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Politique - Décryptage

Présidentielle : Frangié n’a toujours pas l’aval de Bassil


Alors que ce qu’on appelle désormais « l’affaire Joseph Aoun » occupe les milieux médiatiques et politiques, le dossier présidentiel s’infiltre discrètement. Des proches du président de la Chambre tâtent le terrain auprès de plusieurs parties politiques, pour voir s’il est possible de faire passer l’élection du candidat du tandem chiite, Sleiman Frangié, le plus rapidement possible, ce qui permettrait de rendre caduque toute la querelle autour du sort du commandement en chef de l’armée.


Il s’agirait en quelque sorte de revenir à la priorité principale qui reste l’élection d’un président de la République, reportée depuis près de 14 mois et qui divise les Libanais, en dépit des pressions et des injonctions étrangères. Les parties proches de Aïn el-Tiné estiment ainsi qu’il serait temps de surmonter les conflits et de procéder à l’élection présidentielle tant attendue, au cours des prochaines semaines, c’est-à-dire avant le passage à la retraite du chef de l’armée prévu le 10 janvier. Une fois le président en place au palais de Baabda, les tractations devraient commencer pour la désignation d’un nouveau président du Conseil et pour la formation d’un nouveau gouvernement, lequel aurait pour première mission de procéder aux nominations importantes, en tête desquelles celle d’un nouveau commandant en chef de l’armée. Comme il s’agira d’un nouveau mandat présidentiel qui commence traditionnellement dans un contexte positif, ce processus ne devrait pas prendre beaucoup de temps et même si, entre-temps, le poste de commandant en chef se trouve vacant, cela sera pour une courte période et dans une perspective de nomination rapide. De la sorte, toute la querelle au sujet du général Joseph Aoun n’aura plus lieu d’être et le Liban pourra entamer une nouvelle période, loin des clivages de plus en plus aigus.


Cela peut paraître comme un scénario utopique, mais il serait en train d’être sérieusement étudié et préparé par les proches de Aïn el-Tiné. Selon eux, il en aurait été question avec le chef druze Walid Joumblatt, et surtout avec le chef du PSP Teymour Joumblatt, qui avait déclaré à plusieurs reprises qu’il pourrait participer à une séance électorale, sans toutefois voter en faveur de Sleiman Frangié. Ce qui signifie que le quorum requis des deux tiers des députés pourrait être assuré, mais il faudra encore songer à réunir la majorité requise pour l’élection d’un président.


C’est là que les yeux se tournent vers le Courant patriotique libre et son chef Gebran Bassil. C’est de lui que dépendra en effet le sort de l’élection de Sleiman Frangié. D’une part, son aval donnerait à ce dernier la couverture parlementaire chrétienne nécessaire, selon le principe du partenariat et de l’équilibre confessionnel en vigueur dans le système libanais, et d’autre part, son bloc parlementaire lui donnerait le nombre de voix nécessaire à son élection.


Le scénario de l’appui de Bassil à l’élection de Frangié circule depuis quelque temps en réalité, surtout depuis qu’il est question des chances grandissantes du général Joseph Aoun, devenu rapidement le favori de plusieurs parties libanaises, mais aussi de plusieurs parties étrangères, arabes et occidentales. Le scénario a même été conforté par la visite de Gebran Bassil à Bnechaï chez le chef du courant des Marada au début de la guerre à Gaza, dans un souci de resserrer le front interne face au danger que représente cette guerre pour le Liban tout entier. Cette rencontre, qui avait été qualifiée de cordiale, avait immédiatement poussé certains médias à affirmer que Bassil a ainsi montré qu’il serait prêt à accepter l’élection de Frangié à la présidence, officiellement pour protéger le pays et le doter d’un président ayant l’appui du tandem chiite dans une période aussi délicate, mais officieusement pour écarter le général Joseph Aoun de la présidentielle.


Ce projet revient aujourd’hui sur le tapis de façon pressante avec la nécessité de parer à toute vacance à la tête de l’armée, surtout en l’absence d’un président de la République, alors que de grands changements se dessinent dans la région. Et les contacts se multiplient discrètement dans ce but. Mais contrairement à toutes les rumeurs et à toutes les analyses, le chef du CPL continue d’affirmer, selon ses proches, qu’il n’est pas question pour lui de voter pour Frangié à la présidence. Leur dernière rencontre n’a rien changé à cette décision, ni les circonstances de plus en plus compliquées, ni même les promesses qui pourraient lui être faites. Il n’a jamais été question pour lui d’adopter une politique du « moins mauvais scénario », mais plutôt d’agir « selon ses principes et ses convictions ». Le chemin de Baabda qui passe par Bassil n’est donc pas praticable pour Frangié.

Alors que ce qu’on appelle désormais « l’affaire Joseph Aoun » occupe les milieux médiatiques et politiques, le dossier présidentiel s’infiltre discrètement. Des proches du président de la Chambre tâtent le terrain auprès de plusieurs parties politiques, pour voir s’il est possible de faire passer l’élection du candidat du tandem chiite, Sleiman Frangié, le plus...

commentaires (4)

Très bien décrypté comme d'habitude

Hitti arlette

21 h 05, le 08 décembre 2023

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Très bien décrypté comme d'habitude

    Hitti arlette

    21 h 05, le 08 décembre 2023

  • Vous pensez pas c’est de la comédie de la part de Bassil ?

    Eleni Caridopoulou

    18 h 19, le 08 décembre 2023

  • Bof... inutile à propos d'inutiles ...

    Wlek Sanferlou

    14 h 42, le 08 décembre 2023

  • L,IGNORANCE CONTRE LA NULLITE !

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 31, le 08 décembre 2023

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