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Campus - Témoignages

Retour sur l’été : ces étudiants qui ont maintenu un esprit festif malgré les circonstances

Pour de nombreux jeunes Libanais, l’incertitude sécuritaire qui a marqué la saison estivale n’a pas suffi à éteindre leur désir de faire la fête pendant les vacances universitaires.

Retour sur l’été : ces étudiants qui ont maintenu un esprit festif malgré les circonstances

Nadim Bou Maachar. Photo Emilio Bou Maachar

Ces derniers mois, depuis le déclenchement de la guerre contre Gaza et le début des frappes israéliennes au Sud et dans la banlieue de Beyrouth, ont été marqués par une grande incertitude. Toutefois, malgré les menaces de guerre régionale, les messages de catastrophe imminente relayés par les médias, les avertissements des ambassades appelant leurs ressortissants à quitter le pays et les bruits d’explosion des avions de chasse franchissant le mur du son, les jeunes Libanais semblent avoir passé un été ordinaire.Mia el-Khazen, 19 ans, est étudiante en mode à l’Académie libanaise des beaux-arts (Alba). Elle confie qu’au cours de l’été, elle est sortie plusieurs fois en soirée. « J’aime bien veiller de temps en temps.

Ivana Rbeiz.

On sort pour profiter des soirées parce que, si une guerre éclate, nous ne pourrons plus sortir et voir nos amis. Autant profiter de chaque moment. » Bien qu’elle confie avoir été « informée de l’instabilité sécuritaire et de ses dangers », et qu’elle ne voulût pas l’ignorer, elle insiste : « J’étais en déni. » Yara el-Hajj, 18 ans, étudiante en nutrition et psychologie à l’AUB, semble avoir partagé le même sentiment. En évoquant la situation du pays pendant l’été, elle admet : « Je n’y ai pas fait face. Je suis sortie et j’ai fait la fête. » En effet, chargée d’organiser des soirées entre Beyrouth et Faraya, son été a principalement été rythmé par la musique et la danse. « Avant de m’être plongée dans le domaine du divertissement nocturne, veiller n’était pas quelque chose qui m’intéressait vraiment. Maintenant, j’adore. » Mais qu’en est-il des autres jeunes ? « Nos soirées étaient bondées. Les gens s’étaient habitués à la situation », raconte-t-elle. Pour certains jeunes, il ne s’agissait pas simplement d’une question d’habitude. Pour Marc Nachar, 20 ans, étudiant en informatique à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), par exemple, le climat d’insécurité et d’incertitude qui a régné en été n’a pas influencé ses sorties en général. « J’ai suivi les nouvelles et écouté les experts en géopolitique. Cela m’a rassuré. »

Marc Nachar. Photo Neamtallah Mouannès

Ils ne suivent pas tous les nouvelles

Néanmoins, l’intérêt pour la situation et le besoin d’informations varient considérablement parmi les jeunes. Adam Abou Samra, 21 ans, étudiant en gestion à l’Université américaine de Beyrouth (AUB), confie : « Dans mon entourage, les personnes sont mal informées ou peu intéressées par ce qui se passe. Moi, je considère être bien informé sur la situation. Mais je me dis que, quoi qu’il arrive, je n’y peux rien. Je ne peux rien changer. »

Adam Abou Samra. Photo Alona Abou Samra

Et de souligner : « Je suis sorti régulièrement, mais maintenant je vais moins souvent à Beyrouth. » Il précise toutefois qu’il est sorti surtout lors d’événements particuliers, à l’instar de la fête de la Vierge, une célébration estivale emblématique très attendue par de nombreux jeunes dans tout le pays. Aller en soirée s’avère réconfortant pour les étudiants et leur sert d’échappatoire pour ne pas penser à la situation. Ivana Rbeiz, 19 ans, étudiante en mode à l’Alba, a fréquenté régulièrement les boîtes de nuit en été, et ce pour une raison précise : « Je m’y sens libérée. » Elle explique que sortir lui a apporté également un sentiment de sécurité. « Un bruit d’explosion a retenti un soir où je veillais. Je ne l’ai pas entendu à cause de la musique... » Et d’ajouter : « En soirée, je suis dans ma bulle et je suis entourée de personnes qui semblent insouciantes. Ça me rassure énormément. » Festivals, expositions, soirées, promenades en montagne et en ville, feux d’artifice… ont ponctué l’été des jeunes Libanais. Malgré l’incertitude sécuritaire, une constante est demeurée pour eux : le désir de vivre pleinement. Ce désir a surpassé la peur d’un éventuel tournant catastrophique, auquel ils ont préféré ne pas penser et qu’ils ont choisi de ne pas envisager.

Mia el-Khazen.

Un exutoire face aux défis

Par ailleurs, sortir leur a servi aussi d’exutoire face à des défis plus personnels et leur a permis d’alléger le poids de leurs responsabilités en tant qu’étudiants. « Avant, faire la fête, c’était surtout se défouler, se libérer du stress de l’université et de tout ce qui l’accompagne », révèle Nadim Bou Maachar, 21 ans, récemment diplômé en agro-business de l’AUB. Bien que son parcours universitaire ait pris fin au début de l’été, Nadim admet qu’il a pris encore plaisir à sortir, et que faire la fête a amélioré son bien-être : « Chanter, danser sur de la bonne musique me rendent heureux. Cela me fait oublier mes soucis et les allège. »

Yara el-Hajj.

Cependant, l’optimisme des jeunes interviewés a été freiné par une autre réalité : la crise économique et financière dans laquelle le pays est plongé depuis 2019. « Mes amis et moi, nous passons souvent du temps ensemble chez l’un ou l’autre. Nous jouons aux cartes, aux jeux de société, ou nous regardons des films. Parfois, nous allons au restaurant, nous aimons faire des road trips et nous détendre quelque part. L’insécurité joue un rôle, mais l’argent aussi. Je ne peux plus dépenser comme avant, » conclut Mia el-Khazen.

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Ces derniers mois, depuis le déclenchement de la guerre contre Gaza et le début des frappes israéliennes au Sud et dans la banlieue de Beyrouth, ont été marqués par une grande incertitude. Toutefois, malgré les menaces de guerre régionale, les messages de catastrophe imminente relayés par les médias, les avertissements des ambassades appelant leurs ressortissants à quitter le pays et les bruits d’explosion des avions de chasse franchissant le mur du son, les jeunes Libanais semblent avoir passé un été ordinaire.Mia el-Khazen, 19 ans, est étudiante en mode à l’Académie libanaise des beaux-arts (Alba). Elle confie qu’au cours de l’été, elle est sortie plusieurs fois en soirée. « J’aime bien veiller de temps en temps. Ivana Rbeiz.On sort pour profiter des soirées parce que, si une guerre éclate, nous ne...
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