Écrire est un art qui transcende toutes les unanimités humaines. Un art qui disloque les franchises et les mascarades.
Une fonction qui dépasse tous ces atouts, c’est la tranquillité vitale que cet art procure à chaque humain qui s’y met.
Un duel entre la vie commune et les pensées qui viennent lors de l’apparition du stylo. L’auteur devient victime de son propre chef-d’œuvre. Une émancipation qui devient une condamnation.
Avoir un équilibre entre ce que l’on écrit et la vraie vie est un défi que chaque écrivain essaie de combattre. La vie devient toute banale comparée aux idées que les auteurs traitent.
C’est grâce à la prise de conscience soudaine qui apparaît lors du commencement de la rédaction que les auteurs créent un doute sur tout concept qu’ils ont. On appelle un auteur un esprit très mature, et c’est à cause de cette conscience-là qu’il le devient.
On sème des graines çà et là en divulguant des thèmes enfouis sous le poids d’une société. On donne une parole aux cris tapageurs des innocents, aux cœurs effondrés, et on ravive les âmes enfoncées.
On donne une réflexion qui paraît parfois ingénieuse ou qui se réduit aux paroles des littéraires fervents qui se croient le centre d’un consensus.
Détenir ce pouvoir, c’est aussi savoir le déstabiliser, car parfois nous devenons une proie implacable pour cette plume qui erre de siècle en siècle.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

