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Nos lecteurs ont la parole

Seul un Liban fort sauvera les Libanais

Depuis des décennies – et certains diront même depuis sa naissance – le Liban vit au rythme de crises existentielles. Qu’elles soient financières, économiques, politiques ou sécuritaires, ces crises ont graduellement érodé un État qui se voulait fonctionnel jusqu’à la limite d’un État failli. Pourquoi le sort s’acharne-t-il sur ce pays qui se voulait pourtant un modèle de coexistence et de démocratie dans un Orient autoritaire ? Bien que la réponse soit complexe, un élément semble récurrent : la facilité qu’ont les puissances étrangères à s’ingérer dans les affaires libanaises internes, qu’elles soient politiques, militaires ou économiques.

Tout État dit fonctionnel possède le monopole militaire et fiscal au sein de son territoire. Or, le Liban ne possède aucun de ces deux éléments, et ce depuis la guerre civile, qui a fracturé le pays le long des lignes confessionnelles. L’armée nationale, bien que toujours existante, n’est plus qu’une parmi plusieurs factions armées du pays qui gèrent des régions entières, protègent les frontières, et de façon générale inspirent la confiance des citoyens. De plus, fiscalement, le Liban est un conglomérat d’industries privées qui se divisent les profits entre elles et les gens au pouvoir, ne laissant virtuellement rien dans les caisses de l’État.

Avec ce portrait en toile de fond, on se retrouve dans le contexte actuel, où deux acteurs s’affrontent ouvertement. D’un côté, Israël, au Sud, qui n’en finit plus d’envahir et de réenvahir le Sud-Liban sous prétexte d’y déloger des milices qui lui sont hostiles, dont l’Organisation pour la libération de la Palestine en 1978 et le Hezbollah depuis 1982. De l’autre, le Hezbollah, qui dit défendre les intérêts territoriaux du peuple libanais sans cacher toutefois son allégeance à l’Iran qui le finance, qui l’arme et qui nourrit sa propagande. Il serait simpliste, toutefois, de réduire le Hezbollah à l’état de milice, car cette organisation est également devenue politique, avec des représentants au sein du Parlement et des municipalités.

Au milieu de ce conflit se trouve une population prise en souricière entre deux acteurs de plus en plus violents avec une armée impuissante et un gouvernement dysfonctionnel, sans président depuis bientôt deux ans. La guerre des autres, les Libanais la font depuis 1975. Pourquoi ? Tout simplement car ils ne peuvent l’empêcher. On aura beau voir des Libanais défendre tels ou tels acteurs, car ils font leurs intérêts confessionnels ou stratégiques, aucune institution étatique ne parvient à rallier l’ensemble de la population libanaise et à défendre ses intérêts de manière efficace.

Tout n’est pas à refaire pour autant, car le Liban a une Constitution et des institutions démocratiques qui ont déjà fonctionné par le passé, mais sans gouvernement fonctionnel depuis des décennies, elles n’existent que de nom. La confiance envers celles-ci s’est effondrée, ce qui donne libre cours à des joueurs privés, locaux ou internationaux, de s’y substituer. Et jusqu’à ce que le gouvernement parvienne à relancer la machine exécutive et démocratique du Liban mais surtout rétablir la confiance envers ses capacités à le faire, la situation sécuritaire du pays continuera de dépendre des ambitions des autres.

Frédéric SFEIR

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Depuis des décennies – et certains diront même depuis sa naissance – le Liban vit au rythme de crises existentielles. Qu’elles soient financières, économiques, politiques ou sécuritaires, ces crises ont graduellement érodé un État qui se voulait fonctionnel jusqu’à la limite d’un État failli. Pourquoi le sort s’acharne-t-il sur ce pays qui se voulait pourtant un modèle de coexistence et de démocratie dans un Orient autoritaire ? Bien que la réponse soit complexe, un élément semble récurrent : la facilité qu’ont les puissances étrangères à s’ingérer dans les affaires libanaises internes, qu’elles soient politiques, militaires ou économiques.Tout État dit fonctionnel possède le monopole militaire et fiscal au sein de son territoire. Or, le Liban ne possède aucun de ces deux éléments, et ce...
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Le Hezbollah est un état dans l’état

Eleni Caridopoulou

22 h 28, le 08 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Le Hezbollah est un état dans l’état

    Eleni Caridopoulou

    22 h 28, le 08 octobre 2024

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