Benjamin Netanyahu pendant sa conférence de presse donnée à Jerusalem le 4 septembre 2024. Abir Sultan/AFP
Au lendemain du lancement de son opération baptisée « Flèches du Nord », le gouvernement israélien ne baisse pas l'intensité de ses menaces contre le Hezbollah, mais aussi du Liban. Au cours de la dernière réunion à huis-clos du cabinet de guerre israélien qui s'est tenue lundi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proféré une menace directe contre le chef du parti chiite Hassan Nasrallah, comme le rapporte le média israélien Ynet.
« Tout le monde est dans la ligne de mire », aurait-il dit à l'attention du secrétaire général du Hezbollah, mais aussi de Ali Karaki, haut commandant du parti chargé du front sud et visé lundi soir par une frappe israélienne dans le quartier de Bir el-Abed, dans la banlieue sud de Beyrouth. Si ce dernier serait « en parfaite santé et en lieu sûr », d'après la communication de la formation pro-iranienne, Benjamin Netanyahu a demandé lors de ces discussions de « ne pas lâcher le pied » contre les cadres du Hezbollah et de poursuivre les « contre-mesures ciblées ».
« Si vous continuez, nous continuerons »
Par ailleurs, un responsable sécuritaire israélien aurait ajouté que les bombardements massifs menés lundi au Liban-Sud et dans la Békaa sont « seulement un prélude » et qu'il restait encore à l'armée israélienne des « dizaines de milliers de cibles potentielles, dont l'État libanais ». « Ce n'est que le prélude, nous avons encore des dizaines de milliers de cibles, ainsi que des leviers de pression supplémentaires sur le Hezbollah : l'État libanais, Beyrouth, les quartiers généraux du Hezbollah, et des éliminations ciblées », aurait déclaré le responsable en question, sans préciser si cela pourrait s'inscrire dans le cadre d'une incursion terrestre de l'armée israélienne au Liban-Sud.
Ajouté au début du mois à la liste des objectifs de guerre israélien, le retour des habitants du nord d'Israël, où le nombre de déplacés est estimé à 80 000 personnes, est le principal argument brandi par le gouvernement pour justifier la nouvelle ampleur de leurs opérations au Liban. « Nous continuerons de toutes nos forces jusqu'au retour des habitants (du nord d'Israël) chez eux. [...] Tant que vous continuerez, nous continuerons », aurait abondé le responsable précité.
« Il y aura sans doute des tirs sur Tel-Aviv »
« Nous sommes tous parties prenantes de ces événements, aurait aussi affirmé un autre responsable politique ayant pris part à la réunion. Des décisions d'une grande importance ont été prises, et nous resterons impliqués jusqu'à ce que les gens rentrent chez eux sains et saufs », aurait-il dit en ajoutant que le cabinet israélien s'attend à ce que le Hezbollah prenne pour cible Tel-Aviv : « Le cabinet est désormais conçu pour prendre des décisions au jour le jour, et ce pour longtemps. Nous nous attendons à ce que le Hezbollah envoie des frappes sur Tel-Aviv [...] Ceux qui ne comprennent pas avec force comprendront avec plus de force. Nous mettrons tout en œuvre pour parvenir à nos objectifs », aurait-il ajouté.
Lundi, l'armée israélienne a affirmé avoir touché « 1 300 cibles du Hezbollah » avec plus de « 1 400 munitions », d'après les propos du porte-parole de l'armée israélienne, Daniel Hagari. « Notre aviation a décollé et effectué environ 650 raids au cours de la dernière journée pour éliminer une menace. Au cours de ces raids, des bâtiments, des véhicules et des infrastructures ont été attaqués. Des roquettes, des missiles, des lanceurs et des drones ont été trouvés. Ceux-ci étaient destinés à être utilisés contre l’État d’Israël et ont été détruits. »
Selon ses dernières estimations, le ministère libanais de la Santé a fait état de près de 500 morts et de plus de 1 600 blessés, dans le Sud et la Békaa. De quoi faire grimper le bilan humain au Liban depuis le 8 octobre à 1 259 morts, dont au moins 228 civils selon un décompte de L'Orient-Le Jour. Comme l'a déclaré un responsable politique libanais à l'agence Reuters, il s'agit « du jour le plus meurtrier au Liban depuis la fin de la guerre civile dans le pays », qui avait pris fin en 1990.



Je pensais que les chiites, soit disant libanais, ont abandonné le Liban pour se mettre sous la protection et le drapeau Iranien.
00 h 04, le 25 septembre 2024