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Nos lecteurs ont la parole

La force de la modestie

Plus nous acquérons de la maturité avec les années et l’expérience, plus on reconnaît que la voie la plus sûre reste l’effort vigilant pour tout ramener au maximum de simplicité et de calme, en veillant à dépouiller notre esprit de ce qui est fragment inutile ou superflu, et à aller droit à ce qui est vérité, justice et charité, surtout charité.

Une grande idée simple : la paix. C’est une clef pour se réconcilier avec l’autre et lui inspirer des attitudes, promesses de réussite. Au lieu de recourir, pour rompre la glace, à des arguments gênants, autant accueillir toute personne qui nous rend visite en allant au-devant d’elle.

Tous les êtres doués d’une authentique vie intérieure sont habités par le génie de la simplicité ou tout au moins savent dans quel sens œuvrer pour l’acquérir. Ils sont dotés d’une sorte de transparence. Peut-être gardent-ils leur secret, au plus intime de leur cœur, mais sont délivrés intérieurement et restent indifférents aux menaces extérieures, ce qui leur donne une réelle « disponibilité » à l’égard d’autrui.

La simplicité est également inhérente au génie, en ce sens qu’elle fait l’unité de la vie et rassemble les forces. N’y a-t-il pas une affinité entre l’admiration qu’éprouvait le Christ pour la candeur des enfants et son propre pouvoir de concentration et d’émerveillement ? La simplicité va aussi de pair avec la profondeur. La destinée d’un homme comme Albert Schweitzer en témoigne. Musicien, philosophe, historien, médecin, cet homme cultivait, au fond de lui-même, une notion simple – le respect de la vie – qui l’amena à se dévouer pendant des années à soigner les malades en Afrique.

Celui qui veut réussir sa vie doit s’efforcer de triompher de la confusion. Appelons cela, si vous voulez, adopter une « spiritualité » qu’elle soit « une joie mystique » comme celle des religieux, ou qu’elle fleurisse sur un terreau d’angoisse, dans un paysage plus aride de solitude et de doute. Dans l’un et l’autre cas l’existence peut s’en trouver éclairée.

N’oublions pas non plus qu’il existe aussi une spiritualité « pratique » pour les êtres portés à l’action. Comme celle qui a accompagné l’œuvre de l’abbé Pierre et beaucoup d’autres parmi ceux qui transforment le monde.

Être simple, c’est fixer les yeux exclusivement sur la pure vérité de Dieu dans une époque où toutes les idées sont confuses, déformées, mises sens dessus dessous. C’est garder la pureté du cœur.

À propos des avantages de cette grâce intime, Fénelon écrivit : « Quand on est véritablement dans cette simplicité intérieure, tout l’extérieur en est plus ingénu, plus naturel. Elle a un goût de candeur et de vérité qui fait sentir je ne sais quoi de doux, de gai et de paisible franchise. »

L’approche de cette qualité rare exige un effort personnel. Il est impératif de ne jamais se retrancher derrière le prétexte d’une vie trop remplie. Si elle l’est, en effet, c’est l’indice qu’il faut la simplifier. Il existe des gens qui ont décidé de consacrer quotidiennement un certain laps de temps à faire, dans la solitude, un tri entre les éléments qui comptent vraiment parmi tout ce qu’ils croient devoir prendre au sérieux, afin de laisser de côté les choses qui, au fond, ne méritent pas qu’on s’y arrête.

Des guides s’offrent à conseiller les novices ; certains préconisent la lecture d’ouvrages sur le sujet, la méditation et la prière pour les personnes qui en ont la pratique, la rédaction d’un journal spirituel pour ceux qui ont le goût de l’introspection.

Dans notre monde, Jésus de Nazareth est une grande figure qui incarne la simplicité. On a écrit sur lui des millions de livres savants, mais si les gens l’ont suivi, c’est parce que, disait-on, « il faisait le bien ». Les admirateurs de Gandhi savent que cette grande figure hindoue a été un homme politique d’une extraordinaire habileté, qui a renversé un empire, mais ce qui frappe le plus, c’est la passion essentielle qui l’animait pour la cause de ceux qu’il appelait : « Les derniers, les moindres, les plus bas, les perdus. »

Ces grands exemples nous ouvrent la voie, mais n’espérons pas y découvrir de recettes. C’est à chacun de trouver et de débroussailler le sentier à suivre. Des groupes se forment parfois et tentent de cheminer ensemble. Des « communautés » naissent et se développent, mais leurs membres se heurtent à des difficultés imprévues. D’autres rencontrent à la fois liberté et appui mutuel dans des paroisses, des clubs ou bien encore des associations.

Tôt ou tard, les gens en quête de simplicité apprennent à vivre en harmonie avec la nature ; mais il s’agit de tout autre chose que de l’environnement, et quiconque veut aboutir dans cette quête doit élaguer et trier ses idées jusqu’à ce que, seules, les plus fondamentales subsistent.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Plus nous acquérons de la maturité avec les années et l’expérience, plus on reconnaît que la voie la plus sûre reste l’effort vigilant pour tout ramener au maximum de simplicité et de calme, en veillant à dépouiller notre esprit de ce qui est fragment inutile ou superflu, et à aller droit à ce qui est vérité, justice et charité, surtout charité.Une grande idée simple : la paix. C’est une clef pour se réconcilier avec l’autre et lui inspirer des attitudes, promesses de réussite. Au lieu de recourir, pour rompre la glace, à des arguments gênants, autant accueillir toute personne qui nous rend visite en allant au-devant d’elle.Tous les êtres doués d’une authentique vie intérieure sont habités par le génie de la simplicité ou tout au moins savent dans quel sens œuvrer pour l’acquérir. Ils sont...
commentaires (1)

Le hindouisme de Ghandi a beaucoup changé, ce n’est plus ce qu’on connaît, ils sont devenus cruels et criminels

Eleni Caridopoulou

18 h 10, le 31 mai 2024

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Commentaires (1)

  • Le hindouisme de Ghandi a beaucoup changé, ce n’est plus ce qu’on connaît, ils sont devenus cruels et criminels

    Eleni Caridopoulou

    18 h 10, le 31 mai 2024

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