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Nos Lecteurs ont la Parole

Grand coup de balai radical (suite)

Dans le précédent texte portant le même titre et publié dans L’Orient-Le Jour du jeudi 8 février 2024, il a été question de ce désir de faire un grand chambardement de vie. Changer de cadre, de profession, de panorama et d’horizon. Opérer donc une métamorphose complète de vie et d’avenir.

À trop réfléchir sur le sujet, il a fallu se demander pourquoi ce sentiment nous saisit. Pourquoi, à un moment donné de notre vie, ce souhait de grand changement et de grande métamorphose nous prend à la gorge ? Abstraction faite des conséquences, savoir quelles en sont les causes.

Après maintes réflexions et profondes cogitations, il convient de déduire que ce qui nous pousse le plus à avoir ce genre de perception, c’est le train de vie astreignant que nous menons et notre soif de retourner aux années d’insouciance. De cette envie de revenir aux années où la vie était encore belle et coulante. Où elle était plus agréable, plus commode et plus authentique. Où les journées étaient plus ou moins sans souci ni inquiétude.

La belle vie n’est pas nécessairement liée à une question d’argent (quoique essentielle). Ici, elle est plus en rapport avec la vie insouciante, heureuse et sans contrainte.

Et par conséquent, nous rentrons dans une situation symptomatique où, invariablement, nous nous exilons, de plein gré, dans un travail de mémoire pour remonter le passé avec ses réminiscences, ses souvenirs, ses mélancolies et ses nostalgies. Un exercice mental qui a tendance à ramener à la surface des émotions heureuses et à rendre présentes à l’esprit des personnes parties dans un autre monde et des événements révolus. Et généralement, la mémoire, avec le temps, ne garde que les bons souvenirs. Elle a cette facilité d’embellir les personnes, les lieux, les circonstances, et de les montrer sous un jour meilleur et beaucoup plus favorable.

Notre monde actuel est bourré de tracas, d’appréhensions et même d’incompréhensions. La liste est tellement longue qu’il est préférable de ne pas avoir à les énumérer. Sans parler, soit dit en passant, du contexte actuel du Liban où les angoisses et les préoccupations sont décuplées à vue d’œil, au regard de plusieurs facteurs connus, dont le principal est la persistance, mordicus, de la caste actuelle au pouvoir. En effet, il s’agit bel et bien d’une caste, avec toutes ses caractéristiques. Nous sommes face à une coalition fermée, inepte et inapte, qui occupe une place prépondérante dans la hiérarchie politique, qui est, de surcroît, extrêmement jalouse de ses privilèges et prérogatives.

Pour revenir à l’insouciance, il faut préciser, à tout prix, que le concept de l’insouciance est distinct de celui de l’indifférence. L’insouciance peut généralement être due au fait que les sources de tracas sont minimes et ne méritent pas grande préoccupation, tandis que l’indifférence, c’est lorsqu’on a une attitude apathique face aux problématiques existantes qui méritent impérativement et d’urgence une solution appropriée.

Donc, en ce qui concerne l’insouciance, c’est choisir volontairement de prendre le parti de se détendre en optant délibérément pour une nouvelle vie, loin des tracas, des ennuis, des contrariétés et des désagréments de chaque jour.

La vie, en fait, n’est-elle pas en relation avec le changement ? Et rester immobile ne correspond pas, quelque part, à ne plus évoluer ? Et qui a dit que les rêves ne sont pas faits pour être réalisés ?

Il paraît qu’au même titre que le besoin de survie, de liberté et d’appartenance, les rêves font, eux aussi, partie de nos besoins et contribuent, sans aucun doute, à notre développement et à notre épanouissement.

Michel Antoine AZAR

Avocat à la cour

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Dans le précédent texte portant le même titre et publié dans L’Orient-Le Jour du jeudi 8 février 2024, il a été question de ce désir de faire un grand chambardement de vie. Changer de cadre, de profession, de panorama et d’horizon. Opérer donc une métamorphose complète de vie et d’avenir. À trop réfléchir sur le sujet, il a fallu se demander pourquoi ce sentiment nous saisit....

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