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Nos lecteurs ont la parole

Triste bilan de la guerre en Ukraine

Pendant que des milliers de Palestiniens à Gaza sont tués dans le cadre de la guerre contre le Hamas, une autre guerre, de haute intensité, se déroule en Europe entre la Russie, pays agresseur, et l’Ukraine, pays agressé. Le 24 février 2022, la Russie, sur ordre de Vladimir Poutine, a envahi l’Ukraine. Le premier objectif des Russes était l’annexion de l’est et du sud de l’Ukraine, plus précisément des provinces du Donbass et de la région d’Odessa. Le second objectif était d’installer un gouvernement prorusse à Kiev avec le « concours » de l’armée russe.

L’armée ukrainienne a résisté et les Russes ont été repoussés, mais ils ont réussi à maintenir et à renforcer leurs positions dans le Donbass, ce qui leur a permis de faire de la mer d’Azov une mer intérieure russe et de considérer que le Donbass leur était définitivement acquis.

Cette opération militaire constitue une violation des traités internationaux, traités dont la Russie devait être la garante en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Ukraine a résisté grâce à la détermination et au sacrifice de son peuple et grâce aussi aux armements que lui ont livrés les États-Unis et l’Europe. Pourtant, de nombreux pays ne souhaitent pas prendre position dans cette guerre. Ils s’opposent à la domination américaine du monde et ont en mémoire les nombreuses violations du droit et des conventions internationales par les USA.

Le bilan humain de la guerre menée par la Russie en Ukraine est catastrophique. Probablement 150 000 soldats de chaque côté si l’on compte les morts, les disparus et les mutilés de guerre à qui il manque une jambe, un bras, une main ou un pied. Sans compter ceux qui garderont des séquelles psychiques à vie. Merci Vladimir Poutine !

La Russie utilise le chantage à l’arme nucléaire pour dissuader les États-Unis et l’Europe d’intervenir directement dans le conflit afin d’aider l’Ukraine à reprendre possession de l’intégrité de son territoire. Ce chantage s’exerce sur les populations civiles et concerne l’ensemble des citoyens du monde. La banalisation de cette arme par le pouvoir et les médias russes est particulièrement inquiétante.

Il est vrai aussi que la Russie se sent encerclée et menacée par l’OTAN. Cette inquiétude est compréhensible et c’est la raison pour laquelle à mon avis l’Ukraine aurait tout à gagner si elle adoptait un statut de neutralité militaire, à condition qu’on lui donne toutes les garanties nécessaires à l’exercice de sa pleine souveraineté. Sur ce point, je suis d’accord avec l’ancien président Sarkozy qui pense que l’Ukraine pourrait ainsi devenir un pont entre l’Europe et la Russie.

Le problème est que la Russie n’a pas respecté le mémorandum de Budapest qu’elle avait signé en décembre 1994 et qui reconnaissait la souveraineté et l’intégrité des frontières de l’Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan en échange du renoncement de ces trois pays à l’arme nucléaire et du transfert de ces armements vers la Russie. Comment, aujourd’hui, l’Ukraine pourrait-elle avoir confiance dans un pays qui ne respecte pas sa parole et ses engagements ? Il faudrait que le régime politique russe change de nature et que la Russie prenne sa place dans le concert des nations démocratiques et respectueuses des droits de l’homme en cessant, par exemple, de maltraiter les personnes qui ont exprimé leur désapprobation de la guerre ou en libérant les prisonniers politiques comme Vladimir Kara-Mourza ou Alexeï Navalny qui se trouvent aujourd’hui sous les verrous parce qu’ils expriment des opinions politiques qui ne conviennent pas au régime en place.

La guerre décidée par Poutine n’a apporté que la mort, le malheur et la souffrance en Ukraine. La Russie a détruit de nombreux silos à blé dans la région d’Odessa et sur les bords du Danube. Une partie des meilleures terres d’Ukraine, réputée pour être le grenier à blé de l’Europe et du monde, ont été polluées par les mines et les bombes. La circulation des bateaux commerciaux dans la mer Noire a été entravée. Ces actions ont provoqué une augmentation du prix du blé sur les marchés mondiaux et la Russie, exportatrice de blé, en a profité au détriment de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Aujourd’huin, la Russie et l’Ukraine sont loin d’un accord de cessez-le-feu et l’ouverture de négociations en vue d’un plan de paix n’est pas à l’ordre du jour. Le président russe n’a pas renoncé à ses buts de guerre : « dénazifier l’Ukraine », c’est-à-dire installer un gouvernement prorusse à Kiev, « démilitariser l’Ukraine », c’est-à-dire détruire son armée, et, bien sûr, conquérir Odessa et sa région.

L’Ukraine, qui a sacrifié le sang de ses hommes pour se défendre, n’a pas d’autre choix que de poursuivre la guerre. Elle ne peut oublier ce que la Russie lui a fait subir : les déportations d’enfants, les exécutions sommaires de Boutcha, les tortures, les bombardements d’infrastructures civiles visant à priver les Ukrainiens d’électricité et à casser l’économie du pays. Ses enfants ne sont pas morts pour rien !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Pendant que des milliers de Palestiniens à Gaza sont tués dans le cadre de la guerre contre le Hamas, une autre guerre, de haute intensité, se déroule en Europe entre la Russie, pays agresseur, et l’Ukraine, pays agressé. Le 24 février 2022, la Russie, sur ordre de Vladimir Poutine, a envahi l’Ukraine. Le premier objectif des Russes était l’annexion de l’est et du sud de l’Ukraine, plus précisément des provinces du Donbass et de la région d’Odessa. Le second objectif était d’installer un gouvernement prorusse à Kiev avec le « concours » de l’armée russe. L’armée ukrainienne a résisté et les Russes ont été repoussés, mais ils ont réussi à maintenir et à renforcer leurs positions dans le Donbass, ce qui leur a permis de faire de la mer d’Azov une mer intérieure russe et de considérer...
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