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Société - Guerre de Gaza

Pour le Fitr, les Libanais originaires du Sud rejoignent leurs villages, malgré les bombardements

Les routes menant vers le Liban-Sud étaient encombrées mercredi.

Pour le Fitr, les Libanais originaires du Sud rejoignent leurs villages, malgré les bombardements

Des habitants du village libanais de Aïta el-Chaab posant pour une photo devant les ruines d'une maison détruite par un bombardement israélien, le 9 avril 2024. Photo AFP / Hassan Fneich

Jusqu'à mardi soir, Ali Najdi, un trentenaire de la banlieue sud de Beyrouth, se demandait si c'était une bonne idée de se rendre dans son village natal au Liban-Sud, pour célébrer la fin du mois du Ramadan avec ses proches. Après tout, c'est ce que la famille fait chaque année. Cependant, en raison des affrontements dans la région depuis début octobre, Ali a hésité. Son village, Srifa (caza de Tyr), n'a pas été bombardé, contrairement à d'autres localités alentour.

Ce qui l'a finalement persuadé de poursuivre la tradition, c'est d'entendre que beaucoup d'autres personnes s'apprêtaient à prendre la route du Sud.

La région frontalière avec Israël est le théâtre d'échanges de tirs quasi-quotidiens entre l'armée israélienne et le parti du Hezbollah depuis l'opération meurtrière du mouvement islamiste Hamas le 7 octobre en Israël, appelée « Déluge d'al-Aqsa », provoquant une riposte israélienne sanglante qui se poursuit dans la bande de Gaza. 

Pour de nombreux Libanais originaires du Sud, se rendre dans leurs villages d'origine pendant le congé du Fitr s'impose chaque année. Cette fois-ci ne semble pas avoir dérogé à la règle, malgré les tensions. Les routes menant vers la région étaient d'ailleurs bien encombrées et les voitures pleines de familles, selon plusieurs personnes qui les ont empruntées, contactées par L'Orient Today


Le trafic sur l'autoroute du Sud, au premier jour de la fête du Fitr, le 10 avril 2024. Photo fournie par Wael Taleb / L'Orient Today

« Tout va bien ici »

« Le Fitr est l'une des fêtes les plus importantes dans ma grande famille, et la tradition d'aller rendre visite à tous mes proches est quelque chose que je me dois de faire », affirme Ali à L'Orient Today après avoir atteint Srifa. « Je m'attendais que la situation soit effrayante, avec le bruit des drones partout, mais ce n'est pas le cas. Je ne suis pas allé dans mon village de Srifa depuis septembre 2023 à cause de la guerre, mais tout va bien ici », dit-il.

La situation est différente dans les zones frontalières qui sont bombardées presque chaque jour.

Adnan Alyan, le maire de Khiam, village frontalier régulièrement bombardé, a déclaré à notre publication qu'il estimait à 350 le nombre de familles vivant encore dans la localité, sur les 2 000 qui y résident normalement en hiver et 4 000 en été. À l'occasion des fêtes, « cinquante familles supplémentaires se sont rendues dans le village aujourd'hui, pour se recueillir sur les tombes de leurs défunts », indique l'élu local. Toutefois « il est probable que ces visiteurs feront demi-tour et quitteront Khiam avant la fin de la journée ».

À Aïta el-Chaab, située également dans la périphérie directe de la frontière, bombardé quasiment tous les jours, la situation est similaire. Son maire, Mohammad Srour, indique à L'Orient Today que seules quelques personnes sont rentrées au village à l'occasion de la fête. Certaines ont demandé l'autorisation de l'armée libanaise pour se rendre sur les tombes de leurs proches, en particulier ceux qui sont morts pendant la guerre, dans l'espoir que la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) encadre les visites en toute sécurité. De nombreux civils et membres du Hezbollah ont été tués à Aïta el-Chaab depuis le début des hostilités.

La semaine dernière, Alia Abdel Karim, une femme originaire de Yarine, a succombé à ses blessures après avoir été touchée par une frappe de drone alors qu'elle s'était rendue dans son village pour se recueillir sur les tombes de ses parents avant le Fitr.

« La terre de nos ancêtres »

À Hebbariyé, un village du caza de Hasbaya proche de la frontière, où une frappe israélienne a tué sept jeunes ambulanciers dans un centre de soins en mars dernier, des familles sont rentrées, mais le cœur n'est pas à la fête, selon plusieurs habitants.


Une affiche montrant les photos de sept secouristes tués dans une frappe israélienne, dans des ruines, à Hebbariyé, au Liban-Sud, le 10 avril 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

« Je suis venu ici avec mes frères et sœurs car nous ne voulions pas fêter le Fitr sans nos parents qui sont âgés et ne veulent pas quitter leur village malgré les attaques, raconte Alaa Ibrahim, 36 ans. C'est la terre de nos ancêtres. Nous ne la quitterons pas, et je souhaite que tous les habitants du Sud rentrent dans leurs villages pour les célébrations ».

La guerre dans le sud du Liban a coûté la vie à plus de 50 civils libanais et à plus de 270 membres du Hezbollah. Elle a également détruit de nombreuses infrastructures. 

Jusqu'à mardi soir, Ali Najdi, un trentenaire de la banlieue sud de Beyrouth, se demandait si c'était une bonne idée de se rendre dans son village natal au Liban-Sud, pour célébrer la fin du mois du Ramadan avec ses proches. Après tout, c'est ce que la famille fait chaque année. Cependant, en raison des affrontements dans la région depuis début octobre, Ali a hésité. Son village, Srifa...
commentaires (3)

Et dire que les Israéliens croient qu'un jour ce sera chez eux ! Bravo, et passez de belles fêtes sans "invités" meurtriers.

Politiquement incorrect(e)

16 h 51, le 12 avril 2024

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Commentaires (3)

  • Et dire que les Israéliens croient qu'un jour ce sera chez eux ! Bravo, et passez de belles fêtes sans "invités" meurtriers.

    Politiquement incorrect(e)

    16 h 51, le 12 avril 2024

  • Bravo , bravo , mille fois bravo !

    Chucri Abboud

    13 h 27, le 11 avril 2024

  • Bonne fête à toutes les familles, personnes et compatriotes qui célèbrent le Fitr. Santé, Paix, sérénité et liberté pour eux et pour tous les libanais du liban et à l’étranger. .

    LE FRANCOPHONE

    09 h 59, le 11 avril 2024

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