Nous passons, nous les Libanais, notre temps à courir dans un quotidien qui va souvent à 100 à l’heure, lot qui nous épuise. À cela s’ajoutent les difficultés qui nous étouffent : pas d’État, deux diplomaties ! La philosophie chinoise invite à ralentir le rythme, sans se reposer pour autant sur ses lauriers et commencer à réfléchir sur comment reconstruire l’État.
La philosophie chinoise vieille de 2000 ans nous invite au « Wu Wei » (ne soyez pas intrépide). Ce concept consiste à laisser les choses se dérouler tout naturellement. Il s’agit de ne plus tout contrôler et à laisser les choses aller naturellement. Tôt ou tard, la vérité finira par éclater.
Attention, agir sans effort ne signifie pas ne pas agir. On agit lorsque c’est nécessaire, tout en demeurant ferme, prêt à agir quand il le faut. Réfléchir ensemble comment sortir de l’impasse. Oui, ensemble. Nos erreurs doivent nous rapprocher. Dans cette terrible épreuve, les Libanais gagneraient à réaliser que malgré les différences, nous avons beaucoup de choses en commun : la langue, les habitudes, le passé, l’histoire commune riche en épreuves et en leçons.
Il s’agit de travailler dans les écoles, les universités, l’acculturation de l’État qui monopolise la force organisée, les rapports diplomatiques, la perception des impôts, la gestion des politiques publiques.
Tel était le projet du président Béchir Gemayel : construire l’État où toutes les composantes de la société se sentent chez elles. Il meurt non parce qu’il était chef des Forces libanaises, mais parce qu’il voulait un État où toutes les cultures cohabitent dans la dignité et la légalité. Le Liban s’est imposé comme une nation singulière à comparer avec les régimes autoritaires régnant dans cette région. Travailler à ce programme, mais du même coup profiter de toute opportunité. Miser sur notre armée, sur notre Constitution. Éloigner des imposteurs plus préoccupés par des intérêts personnels que par le bien commun. Dans l’État, toutes les communautés se sentent chez elles, dans un Liban foyer de rayonnement intellectuel et culturel sur les rivages orientaux de la Méditerranée.
Finalement, mettre en œuvre la pleine conscience. La pleine conscience, c’est être conscient de ses pensées et de ses sentiments. La vérité arrivera tôt ou tard. On prête attention et réflexion au moment présent. Lao Tse, philosophe chinois, dit : « Si vous êtes déprimé, vous vivez dans le passé. Si vous êtes anxieux, vous vivez dans le futur. Si vous êtes en paix, vous vivez dans le présent. »
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