Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, lors d'une réunion au Parlement israélien, la Knesset, à Jérusalem, le 3 juin 2024. Photo Menahem Kahana/AFP
La rhétorique d'une guerre de grande ampleur avec le Liban a repris de plus belle en Israël ces derniers jours, alors que les combats avec le Hezbollah se sont récemment intensifiés le long de la frontière. Lundi, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé Israël à occuper le Liban-Sud et à frapper et endommager Beyrouth, dans des commentaires donnés à la presse à la suite d'une session parlementaire. Mardi, son collègue de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s'est lui aussi exprimé alors qu'il se trouvait à la frontière avec le Liban : « Ils brûlent nos régions, nous devons donc brûler tous les bastions du Hezbollah. » Et d'ajouter : « Détruisez-les. La guerre ! »
Ces derniers jours ont en effet été marqués par une grande escalade qui s'est traduite par des incendies de part et d'autre de la frontière et par d'énormes destructions de maisons et de magasins du côté libanais. Huit membres du Hezbollah, trois civils et un infirmier ont été tués. Après une opération de 20 heures, les pompiers israéliens ont réussi mardi à éteindre les incendies qui ont embrasé la ville du nord de Kiryat Shmona et ses environs. Onze personnes y ont été traitées pour inhalation de fumée.
Selon le Haaretz, l'escalade du Hezbollah découle des pertes substantielles subies sur le front libanais. La pression croissante exercée par l'opinion publique au sein du gouvernement israélien pour qu'il réagisse fait planer le spectre d'une guerre totale, promettant une dévastation sans précédent, selon le quotidien.
« Capitale du terrorisme »
« La situation dans le Nord se détériore », a également déclaré lundi le ministre israélien Bezalel Smotrich, cité par des médias locaux. « Nous devons déplacer la zone de sécurité du territoire israélien en Galilée vers le Liban-Sud, y compris par une invasion terrestre », a-t-il dit. Il a insisté pour que les militants du Hezbollah et les civils libanais qui abriteraient le groupe soient expulsés au-delà du fleuve Litani et a appelé à des frappes décisives sur les infrastructures libanaises, en ciblant les centres stratégiques du Hezbollah et en infligeant des dommages substantiels à Beyrouth, qu'il a qualifiée de « capitale du terrorisme ».
« Nous devons créer une situation dans laquelle le Liban sera occupé, au cours des vingt prochaines années, à reconstruire ce qui reste après le coup qui lui a été porté, et non à faire régner la terreur contre l'État d'Israël », a poursuivi M. Smotrich, chef du parti d'extrême droite Sionisme religieux, qui fait partie de la coalition gouvernementale du Premier ministre Benjamin Netanyahu. L'armée israélienne a récemment mené des exercices simulant des manœuvres au Liban, selon des déclarations officielles, se préparant à une escalade inévitable conformément à la conviction du gouvernement qu'il peut atteindre ses objectifs militaires et politiques sans négocier, uniquement par le biais d'un conflit armé, selon le Jerusalem Post.
De l'autre côté de la frontière, le journal al-Akhbar, affilié au Hezbollah, a, lui, fait état des préoccupations exprimées par des diplomates occidentaux au Liban, selon des indications provenant du Royaume-Uni, suggérant une escalade potentielle d'ici à la mi-juin. Contactée, une source de l'ambassade britannique a déclaré qu'il n'appartenait pas au Royaume-Uni de commenter les plans militaires d'Israël. « Le Royaume-Uni continue d'œuvrer à la désescalade des tensions entre Israël et le Liban. Notre engagement avec les deux parties est axé sur la création des conditions nécessaires à la stabilité et à la sécurité sur la ligne bleue. Il est clair qu'un conflit n'est dans l'intérêt de personne », a-t-elle ainsi déclaré. « Nous rejetons les informations selon lesquelles le Royaume-Uni aurait suggéré, sans parler des messages diplomatiques, aux autorités libanaises qu'Israël mène des opérations militaires en juin », a-t-elle souligné.




Le Hezbollah n'est pas un parti d'opposition et il a bombardé l'entité le 8/10
19 h 42, le 05 juin 2024