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Nos Lecteurs ont la Parole

Imaginez nos montagnes libanaises sans ski !

Il y a quelques soirs, en écoutant le journal télévisé, l’annonce d’une grosse accumulation de neige sur nos montagnes libanaises m’a interpellée puis motivée à fouiller dans quelques archives personnelles. La recherche aboutit sur la trouvaille de plusieurs enregistrements, de photos et de vieilles coupures de journaux documentant l’introduction du ski au Liban.

En 1913, un Libanais qui avait passé une partie de son jeune âge en Suisse alémanique décida de rentrer au pays avec, en main, de gros paquets contenant des skis et des piquets. Lors du passage à la douane, un douanier ottoman sourcilleux et soupçonneux refusa de dédouaner ces paquets, les méprenant pour un nouveau dispositif d’armement offensif. Ce jeune homme bien intentionné n’était autre que mon grand-père, Ramez Ghazzaoui.

Ramez s’attela alors à expliquer au douanier la fonction des skis dans le sport de glisse. C’est ainsi que le ski fut importé au Liban, et que mon grand-père fut le premier à dévaler les collines des montagnes proches de Aley, et plus tard, de Dahr el-Baydar. Les monts Knaissé et Sannine furent ensuite pris d’assaut par les soldats français présents au Liban pendant le mandat de 1923. C’est en 1934 que « Le Club libanais » vit le jour, fondé par deux sœurs, Andrée Khasho, Aimée Kettaneh, ainsi que Maurisius Tabet et Mounir Itany..

Autrefois, les skis étaient faits de planches de bois de deux mètres de long et vêtues d’une peau de cheval, loin des skis légers modernes des marques très connues, fabriqués à partir de fines lames en polyéthylène extrudé pour bien couper dans la neige.

C’est ainsi que le Liban a adopté le ski. Oseriez-vous imaginer nos montagnes dépourvues de skieurs dévalant leurs pentes enneigées, si un douanier tatillon avait arbitrairement confisqué d’innocentes planches de bois couvertes de peau de cheval et des piquets ?

J’ai moi-même habité un temps à Gstaad, en Suisse, et ai même visité Innsbruck en Bavière autrichienne, et Zell Am See en Autriche, mais je n’ai jamais vraiment été férue de ski, en dépit du rôle fondamental joué par mon grand-père dans ce sport national. Et cela reste un grand regret aujourd’hui !

Il nous reste au moins cet héritage lumineux légué par nos aïeux. Bien révolus sont ces temps où nos jeunes n’étaient pas encore pendus à leurs écrans de téléphones portables, lorsqu’ils sillonnaient les sentiers de la nature au grand air, ou lorsqu’ils appartenaient à un groupe de randonneurs ou encore à un club de scoutisme.

C’était du temps où les gens savaient encore s’amuser et bien disposer de leur vacances, de leur congés, c’était du temps où slalomer sur une poudreuse puis venir en fin de journée piquer une tête en Méditerranée formaient une boucle et se résumaient en une seule journée !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Il y a quelques soirs, en écoutant le journal télévisé, l’annonce d’une grosse accumulation de neige sur nos montagnes libanaises m’a interpellée puis motivée à fouiller dans quelques archives personnelles. La recherche aboutit sur la trouvaille de plusieurs enregistrements, de photos et de vieilles coupures de journaux documentant l’introduction du ski au Liban. En 1913, un...

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