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Politique - Conseil Des Ministres

Après l’École militaire, la querelle autour du chef d’état-major revient

Le ministre sortant des Déplacés, Issam Charafeddine, se dit en désaccord avec le chef du gouvernement sur la gestion du dossier des migrants et réfugiés syriens. 

Après l’École militaire, la querelle autour du chef d’état-major revient

Le Conseil des ministres réuni au Sérail, le 18 juillet 2024. Photo fournie par le bureau de presse de la présidence du Conseil

Nagib Mikati a voulu battre le fer tant qu’il est chaud. Le chef du gouvernement sortant a réuni son équipe jeudi au Sérail dans le cadre d’un Conseil des ministres consacré à officialiser le dénouement heureux, atteint lundi dernier, du différend opposant le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim (proche du Courant patriotique libre), au commandant de l’armée, Joseph Aoun (bête noire du CPL), autour de l’École militaire. Deux cents nouvelles recrues feront donc leur entrée au sein de cette institution, après un concours qui sera destiné à accepter 82 nouveaux officiers en plus des 118 dont l’admission est suspendue depuis des mois. Mais si cette démarche est passée sans encombre, la réunion de jeudi a tout de même remis sur le tapis la querelle autour de l’officialisation de la nomination en février de Hassane Audi (officier druze) au poste de chef d’état-major de l’armée, en pleine vacance présidentielle.

À la faveur de la médiation menée par le ministre sortant de la Culture, Mohammad Mortada (proche du tandem chiite), le Conseil des ministres a « approuvé la demande du ministre de la Défense d’avaliser la requête formulée par le commandement de l’armée pour élever le nombre de nouveaux officiers (...) de 173 (comme le stipulait une décision gouvernementale en août 2023) à 200 (chiffre atteint à la suite des efforts de M. Mortada) », comme on peut lire dans un communiqué publié à l’issue de la séance. Le texte stipule aussi qu’un concours devrait se tenir « dans les plus brefs délais pour sélectionner 82 nouveaux officiers » et que « les 200 officiers intégreront l’École militaire avant fin octobre ».

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Ironiquement, le cabinet examinait cette demande de Maurice Slim… en l’absence de ce dernier, qui a préféré rester fidèle à la décision du CPL, hostile à la tenue de réunions du Conseil des ministres tant que la vacance présidentielle persiste.  « Si Mohammad Mortada n’avait pas réussi à élever l’effectif des officiers à 200, le problème aurait été résolu sans Conseil des ministres. Mais comme la médiation a porté ses fruits, pas besoin de longues études de la part du secrétariat général du Conseil des ministres », a déclaré M. Slim à la chaîne MTV, s’attirant les foudres du Sérail. Dans un communiqué, le secrétariat général du Conseil a donc rappelé que le gouvernement s’est réuni jeudi à la demande de M. Slim, et qu’il (le secrétariat) n’a fait que revenir sur l’affaire de l’École militaire. 

Reste à savoir la date du concours. L’Orient-Le Jour avait appris lundi que Joseph Aoun conditionne l’organisation du nouveau concours à la signature, par Maurice Slim, des résultats concernant les 118 officiers sélectionnés depuis des mois. À l’ouverture de la réunion, Nagib Mikati avait déclaré dans ce cadre : « J’ai insisté pour tenir cette séance rapidement pour que les examens soient organisés dans les plus brefs délais (…). »

Plusieurs membres de l’équipe Mikati, dont le vice-président du Conseil, Saadé Chami, Najla Riachi, ministre d’État pour le Développement administratif, et leur collègue de l’Information, Ziad Makary, ont formulé des réserves quant au fait qu’aucune femme n’ait été sélectionnée lors de ces épreuves. Arguant qu’un gouvernement sortant ne peut qu’expédier les affaires courantes stricto sensu, M. Makary s’est, par ailleurs, opposé à une proposition de son collègue de la Jeunesse et des Sports, Georges Kallas, de procéder à des nominations au sein des administrations publiques. « Le vide au sein de l’État est aussi dangereux que la vacance à la tête de l’État », justifie M. Kallas dans une déclaration à L’OLJ.  

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Mais pour Ziad Makary, il s’agit d’une « position de principe ». « Nous sommes contre toute nomination en période de vide à la présidence », souligne-t-il, dans une réédition du scénario de la nomination (sans l’aval de M. Slim) de Hassane Audi au poste de chef d’état-major en février dernier. Les Marada de Sleiman Frangié (candidat du tandem chiite à la présidentielle) s’étaient alors montrés hostiles à la démarche, avant de l’avaliser à la faveur d’une entente conclue avec le Parti socialiste progressiste dont M. Audi est réputé proche. C’est probablement ce qui explique les réserves formulées jeudi par le ministre sortant de l’Éducation, Abbas Halabi. « Le compromis (de l’École militaire) était favorable au ministre de la Défense. Il devrait, lui aussi, se montrer flexible et signer le décret de nomination de Hassane Audi », commente M. Halabi, assurant que sa position « n’est pas dirigée contre l’armée ou son chef ». « Je n’ai pas signé le décret parce que le gouvernement avait nommé M. Audi d’une manière contraire à la Constitution », a lancé M. Slim à la MTV. Et si rien ne prête à croire qu’il est disposé à faire marche arrière, L’OLJ a appris que Mohammad Mortada pourrait être chargé d’une nouvelle mission de bons offices pour clore ce dossier. 

Charafeddine en colère

La séance de jeudi s’est par ailleurs tenue en l’absence du ministre sortant des Déplacés Issam Charafeddine (relevant du Parti démocratique libanais de Talal Arslane), qui a décidé de ne plus participer aux Conseils des ministres en guise de protestation contre « le manque de sérieux officiel » à l’égard du dossier du retour des migrants et réfugiés syriens. « M. Mikati m’avait promis d’inclure ce dossier à l’ordre du jour de la séance. Mais il ne l’a pas fait », a déploré M. Charafeddine dans une interview accordée mercredi au quotidien al-Joumhouriya. Jeudi, le gouvernement a cependant fait un pas en avant : après son retour des États-Unis, le ministre sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, devrait se rendre en Syrie, a annoncé M. Mikati au début de la séance. 

Nagib Mikati a voulu battre le fer tant qu’il est chaud. Le chef du gouvernement sortant a réuni son équipe jeudi au Sérail dans le cadre d’un Conseil des ministres consacré à officialiser le dénouement heureux, atteint lundi dernier, du différend opposant le ministre sortant de la Défense, Maurice Slim (proche du Courant patriotique libre), au commandant de l’armée, Joseph Aoun (bête noire du CPL), autour de l’École militaire. Deux cents nouvelles recrues feront donc leur entrée au sein de cette institution, après un concours qui sera destiné à accepter 82 nouveaux officiers en plus des 118 dont l’admission est suspendue depuis des mois. Mais si cette démarche est passée sans encombre, la réunion de jeudi a tout de même remis sur le tapis la querelle autour de l’officialisation de la nomination en...
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