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Nos lecteurs ont la parole

Réécriture


Une page blanche.

Tout commence toujours sur une page blanche.

Alors pourquoi avons-nous tant de mal à tourner la page ?

Nous pourrions tout recommencer,

Avoir une nouvelle chance, une nouvelle vie,

Mais nous avons du mal.

La page blanche nous angoisse,

La page blanche est signe de possibilités incontrôlées,

La page blanche semble accuser d’un échec précédent.

La page blanche engage un nouveau dessin qui souvent se confond avec destin.

Pourquoi le Liban ne tourne-t-il pas la page ?

Pourquoi ne pas tout recommencer sur une page vierge ?

Pourquoi ne pas s’accorder un nouveau départ ?

Un nouveau visage ?

Car chaque visage a saigné sur les pages d’avant

Et le sang a transpercé les pages, et tache le présent des blessures passées.

Alors la page de l’avenir n’est plus blanche.

Elle est rouge,

Rouge de sang jusqu’à devenir noire de haine

Tourner les pages ne suffit plus.

Il faut changer de livre

Et dès l’écriture du titre, il faut taire les différences.

Retrouvons-nous dans un avenir commun

Et nommons ce livre

Nous sommes « LIBAN » Libre Insoumis Brillant Accueillant Nostalgique.

Réécrivons une Constitution,

Redécouvrons nos droits,

Réactualisons nos lois,

Réélisons nos gouverneurs.

Mais avant tout,

Arrachons la branche corrompue du cèdre

Emblème et symbole.

Nous le brûlons depuis trop d’années maintenant

S’il pouvait parler, il reprocherait.

S’il pouvait crier, il hurlerait.

Regardons les gouttes de pluie ruisselant sur son écorce comme la sueur de son combat,

Ses épines tombant sur nous comme des alertes pour nous réveiller,

Ses racines sortant de terre comme un signe de défaire les fondations.

Retrouvons-nous dans ce sentiment omniprésent en nous lorsque nous atterrissons à Beyrouth.

Retrouvons-nous dans ce sentiment d’humanité partagé.

Retrouvons-nous dans « LIBAN ».

Où est-il passé ?

Il n’est jamais passé,

Nous l’avons chassé.

Étudiant en master de philosophie politique et éthique à la Sorbonne Paris IV

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Une page blanche. Tout commence toujours sur une page blanche. Alors pourquoi avons-nous tant de mal à tourner la page ? Nous pourrions tout recommencer, Avoir une nouvelle chance, une nouvelle vie, Mais nous avons du mal.La page blanche nous angoisse, La page blanche est signe de possibilités incontrôlées, La page blanche semble accuser d’un échec précédent. La page blanche engage un nouveau dessin qui souvent se confond avec destin. Pourquoi le Liban ne tourne-t-il pas la page ? Pourquoi ne pas tout recommencer sur une page vierge ? Pourquoi ne pas s’accorder un nouveau départ ? Un nouveau visage ? Car chaque visage a saigné sur les pages d’avant Et le sang a transpercé les pages, et tache le présent des blessures passées. Alors la page de l’avenir n’est plus blanche. Elle est rouge, Rouge de sang jusqu’à...
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