« Ça va merci. » La réponse automatique de tout Libanais lorsqu’on lui demande comment il va. Mais alors pourquoi lorsque l’on réitère la question, ce même Libanais baisse sa garde et est tout à coup submergé d’émotions, de larmes, de tristesse, de désespoir et d’histoires qui résonnent en lui aussi fort que les bombes qui s’abattent sur lui ?
Pourtant, il n’est pas difficile de dire « non ça ne va pas » et il n’est pas non plus honteux de l’admettre. Alors pourquoi trouve-il le fait de refouler ses émotions plus facile que d’avouer que ça ne va pas ? Est-il en train de mentir à lui-même ou à la personne qui lui pose la question ?
Peut-être bien aux deux après tout.
En se mentant à lui-même, il dupe ses pensées, souvenirs et sentiments, et pour un court, mais très court instant, il oublie sa réalité et est dans le déni.
Puis, en mentant à la personne qui lui a posé cette question si pesante, il l’épargne d’une peine et d’un chagrin inévitables.
Voilà pourquoi vous trouverez toujours un Libanais aller très bien malgré le fait que son monde ne l’est pas.
Gaelle Bou Eid
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