Des habitants inspectant les énormes dégâts causés par un raid israélien sur le village de Houla, au Liban-Sud, le 3 juin 2024. REUTERS/Aziz Taher
Alors que les tensions entre le Liban et Israël s'intensifient, les Beyrouthins se préparent-ils au pire ? Ces derniers jours, des frappes à l'entrée d'un hôpital à Bint Jbeil et sur une ambulance ont tué huit membres du Hezbollah, trois civils et un médecin dans un conflit qui, depuis son déclenchement le 8 octobre dernier, est principalement limité au Liban-Sud. En visite dans le nord d'Israël après d'importants incendies provoqués par des tirs provenant du Liban ces deux derniers jours, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi qu'Israël « est prêt » pour une « opération très intense » le long de la frontière avec le Liban. Une déclaration qui intervient après plusieurs sorties d’officiels israéliens ce début de semaine, à l’instar du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich qui avait appelé lundi Israël à occuper le sud du Liban et à « causer de graves dommages » à Beyrouth.
Interrogés par L’Orient Today dans le quartier de Hamra près de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), des passants nous ont confié leurs sentiments, comme Christelle Abi Akil, 35 ans et mère de deux enfants, qui décrit sa peur et son incertitude croissantes : « Cela fait trois jours que j'entends des avions israéliens. Ça tremble, le bruit est plus intense, plus fréquent et nous avons entendu dire qu'ils ont attaqué l'ambassade américaine, ce qui est une excuse pour lancer une attaque », s'inquiète-t-elle. Plus tôt mercredi, trois hommes ont ouvert le feu sur l'ambassade américaine au Liban, à Aoukar, au nord de Beyrouth, blessant quelqu'un à l'intérieur du bâtiment. L’assaillant a été blessé et maîtrisé, tandis que plusieurs suspects en lien avec l'incident ont été arrêtés en cours de journée. « Je suis prête à voyager à tout moment depuis le début de la guerre parce que j'ai des enfants. Même si l'aéroport ferme, nous sommes prêts à partir par la mer ! » s'exclame-t-elle.
De son côté, Hassan Eid, 50 ans, exprime un sentiment d'épuisement et de désespoir. « Je pense qu'il y aura une guerre parce qu'Israël ne prendra pas les attaques du Hezbollah à la légère. À mon avis, nous, les Libanais, nous sommes fatigués. Ça suffit ! Nos enfants veulent vivre. » Issam Soboh, 54 ans, voiturier, reste lui plus optimiste. « À mon avis, il n'y aura pas de guerre. Un accord sera conclu. Nous soutenons la résistance des Palestiniens mais, bien sûr, nous ne voulons pas la guerre. » Tatiana Abdo, 29 ans, se montre elle plutôt sceptique : « Je pense qu’il s’agit plus de surenchère. Je ne crois pas que quelque chose va vraiment se passer. Il pourrait se passer quelque chose sous ma maison et je ne croirais toujours pas que la guerre arrive », dit-elle.
Pour Jamil Shoujah, 22 ans, diplômé en informatique de l'AUB, le conflit est un arrière-plan brutal à leur vie quotidienne. « La guerre a déjà lieu. Je ne crois pas qu'ils annonceront une guerre totale parce que cela aurait de nombreuses complications à l'échelle mondiale », explique-t-il. Et d’ajouter : « Une telle guerre aurait des conséquences très graves des deux côtés de la frontière. Je ne pense pas qu'Israël serait assez stupide pour déclarer la guerre au Liban, de même que le Liban pour déclarer la guerre à Israël. » Néanmoins, le jeune informaticien note préférer « ne pas trop y penser » et espérer que son opinion ne relève pas d’un « faux espoir ».



Il serait temps de reprendre les navettes Jounieh - Larnaca au plus vite, ne serait-ce que pour éviter les ordures et les portraits des terroristes iraniens et autres autour de notre aéroport.
21 h 09, le 06 juin 2024