opposition. Sauf que dans une réédition du scénario d’avril dernier, les failles ayant entaché la démarche de Samir Geagea ont eu raison du message politique fort qu’il a voulu adresser, avec ses alliés, à un Hezbollah affaibli par la machine de guerre israélienne.
Reprochant à Samir Geagea ce qu’ils estiment être une tentative de se positionner en leader absolu de l’opposition, les grosses pointures de ce camp ne se sont donc pas rendues samedi à Meerab, se contentant d’y déléguer des députés ou des vice-présidents de parti. « Nous n’allions pas participer personnellement à un événement qui ressemble à une conférence de presse de M. Geagea », confie un de ces chefs de file. Mais pour préserver « l’unité de l’opposition » face au Hezbollah, personne n’a boycotté l’événement. « L’important pour nous, c’est le message politique. Nous nous soucions peu de la forme », commente Charles Jabbour, comme pour réduire la portée de la querelle. Mais ce que le porte-parole du parti ne dit pas, Sethrida Geagea, députée FL, l’a clamé en marge de la conférence de samedi. « Certains devraient comprendre qu’aux législatives de 2022, les FL ont récolté 220 000 voix. C’est donc le parti le plus fort. Et s’ils ne sont pas d’accord avec cette réalité, ce n’est pas notre problème », a-t-elle martelé dans une déclaration à la MTV.
Bassil répond du tac au tac
Quoi qu’il en soit, la rencontre de Meerab a valu au chef des FL des critiques de Gebran Bassil qui a toutefois évité de s’en prendre à M. Geagea nommément. « Certains veulent retarder la présidentielle, en espérant qu’Israël accaparera la décision libanaise pour imposer un chef de l’État aux Libanais », a déclaré M. Bassil lors d’un discours pour la commémoration du 13 octobre 1990, quand l’armée syrienne a pris d’assaut le plais de Baabda ? poussant Michel Aoun, alors chef du gouvernement militaire de transition, à prendre le chemin de l’exil.
« À tous ceux qui parient sur une nouvelle occupation (israélienne), nous leur rappelons que le cours de l’histoire ne fait pas marche arrière. Et si tel serait le cas, mieux vaut se rappeler l’ampleur de la perte », a encore dit le chef du CPL, dans une allusion à l’élection de Bachir Gemayel à la tête de l’État dans la foulée de l’invasion israélienne de 1982. Il a été assassiné à Achrafieh trois semaines après son accession à la magistrature suprême.
M. Bassil a toutefois réitéré sa position hostile à l’engagement du parti chiite dans le conflit militaire. Mais il s’est adressé à la base populaire chiite en la caressant dans le sens du poil. « Nous comprenons et accueillons les déplacés quelle que soit leur affiliation partisane », a-t-il lancé.
Toujours est-il que MM. Geagea et Bassil convergent sur la nécessité d’élire un président dans les plus brefs délais. Si Samir Geagea s’est prononcé pour un candidat « qui s’engagerait à appliquer la 1701 et la 1559 , sans que cela ne signifie la victoire d’un camp politique », le chef du CPL a annoncé lundi depuis Aïn el-Tiné que les contacts sont en cours en vue d’élire une figure qui ne défierait personne.





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On vient de bombarder un village chrétien au nord il y a eu des morts, c’est la tv française qui a annoncé, ça suffit le Hezbollah Israël est entrain de détruire le Liban a cause de vous
21 h 46, le 15 octobre 2024