Maître absolu de nos existences,
Tyran invisible et impitoyable,
Qui jamais ne recule et toujours avance
Impassible et inarrêtable,
Soumettant tout sur son passage inéluctable,
Sensible, mais insaisissable.
C’est lui qui prend et lui qui donne,
Lui qui régit, lui qui ordonne,
Lui qui retarde et lui qui avance,
Vainqueur de toutes les courses quelle que soit la distance,
Il est le départ et l’arrivée,
On a beau le fuir ou lui courir après,
Il nous rattrape toujours, on ne le rattrape jamais.
C’est toujours lui qui mène la danse,
Il est le rythme, les cadences,
L’éternité, les toujours, les jamais,
On dit chez nous qu’il court, ou qu’il est comme l’épée,
Qu’il tranche et qu’on ne peut pas l’arrêter,
D’ailleurs c’est lui qui sépare, ou lie
On dit aussi qu’il répare, soigne, guérit.
Il est le soleil, les nuages, la pluie
Les orages,
Il est la substance des âges,
Il creuse les rides sur les visages,
C’est lui qui façonne, lui qui polit,
Lui qui crée, conserve, détruit.
Tantôt allié, tantôt ennemi,
Toujours traître
On a beau le connaître,
Et le mesurer,
C’est lui qui nous toise,
Et nous sommes tous sous son emprise
Seul s’en libère un peu,
Celui qui, heureux, le méprise.
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