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Moyen-Orient - Guerre à Gaza

Après l'attaque du Hamas, le "contrat rompu" entre Israël et ses citoyens

« Le 7 octobre, quoi qu'on fasse, Israël a perdu. On a perdu la confiance. Israël a fait une erreur colossale (...) sur le plan de la sécurité, des renseignements, et de l'armée », dit la fondatrice d'un mouvement de femmes de toutes religions pour la paix.

Un cycliste passant devant un mur sur lequel ont été affichés des portraits d'otages israéliens aux mains du Hamas, à Jérusalem, le 12 février 2024. Photo AFP/AHMAD GHARABLI

Marie-Lyne Smadja a survécu à trois attentats depuis son installation en Israël. Mais l'attaque du Hamas a, pour la première fois, remis en question sa certitude d'être protégée par l'État, pourtant fondé sur la garantie d'offrir la sécurité à ses citoyens.

« Le 7 octobre, quoi qu'on fasse, Israël a perdu. On a perdu la confiance. Israël a fait une erreur colossale (...) sur le plan de la sécurité, des renseignements, et de l'armée », dit cette Franco-Israélienne arrivée en Israël il y a plus de 40 ans, fondatrice d'un mouvement de femmes de toutes religions pour la paix, Women Wage Peace. « J'ai peur », résume-t-elle, interrogée par l’AFP à Tel-Aviv sur une place du centre-ville devenue la « place des otages », quartier général des familles des personnes kidnappées par les commandos du Hamas le 7 octobre et retenues dans la bande de Gaza. Chaque semaine, des manifestations y appellent à leur libération.

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Le 14 mai 1948 à Tel-Aviv, la proclamation par David Ben Gourion de « la création d’un État juif en terre d’Israël » s'inscrivait dans l'immédiat après-guerre en Europe où six millions de juifs furent exterminés. Pour beaucoup, encore aujourd'hui, Israël fait figure de refuge.

« Abandonnés »
Mais pour des familles de victimes, le 7 octobre, l’État les a « abandonnés ».

Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est « le deal entre les citoyens et leur pays », a lancé lors d'un samedi de manifestations Carmit Palty Katzir, soeur d'un otage toujours retenu et fille d'une otage libérée à la faveur d'une trêve fin novembre. « Dans ce deal, on s'enrôle dans l'armée, on travaille, on développe les zones restées sauvages (du pays), on élève nos enfants près de la frontière (avec la bande de Gaza)... En retour, l’État nous fournit la sécurité et (nous garantit) la vie. Le 7 octobre, ce contrat a été rompu », a-t-elle estimé.

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Le collectif des familles d'otages a adopté cette formule : « Si nous les sauvons, nous sauvons l'État d'Israël ».

Tôt lundi, deux otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée israélienne à Rafah (sud), portant à 130 le nombre de personnes toujours détenues dans la bande de Gaza.

Depuis des semaines, un projet de nouvelle trêve entre le Hamas et Israël est en négociation, incluant au moins six semaines de cessez-le-feu et un retour des otages assorti de la libération de prisonniers palestiniens détenus par Israël, selon une source au sein du mouvement palestinien proche des médiateurs égyptiens et qataris. Mais les discussions semblent encore loin d'aboutir. Et le sort des otages hante la société.

L'attaque du 7 octobre, menée par des commandos du Hamas, a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes du côté israélien, en majorité des civils tués le 7 octobre, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens. L'offensive de l'armée israélienne à Gaza, qui vise à « détruire le Hamas », a fait plus de 28.300 morts palestiniens, selon le ministère de la Santé du Hamas.

L'armée israélienne a fait état de la découverte de documents évoquant des « années de préparation » des combattants palestiniens, au nez et à la barbe des services de renseignement, jusque-là réputés parmi les meilleurs au monde.

« Un tournant »
D'autres éléments ont « terni l’image de l’État aux yeux de la société », estime Nitzan Perelman, doctorante en sociologie politique au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS). Elle souligne ainsi « l’incapacité de l'armée à réagir » et « un grand nombre d’institutions étatiques » qui n'ont « pas été en mesure de fournir des services aux citoyens » après l'attaque. Elle y voit « une rupture significative, un tournant ».

Une étude souligne par ailleurs que l'État avait « abandonné financièrement » des localités en lisière de la bande de Gaza, où plusieurs kibboutz et un festival de musique techno ont été le théâtre de massacres le 7 octobre.

Selon l’Adva, le groupe de recherche israélien sur le développement économique et social qui a mené cette étude, le budget gouvernemental alloué à ces localités a chuté à la suite des élections législatives de 2022, qui ont vu Benjamin Netanyahu revenir au pouvoir.

Les dotations budgétaires pour le développement et la sécurité de ces localités, visées depuis des années par des roquette tirées depuis la bande de Gaza, sont ainsi passées de 137,8 millions de shekels (environ 35 millions d'euros) en 2022 à 99 millions de shekels (25 millions d'euros) pour 2023-2024.

« Ces familles ont abandonné des vies plus faciles ailleurs par amour d’Israël. Leurs enfants ne connaissent que les tirs et deux sortes d'alerte : +routine/urgence+ ou +pluie de roquettes+ », note Marie-Lyne Smadja. « On disait de ces familles qu’elles avaient une très forte résilience. Aujourd’hui, elles ne veulent plus entendre parler de ce mot ». « Mais l'histoire n'est pas finie », assure-t-elle. « Il faut d'abord le retour des otages ». Et au niveau politique, « on fera les comptes après ».

Marie-Lyne Smadja a survécu à trois attentats depuis son installation en Israël. Mais l'attaque du Hamas a, pour la première fois, remis en question sa certitude d'être protégée par l'État, pourtant fondé sur la garantie d'offrir la sécurité à ses citoyens.« Le 7 octobre, quoi qu'on fasse, Israël a perdu. On a perdu la confiance. Israël a fait une erreur...

commentaires (4)

Israël commet un génocide avec la complicité hypocrite de l'occident. S'il est une victoire à mettre sur le compte d'Israël, c'est le capital record de haine que cet état raciste et sanguinaire a engrangé depuis 1948, et plus particulièrement depuis le 8 octobre!

Politiquement incorrect(e)

20 h 41, le 12 février 2024

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Commentaires (4)

  • Israël commet un génocide avec la complicité hypocrite de l'occident. S'il est une victoire à mettre sur le compte d'Israël, c'est le capital record de haine que cet état raciste et sanguinaire a engrangé depuis 1948, et plus particulièrement depuis le 8 octobre!

    Politiquement incorrect(e)

    20 h 41, le 12 février 2024

  • Israel a perdu certainement , et la sècuritè ira de mal en pis , surtout après l'extermination sauvage de la population civile de Gaza , comment voulez-vous ! Une génération nouvelle qui se jurera de venger les massacres par d'autres massacres naîtra et voudra elle-même exterminer le peuple israélien ! ce n'est pas ainsi qu'on devient humain !

    Chucri Abboud

    17 h 57, le 12 février 2024

  • Dire que démocratie peut s’appliquer à israel c’est comme dire noir, c'est blanc ! Pendant 75 ans + bientôt 150 jours, cette entité TERRORISTE, raciste et surtout OH combien sanguinaire est, et restera toujours étrangère à notre monde du Moyen-Orient : « La victoire est à portée de main. Nous allons prendre les derniers bataillons terroristes du Hamas et Rafah, qui est leur dernier bastion » disent ces assassins, Bravo. MAIS : La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est MOMENTANÉE. GANDHI

    aliosha

    17 h 09, le 12 février 2024

  • Vous devez avoir honte de diffuser un tel "délire" antisémite, alors que les terroristes du Hamas et l'Iran se sont ouvertement fixé pour objectif de détruire définitivement l'Etat démocratique d'Israel. Honte à vous. Plus personne ne doit vous lire à jamais. Il est question de condamnation sans limite et pas d'une prétendue "modération."

    Saab Edith

    16 h 28, le 12 février 2024

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