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Moyen-Orient - Guerre Israël - Hamas

Comment les familles des otages israéliens mettent la pression sur Netanyahu

Israël n'aurait pas négocié avec le Hamas un échange d'otages et de prisonniers sans l'influence des familles, et « leur pression peut mettre un terme à l'offensive israélienne », dit un expert. 

Comment les familles des otages israéliens mettent la pression sur Netanyahu

Des manifestants tentant de bloquer le passage d'aides humanitaires au poste-frontière de Kerem Shalom, entre Israël et la bande de Gaza. Photo AFP

Depuis des semaines, la pression monte sur le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, afin qu'il donne la priorité, avant toute autre considération, à la libération des 132 otages encore détenus à Gaza depuis l'attaque du 7 octobre 2023 menée par le mouvement Hamas. Le décompte comprend les corps de 28 otages qui auraient été tués lors des bombardements israéliens dans la bande de Gaza et par l'armée israélienne qui les a pris pour des « combattants du Hamas ».

Dans ce contexte, la visite du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, au Caire, où il doit examiner en cette fin de semaine la proposition de ce que plusieurs rapports décrivent comme une trêve de six semaines et un échange d'otages, devrait être suivie de près par les familles des otages.

Blocage des aides, prise d'assaut de la Knesset

Les familles des otages ont intensifié leurs méthodes de protestation au cours des dernières semaines. Certaines ont régulièrement entravé l'entrée de l'aide humanitaire destinée aux Palestiniens de la bande de Gaza par le point de passage de Kerem Shalom, afin d'exiger le retour de leurs proches. Ces manifestations sont organisées par le mouvement « Tzav 9 » (« Ordre 9 »), qui regroupe des membres de ces familles.

« Je lance un appel à tous les citoyens : venez au point de contrôle et arrêtez cette aide humanitaire avec vos corps ... Les otages, eux, ne reçoivent aucune aide humanitaire », a déclaré lors de l'un de ces sit-in Dany Elgart, un frère d'Itzik Elgart, qui est retenu en otage à Gaza, cité par le quotidien israélien Haaretz. Le 18 janvier, des médicaments destinés aux otages étaient toutefois entrés à Gaza dans le cadre d'un accord entre Israël et le Hamas négocié par le Qatar.

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Outre ces blocages, le 22 janvier, une vingtaine de membres de familles d'Israéliens retenus dans la bande de Gaza avaient pris d'assaut une réunion de la commission des Finances de la Knesset à Jérusalem en scandant : « Libérez-les maintenant ! » Ils avaient demandé au gouvernement israélien de faire davantage pour assurer la libération de leurs proches, alors que les combats à Khan Younès, dans le sud de Gaza atteignaient des niveaux sans précédent. Une femme, dont les trois membres de la famille ont été enlevés par le Hamas, avait lancé : « J'aimerais en récupérer un seul vivant, un sur trois. » D'autres manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Vous ne resterez pas assis ici pendant qu'ils meurent là-bas. »

Craintes pour la sécurité des otages

Certaines familles des otages craignent que le sort de leurs proches ne passe après l'objectif d'Israël de « détruire le Hamas », et semblent intensifier leur approche en vue d'un nouvel échange.

Au moins 28 otages seraient morts à Gaza, dont trois hommes qui ont été abattus par des soldats israéliens après s'être échappés et avoir demandé de l'aide aux troupes. En outre, l'armée israélienne a déclaré la semaine dernière que trois otages, dont les corps ont été retrouvés dans la région de Jabalia en décembre, pourraient avoir été tués par « une frappe aérienne israélienne sur un tunnel du Hamas ». 

Lors des rassemblements pour réclamer la libération des otages, les appels à des élections se sont en outre multipliés, tandis que certaines familles se sont rendues aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Égypte pour tenter d'obtenir un accord avec le Hamas en vue de la libération de leurs proches.

Sentiment anti-guerre

L'Orient Today s'est entretenu avec Imad Salamey, professeur associé en affaires politiques du Moyen-Orient à la Lebanese American University, qui a déclaré que l'atmosphère en Israël était fortement impactée par les appels à donner la priorité au retour des otages. « La pression monte sur Netanyahu pour qu'il négocie », poussé par les demandes des familles de mettre un terme aux bombardements qui pourraient mettre en danger la vie des otages. Il y a également « un sentiment anti-guerre croissant en Israël, ce qui crée un obstacle à l'objectif militaire de démanteler le Hamas ». Cet objectif nécessite encore du temps à Tel-Aviv, malgré la destruction d'infrastructures du Hamas dans l'enclave palestinienne.

Selon l'expert, Israël n'aurait pas négocié avec le Hamas un échange d'otages sans l'influence des familles, et « leur pression peut mettre un terme à l'offensive israélienne ».

Dans le courant de la semaine, le leader du Hamas Ismaïl Haniyeh a déclaré que le Hamas étudie la dernière proposition de trêve soumise par les négociateurs à Paris, mais que la priorité était le « retrait total » des forces israéliennes de Gaza et un cessez-le-feu à long terme. Jeudi soir, le Qatar, principal médiateur avec l'Égypte entre les parties belligérantes, avait fait état d'une avancée dans les négociations. 

Des obstacles importants

Toutefois, selon Imad Salamey, le fait que le Hamas réclame, dans le cadre d'un accord, la libération de prisonniers palestiniens en échange de celle des otages israéliens, constitue un « obstacle important » aux tractations, bien que le Hamas semble dernièrement privilégier une trêve plutôt qu'un échange de prisonniers. Ces deux conditions étaient réclamées par le groupe palestinien pour apparaître comme victorieux.

De son côté, Israël souhaite également obtenir un maximum de ces négociations. « La libération des otages israéliens est considérée comme un élément-clé du succès, explique M. Salamey. Cependant, le coût de la libération des prisonniers palestiniens est perçu comme élevé, et Israël est réticent à reconnaître le Hamas comme un partenaire de négociation sur un pied d'égalité. »

Depuis des semaines, la pression monte sur le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, afin qu'il donne la priorité, avant toute autre considération, à la libération des 132 otages encore détenus à Gaza depuis l'attaque du 7 octobre 2023 menée par le mouvement Hamas. Le décompte comprend les corps de 28 otages qui auraient été tués lors des bombardements...
commentaires (2)

Ecœurante cette photo d'Israéliens hilares et bien nourris assis à la frontière de l'horreur, comme à une kermesse!

Politiquement incorrect(e)

15 h 52, le 02 février 2024

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Commentaires (2)

  • Ecœurante cette photo d'Israéliens hilares et bien nourris assis à la frontière de l'horreur, comme à une kermesse!

    Politiquement incorrect(e)

    15 h 52, le 02 février 2024

  • Ils vont se noyer dans les larmes et le sang des Palestiniens.

    Jack Gardner

    14 h 24, le 02 février 2024

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