L'écrivain Olivier Rohe. Photo Dr
« Ce roman est un livre à vif, un chant épique bouleversant ». C’est par ces mots que le jury du Prix France-Liban de l’ADELF, l'Association des écrivains de langue française, a désigné son roman lauréat de l’édition 2023, Chant Balnéaire, (Éditions Allia), d’Oliver Rohe.
Chant balnéaire raconte un épisode de la guerre civile libanaise vécue du point de vue d’un adolescent, de père allemand et de mère libanaise d'origine arménienne, alors qu’il s’est réfugié dans un bungalow de bord de mer avec sa mère et sa sœur, fuyant les combats qui font rage à Beyrouth. « Dans un récit âpre et tendu, au moyen d’une langue réinventée pour être au plus près de l’événement et des mots qui le disent, Oliver Rohe compose ici un texte brutal et émouvant, exigeant et radical, qui restitue le vécu de la guerre au plus près de sa vérité, de ses peurs et de ses violences », indique le jury dans un communiqué.
Présidé depuis 2016 par Georgia Makhlouf, le jury a par ailleurs attribué une mention spéciale à l’essai de Céline Regnard « En transit » paru aux Éditions Anamosa, expliquant son choix par les termes suivants : « Dans son ouvrage riche d’une impressionnante documentation, Céline Regnard fait un choix original, celui de travailler sur l’entre-deux de l’expérience migratoire, des années 1880 à la Première guerre mondiale et, outre les migrants eux-mêmes, donne à voir une multitude d’acteurs qui gravitent autour d’eux, dans les villes-ports concernées : logeurs, passeurs, pisteurs, bateliers mais aussi médecins et policiers. Cette étape du transit constitue le premier moment de contact entre ces migrants et les populations occidentales, et elle va provoquer la production de représentations de l’autre et une relecture de l’image de soi. Outre sa résonance avec l’actualité, ce livre propose une véritable poétique du transit et des façons de l’habiter ».
Avec le soutien de la Fondation Boghossian dont le siège se trouve à la villa Empain à Bruxelles, le lauréat recevra 4 000 euros. La remise officielle du Prix aura lieu le 13 janvier 2024 et fera suite à une rencontre avec les quatre finalistes à l’Institut du Monde Arabe.
Ces finalistes sont, outre les deux mentionnés ci-dessus : Sandra Barrère pour Écrire une histoire tue : le massacre de Sabra et Chatila dans la littérature et l’art (Classiques Garnier, 2022) et Hala Moughanie pour Il faut revenir (Editions Project’îles, 2023).
Les membres du jury sont, outre sa présidente, Carmen Boustany, Albert Dichy, Valérie Marin La Meslée, Abdallah Naaman et Bahjat Rizk. Depuis l’édition 2022, le lauréat est invité à rejoindre le jury et à participer à ses choix pendant un an ; Sélim Nassib, lauréat de l’an dernier avec son roman Le tumulte paru aux Éditions de l’Olivier, s’est donc associé aux délibérations.


