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Politique - Focus

Nouvel épisode du bras de fer entre Maurice Slim et Joseph Aoun

Les tractations reprennent en coulisses pour officialiser la nomination du chef d’état-major, ce que le ministre de la Défense refuse toujours.

Nouvel épisode du bras de fer entre Maurice Slim et Joseph Aoun

Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, s’entretenant avec le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, au Sérail, le 22 juillet 2024. Photo fournie par le bureau de presse de M. Mikati

Cinq mois plus tard, l’affaire fait toujours couler beaucoup d’encre. La nomination de Hassane Audi, officier druze, au poste de chef d’état-major, en février dernier, n’aura pas été suffisante pour clore ce dossier une bonne fois pour toutes. Il reste encore à officialiser cette démarche, faite sans l’aval du ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, par décret pris en Conseil des ministres.

Théoriquement, il suffit que le ministre concerné apporte son contreseing au décret pour que le cabinet l’approuve et le publie dans le Journal officiel. Plus facile à dire qu’à faire, à l’heure où M. Slim, qui gravite dans l’orbite du Courant patriotique libre, est engagé dans un bras de fer avec le commandant de l’armée, Joseph Aoun, et s’oppose à toute nomination en période de vacance présidentielle. De quoi contrarier le leader druze Walid Joumblatt – qui avait soutenu la candidature de M. Audi – et compliquer la tâche au Premier ministre sortant, Nagib Mikati, soucieux d’éviter les casse-tête politiques et confessionnels alors qu’il gouverne le pays à la tête d’un cabinet censé uniquement expédier les affaires courantes.

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Réuni le 18 juillet au Sérail, le Conseil des ministres est parvenu à régler le différend qui opposait MM. Slim et Aoun autour du concours d’entrée à l’École militaire. Le commandement de l’armée a annoncé jeudi le recrutement de nouveaux officiers pour le compte des divers appareils de sécurité. Mais contrairement aux attentes de Moukhtara, ce compromis ne s’est pas étendu à l’officialisation de la nomination de Hassane Audi au poste de chef d’état-major. « C’est pour cette raison que Walid Joumblatt avait demandé au ministre de l’Éducation, Abbas Halabi, de s’opposer à l’entente portant sur l’École militaire », par souci de réciprocité, confie à L’Orient-Le Jour une source ministérielle sous couvert d’anonymat. Elle indique aussi que les efforts déployés actuellement visent à convaincre Maurice Slim de renvoyer l’ascenseur au gouvernement, d’autant que « le Conseil des ministres a satisfait sa demande de tenir un nouveau concours (autre que celui organisé en 2023) pour recruter des élèves officiers ».

Selon les informations de L’OLJ, c’est surtout Waël Bou Faour, député joumblattiste, qui mène ces contacts en quête d’un dénouement heureux. Il s’est récemment entretenu avec Nagib Mikati, qui « s’est engagé à trouver une solution », pour reprendre les termes d’une personnalité proche de Moukhtara. Selon elle, l’affaire était aussi au menu de l’entretien tenu dimanche entre l’ex-chef du PSP et le président de la Chambre, Nabih Berry, et celui de lundi entre MM. Slim et Mikati. Toujours dans le cadre de ces efforts, M. Bou Faour s’est entretenu avec Joseph Aoun il y a quelques jours. « Nous insistons pour que le décret soit signé et adopté comme cela se doit. Sauf que cela requiert une demande du ministre de la Défense sur proposition du commandant de l’armée », dit M. Bou Faour à L’OLJ, faisant valoir que « Joseph Aoun n’a aucun problème avec une telle démarche, mais tout le monde attend Maurice Slim ».

Un package-deal ?

Sauf que la position de ce dernier ne bouge pas d’un iota, comme le confie une source gouvernementale haut placée à notre journal. Hors de question pour lui d’avaliser une nomination faite par le gouvernement, qui s’était basé sur une étude du secrétaire général du Conseil, Mahmoud Makkiyé. Ce dernier arguait que la guerre au Liban-Sud imposait la nomination d’un chef d’état-major. Le refus du ministre ne peut être dissocié de la bataille sans merci opposant le courant aouniste au présidentiable Joseph Aoun. Mais dans les cercles proches de M. Slim, on rejette cette lecture. « Le veto de Maurice Slim ne devrait être interprété que par son souci de respecter la Constitution qui interdit à un cabinet sortant de procéder à des nominations », affirme une proche du ministre.

Pour mémoire

Le gouvernement nomme un chef d’état-major : Joseph Aoun 3-Gebran Bassil 0

Paradoxalement, M. Slim se dit aujourd’hui prêt à officialiser la désignation de M. Audi, à condition de... pourvoir dans le même temps au reste des postes vacants du Conseil militaire. Une éventualité qu’il a évoquée devant son collègue de la Culture, Mohammad Mortada (proche du tandem chiite Amal-Hezbollah), lui aussi impliqué dans les efforts en quête d’une solution. Sauf que M. Slim est sans doute conscient que sa proposition ne pourra pas se concrétiser, étant rejetée par les joumblattistes. « Nous refusons que l’affaire Hassane Audi soit liée à d’autres nominations », commente M. Bou Faour. À son tour, Nagib Mikati ne semble pas très enthousiaste. « Le chef du gouvernement veut rester loin des terrains minés. Il n’effectuera de nominations que lorsque la couverture de toutes les composantes du cabinet sera assurée », affirme la source gouvernementale citée plus haut.

Quant à Joseph Aoun, il n’a pas attendu la fin du feuilleton. Déjà au lendemain de la nomination de Hassane Audi, il l’a promu au grade de général afin de lui permettre d’entamer sa mission. Le numéro deux de la troupe ne peut toutefois pas encore signer certaines décisions militaires… en attendant le contreseing de Maurice Slim. 

Cinq mois plus tard, l’affaire fait toujours couler beaucoup d’encre. La nomination de Hassane Audi, officier druze, au poste de chef d’état-major, en février dernier, n’aura pas été suffisante pour clore ce dossier une bonne fois pour toutes. Il reste encore à officialiser cette démarche, faite sans l’aval du ministre sortant de la Défense, Maurice Slim, par décret pris en Conseil des ministres.Théoriquement, il suffit que le ministre concerné apporte son contreseing au décret pour que le cabinet l’approuve et le publie dans le Journal officiel. Plus facile à dire qu’à faire, à l’heure où M. Slim, qui gravite dans l’orbite du Courant patriotique libre, est engagé dans un bras de fer avec le commandant de l’armée, Joseph Aoun, et s’oppose à toute nomination en période de vacance...
commentaires (1)

Maurice Slim, n’est ce pas lui qui est le ministre DÉMISSIONNAIRE de ce gouvernement des missionnaires aussi qui est censé traiter les affaires urgentes uniquement sans se mêler des autres affaires courantes et en l’occurrence des nominations aux postes clés etc?… alors de quoi je me mêle?

Sissi zayyat

10 h 57, le 27 juillet 2024

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Commentaires (1)

  • Maurice Slim, n’est ce pas lui qui est le ministre DÉMISSIONNAIRE de ce gouvernement des missionnaires aussi qui est censé traiter les affaires urgentes uniquement sans se mêler des autres affaires courantes et en l’occurrence des nominations aux postes clés etc?… alors de quoi je me mêle?

    Sissi zayyat

    10 h 57, le 27 juillet 2024

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