Je n’oublie pas mon Noël à Beyrouth.
Moi, petite Parisienne, j’avais annoncé à mes proches, « je veux visiter le Liban ».
Et tout le monde m’avait demandé, interloqué : « Quoi ? Pourquoi le Liban ? »
« Et pourquoi pas ? » avais-je répondu, sur le même ton.
Aujourd’hui, j’ai la réponse.
Le Liban parce que les rires sont mêlés de tristesse et la tristesse teintée de rires. La mélancolie est tournée vers le futur et le futur mélancolique. Le Liban parce que les paradoxes !
Le Liban parce que, même quand les gens y ont les poches vides, ils gardent le cœur plein.
Je ne suis pas tombée amoureuse du Liban, c’est le Liban qui m’est tombé dessus, rempli d’amour.
Le Liban et son amour désespéré, prêt à tous les sacrifices.
Le Liban est une maman qu’on oublie quand tout va bien et qui bouleverse nos cœurs quand il est malade.
J’ai été jusqu’aux hauteurs de Notre-Dame du Liban, et dans ce décor féerique, surnaturel, j’ai émis une prière silencieuse : « Mon Dieu, l’Univers, qui que tu sois, n’oublie pas la maman malade dont tu vois la couronne scintiller avec dignité, au bord de la Méditerranée. Et surtout, n’oublie pas ses enfants courageux, et n’en fais pas des orphelins. »
Depuis Paris, joyeux Noël aux Libanais, et à toutes les âmes en peine.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

