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Politique - PRÉSIDENTIELLE

Frangié donne du fil à retordre au quintette

Depuis Bkerké, le candidat du Hezbollah affirme « rester dans la course jusqu’au bout ».

Frangié donne du fil à retordre au quintette

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s'entretenant avec les ambassadeurs des pays membres du quintette, à Bayada, le 18 avril 2024. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ

En dépit de tous les efforts du quintette impliqué dans le dossier libanais (États-Unis, France, Arabie saoudite, Égypte, Qatar) pour que le futur chef de l’État soit le fruit d’une entente élargie, Sleiman Frangié, candidat du tandem Amal-Hezbollah à la présidence, persiste et signe : il restera dans la course tant qu’il estime qu’il a des chances de remporter la bataille. Ce message, le chef des Marada a pris le soin de le faire passer à ses détracteurs – surtout les chrétiens parmi eux, dont le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil – depuis Bkerké jeudi, soit au lendemain de son entretien avec quatre des cinq ambassadeurs (à l'exception du Saoudien Walid Boukhari) des pays membres du groupe. C’est donc un Sleiman Frangié qui pense avoir le vent en poupe qui vient de faire un nouveau pied de nez à l’opposition, dont des ténors l’appellent à se retirer de la course, compliquant ainsi davantage la tâche au quintette.

« Je resterai jusqu’au bout dans la course », a lancé le chef des Marada dans une déclaration à l’issue de son entretien avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. « Je ne pense pas que ma candidature entrave le processus démocratique (de l’élection) présidentielle. Au contraire, elle le consacre », a-t-il ajouté, excluant tout scénario qui pourrait le pousser à s’auto-éliminer. Soulignant ses « bons » rapports avec Mgr Raï, le zaïm de Zghorta a pris le soin d'indiquer que devant les ambassadeurs du quintette, le chef de l’Église maronite avait affirmé que « Sleiman Frangié est (un leader) chrétien qui fait face à une injustice ». Des propos qui sonnent comme un message adressé aux partis chrétiens majoritaires qui s’opposent au chef des Marada en arguant du fait qu’il ne représente pas la communauté.

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Réitérant, en outre, sa confiance en l’appui que lui fournit le tandem chiite, M. Frangié a dévoilé la teneur de son entretien avec les quatre diplomates et lors duquel la question des armes du Hezbollah a été évoquée. Il a raconté avoir expliqué à ses interlocuteurs qu’aucun candidat à la présidence ne peut se prononcer contre le monopole du port des armes. « Mais, à nos yeux, il s’agit des armes de “la résistance’’ », a-t-il insisté, estimant que le règlement de ce dossier nécessite un accord régional. Pour ce qui est de la stratégie de défense, M. Frangié a affirmé qu’elle devrait faire l’objet d’un consensus général. Une version un peu plus nuancée que ses propos fuités mercredi dans les médias. À en croire ceux-ci, M. Frangié aurait jugé « inopportun » le fait de discuter de ce dossier très sensible pour le Hezbollah à l’heure actuelle.
Commentant, à la demande d’un journaliste, le boycottage par Walid Boukhari de la réunion de mercredi, M. Frangié a préféré s’en tenir à la version officielle. « Il s’est absenté pour des raisons de santé. Il est toujours le bienvenu chez moi. » Interrogé enfin au sujet du candidat pour lequel il envisagerait de se retirer, le leader du Nord s’est prononcé en faveur d’un président « dont personne, ni Gebran Bassil ni qui que ce soit, ne pourrait contrôler les décisions ».

L'ouverture de Bassil
Face à cette hausse de ton de la part du candidat du Hezbollah, les diplomates poursuivaient jeudi leur tournée en quête d’un terrain d’entente à même d’accélérer la tenue du scrutin. Sans l’Américaine Lisa Johnson, les quatre autres se sont entretenus à Biyada avec M. Bassil, sanctionné depuis novembre 2020 par les États-Unis. De toute évidence, tous les regards étaient braqués sur Walid Boukhari dont la présence a de quoi confirmer que sa décision de bouder Zghorta mercredi n’était pas simplement due aux raisons de santé mises en avant par l’ambassadeur d’Égypte pour justifier l’absence de son collègue. Elle reflète, comme nous l'avons appris, son objection aux entretiens avec des présidentiables. À ce sujet, le CPL se contente de dire que la présence de M. Boukhari est « un signe positif ». « Mais tout le monde a bien compris le message », lance une figure aouniste sous couvert d’anonymat. Aux yeux du CPL, la démarche du diplomate saoudien est le signe d’un éventuel veto de Riyad sur le chef des Marada. A contrario, se félicite le parti aouniste, le royaume ne voit aucun problème à communiquer avec le leader du CPL, en sa qualité d’élément incontournable pour un déblocage de la présidentielle.  

Pour ce qui est des discussions avec les quatre diplomates, une source proche de M. Bassil indique à L’Orient-Le Jour que ce dernier a fait comprendre à ses interlocuteurs que son parti est pour une entente autour du futur chef de l’État. Partant, il est prêt à participer à un dialogue dont les résultats seraient garantis, quelle que soit la forme de cet exercice. Le CPL n’a donc pas d’objection à la tenue d’un dialogue national sous la houlette du président de la Chambre, Nabih Berry, avec qui il a renoué contact il y a plusieurs semaines. De même source, on apprend que le leader du courant aouniste a souligné que si aucune entente n’est conclue autour d’un candidat, il faudrait respecter les mécanismes électoraux prévus par la Constitution, même sans un accord préalable. C’est à ce stade qu’un des diplomates présents a soulevé la question du (manque de) confiance entre les protagonistes libanais. M. Bassil aurait alors proposé que soit rédigé un texte résumant les engagements des uns et des autres afin de paver la voie à la tenue de l’élection.

Sauf que le Hezbollah ne semble prêt à aucun engagement à l'exception de celui pris envers Sleiman Frangié. Tout comme il n'acceptera aucun dialogue qui ne sera pas présidé par Nabih Berry. Cette position rigide, le bloc parlementaire du parti l’a exprimée devant le quatuor qui, après la réunion de Bayada, s’est vu réduit à un trio franco-égypto-qatari : Walid Boukhari a les rapports rompus avec le Hezbollah, et sa collègue américaine Lisa Johnson ne peut pas communiquer avec la formation chiite placée sur la liste noire de Washington. Mais le quintette s'est ensuite réuni au grand complet chez Ala'Moussa pour dresser un bilan de ce nouveau round de réunions.   L’éclaircie n’est donc pas pour demain.

En dépit de tous les efforts du quintette impliqué dans le dossier libanais (États-Unis, France, Arabie saoudite, Égypte, Qatar) pour que le futur chef de l’État soit le fruit d’une entente élargie, Sleiman Frangié, candidat du tandem Amal-Hezbollah à la présidence, persiste et signe : il restera dans la course tant qu’il estime qu’il a des chances de remporter la bataille....
commentaires (9)

Le "leader du coin: zewyé" monte sur ses ergots. Il ne veut pas comprendre que nous ne voulons pas d'un président inculte qui n'a d'ailleurs presque aucune chance d'arriver à Baabda à moins....

Hitti arlette

18 h 21, le 21 avril 2024

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Commentaires (9)

  • Le "leader du coin: zewyé" monte sur ses ergots. Il ne veut pas comprendre que nous ne voulons pas d'un président inculte qui n'a d'ailleurs presque aucune chance d'arriver à Baabda à moins....

    Hitti arlette

    18 h 21, le 21 avril 2024

  • Frangié président et mon concierge premier ministre et le voiturier d’en face comme président de la chambre des voleurs

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 01, le 20 avril 2024

  • Iznogood veut être calife à la place du calife…

    Robert Moumdjian

    06 h 43, le 20 avril 2024

  • Il est bas de plafond, il ne représente que lui même et préfère mener le Liban à la discorde pour être le sous fifre des barbus.

    Zeidan

    19 h 05, le 19 avril 2024

  • C’est un montagnard bien têtu !

    Wow

    18 h 19, le 19 avril 2024

  • il a quoi comme diplôme déjà?

    LE FRANCOPHONE

    16 h 02, le 19 avril 2024

  • J ‘ai cru qu’Il n’y a plus rien a voler pourquoi ils se disputent tous le poste de président. Ils n’ont pas compris qu’on ne veux aucun d’eux.

    Staub Grace

    15 h 10, le 19 avril 2024

  • PAS DE CANDIDAT SANS AU MOINS UN DOCTORAT POUR PRESIDENT.

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 25, le 19 avril 2024

  • Qu’ils aillent tous aux élections et que le meilleur gagne. Khalass ba’a.

    PPZZ58

    09 h 00, le 19 avril 2024

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