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Santé - Journée mondiale

Cancer : chiffres-clés et repères d’un fléau en expansion

Voici six données-clés sur le cancer diffusées par l’Organisation Mondiale de la Santé à l’occasion de la journée mondiale.

Le cancer du poumon est l’un des trois cancers les plus fréquemment détectés. Photo d’illustration Bigstock

Vingt millions de nouveaux cas en 2022, près de 10 millions de morts, poumons, seins et côlon premiers organes touchés : six données-clés sur le cancer diffusées la semaine dernière par l’OMS à l’occasion de la journée mondiale organisée dimanche 4 février.

20 millions de nouveaux cas
Cette maladie caractérisée par la prolifération de cellules malignes touche les cinq continents et toutes les catégories de population, même si les plus âgés sont bien plus souvent touchés.

L’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) spécialisée dans cette maladie, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), estime à 19,96 millions le nombre de cancers diagnostiqués à l’échelle mondiale en 2022.

Selon des données issues de 185 pays, le CIRC anticipe une hausse de 50 % du nombre annuel de nouveaux cas diagnostiqués entre 2022 et 2040 (environ 30 millions), et de 77 % entre 2022 et 2050 (35 millions anticipés).

En moyenne, une personne sur cinq développera un cancer durant son existence, anticipe le docteur Freddie Bray, chef de l’unité surveillance du cancer du CIRC.

« L’augmentation rapide de la charge mondiale du cancer reflète à la fois le vieillissement et la croissance de la population, ainsi que les changements dans l’exposition des personnes aux facteurs de risque », selon le CIRC, citant le tabac, l’alcool, l’obésité et la pollution de l’air comme « facteurs-clés de l’augmentation de l’incidence ».

Selon l’institut américain IHME (Institut pour la mesure et l’évaluation de la santé), le nombre de cancers dans le monde affichait en 2019 une progression de plus de 25 % sur la décennie.

Fortes disparités géographiques
L’Asie concentre près de la moitié des cas détectés en 2022 d’après le CIRC (9,8 millions), chiffre logique si on considère que plus de la moitié de la population mondiale vit dans cette région.

Moins logique au regard du poids démographique, l’Europe (au sens large, Russie incluse) concentre à elle seule près du quart des diagnostics (4,5 millions).

Ce trait s’explique par « des taux d’incidence record pour des cancers répandus comme ceux de la prostate et du sein dans de nombreux pays européens », explique le Dr Bray.

À l’inverse, moins de 6 % des cas mondiaux sont détectés en Afrique qui concentre pourtant près de 20 % de la population mondiale : c’est dans cette région, où la population est particulièrement jeune, que les taux de survenue des cancers sont les plus faibles à l’exception du cancer du col de l’utérus.

Une affaire d’âge
Le cancer frappe principalement les plus âgés : les trois quarts des diagnostics concernent les plus de 55 ans.

À l’inverse, les moins de 29 ans représentent à peine plus de 3 % des cancers dépistés, alors qu’ils comptent pour près de 50 % de la population mondiale.

Le cancer peut apparaître à tout âge mais le risque croît fortement avec le vieillissement en raison des changements cellulaires, moléculaires et physiologiques liés à l’âge, en particulier l’accumulation de mutations d’ADN favorables à cette maladie.

Près de 10 millions de morts
Le nombre de morts du cancer a été évalué à 9,74 millions pour l’année 2022 par le CIRC qui anticipe une hausse de près de 90 % des décès d’ici à 2050.

Cette maladie est la deuxième cause de mortalité dans le monde, derrière les maladies cardiovasculaires.

Le continent asiatique concentre de loin le plus grand nombre de morts par cancer : 56 % du total devant l’Europe (Russie incluse – 20 %) suivi de l’Amérique latine, l’Afrique et l’Amérique du Nord (environ 7 % pour chacune de ces régions).

Maladie genrée ?
Le cancer tue davantage les hommes que les femmes : sur 100 décès, en moyenne 56 sont des hommes pour 44 femmes.

Explication principale : le cancer du poumon tue le plus avec 1,8 million de morts en 2022 et ce sont les hommes, historiquement plus gros fumeurs, qui sont les premiers touchés.

« Mais les femmes souffrent presque tout autant du cancer globalement, et souvent de manière plus précoce » souligne le Dr Bray.

Poumon, sein, côlon
Les trois cancers les plus fréquemment détectés dans le monde sont celui du poumon (2,5 millions de cas – 12,4 % du total des cancers diagnostiqués), du sein (2,3 millions de cas – 11,6 %) et le cancer colorectal (1,9 million de cas – 9,6 %).

En termes de mortalité, le cancer du fumeur prédomine avec 18,7 % des décès, devant le cancer colorectal (9,3 %), du foie (7,8 %) et du sein (6,9 %).

La recherche publique, moteur de l’innovation
Les instituts de recherche publique et les universités jouent un rôle croissant dans l’innovation liée au cancer, principalement aux États-Unis, constate l’Office européen des brevets (OEB) dans une récente étude.
Entre 2002 et 2021, les universités et organismes publics ont été à l’origine de « près d’un tiers des demandes de brevets liées au cancer » dans le monde, signe que la manière dont ces innovations arrivent sur le marché est en train de changer, selon cette étude de l’OEB dont le siège est à Munich (Allemagne).
En France, l’Inserm et le CNRS se distinguent, se classant respectivement troisième et septième au niveau mondial parmi les dix principaux établissements qui ont émis une demande de brevet sur 2017-2021.
« L’innovation passe par la recherche fondamentale. Même les plus grandes entreprises pharmaceutiques ne sont pas capables d’embrasser tous les défis technologiques. Elles doivent donc s’appuyer sur la recherche universitaire » préclinique, explique Yann Ménière, chef économiste de l’OEB.
Cette tendance incite les institutions scientifiques à déposer des brevets pour protéger leurs innovations avant de les transférer à l’industrie qui se charge plus généralement de la dernière étape avant la mise sur le marché du produit, celle qui est aussi la plus coûteuse et la plus risquée.
Selon ce rapport, les États-Unis, qui disposent d’un grand vivier de startup dédiées à la santé à proximité de pôles universitaires d’excellence, restent en tête de l’innovation mondiale dans le domaine du cancer : depuis 20 ans, ils concentrent près de la moitié de toutes les demandes de brevets. L’avance américaine s’est accentuée depuis 2015.
Parmi les pays européens, l’Allemagne a conservé la première place du classement au cours de ces deux décennies, devant le Royaume-Uni et la France.
Environ un tiers des inventions européennes sont issues de pays situés en dehors de l’Union européenne, notamment en Suisse et au Royaume-Uni, précise M. Ménière.
En 2021, les brevets internationaux uniquement liées au cancer représentaient plus de 3 % des brevets mondiaux, selon l’OEB. « On observe une forte hausse des dépôts de brevets dans l’oncologie sur la dernière décennie avec quasiment un taux de croissance de 9 % annuel » depuis 2015, souligne Yann Ménière.
Cette croissance est due, selon l’OEB, à l’accélération des nouvelles technologies dans les traitements du cancer, telles que l’immunothérapie et la thérapie génique, mais aussi dans le domaine du diagnostic.
Vingt millions de nouveaux cas en 2022, près de 10 millions de morts, poumons, seins et côlon premiers organes touchés : six données-clés sur le cancer diffusées la semaine dernière par l’OMS à l’occasion de la journée mondiale organisée dimanche 4 février.20 millions de nouveaux casCette maladie caractérisée par la prolifération de cellules malignes touche...
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