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Nos lecteurs ont la parole

La morale du monde gréco-romain : fin d’une épopée...

Le monde, souvent qualifié de civilisé, est le témoin silencieux de massacres qui se déroulent sous ses yeux. Certains vont même jusqu’à soutenir l’agresseur, le criminel, ou du moins détourner le regard loin des atrocités qui font couler le sang de milliers de civils en criant à tue-tête des principes vides, basés sur une culpabilité bien méritée... 10 000, 11 000, 12 000, de simples chiffres que l’on égrène sans émotion, ne représentent plus des femmes, des enfants, des maris, des amoureux, des amis, des voisins, des collègues, des passants inconnus que nous rencontrons avec un sourire complice rappelant à tous que nous sommes semblables, que nous sommes simplement des êtres humains. Les images de dévastation, de douleur et de détresse sont insupportables. Et pourtant, la réaction de la communauté internationale est faible, pour ne pas dire lâche, indifférente et complice.

Où sont passés les héritiers de la pensée gréco-romaine, se targuant d’être les dépositaires de la démocratie, de la philosophie, de la culture, de la science ? Où sont passés les défenseurs des droits de l’homme, de la justice, de la paix, de la dignité humaine ?

Où sont passées les voix dénonçant l’injustice, l’oppression, l’occupation, le colonialisme, le racisme, l’apartheid ?

Où sont passés les actes témoignant de la solidarité, de la compassion, de l’empathie, de la fraternité ?

Le silence assourdissant de ces acteurs se prétendant les garants de la morale universelle est le signe de la fin de la morale du monde gréco-

romain. Cette morale, fondée sur l’idée que l’homme est un être rationnel capable de distinguer le bien du mal et de se conformer à des principes éthiques, s’étouffe silencieusement dans les coins perdus du capitalisme farouche, nouvelle religion du monde occidental depuis presqu’un siècle.

Cette morale, invoquée pour justifier les progrès de la civilisation, mais aussi pour légitimer les conquêtes, les guerres, les massacres, les génocides, les dominations, les exploitations. Une morale imposée comme une norme universelle, mais appliquée de manière sélective, selon les intérêts, les alliances, les préjugés, les idéologies. La morale est morte, face à la contestation d’autres morales, fondées sur d’autres sources, d’autres traditions, d’autres valeurs, d’autres visions du monde.

La fin de la morale signifie également la fin de la civilisation qui s’en est inspirée. Une civilisation prétendant être supérieure, universelle, exemplaire, mais en réalité violente, oppressive, exclusive, destructrice. Une civilisation croyant être éternelle, mais en réalité fragile, vulnérable, déclinante. Une civilisation refusant de reconnaître ses erreurs, ses fautes, ses crimes, mais qui doit aujourd’hui rendre des comptes, assumer ses responsabilités, réparer ses torts.

Serait-ce une opportunité pour inventer une nouvelle morale, plus humaine, plus universelle, plus inclusive, plus respectueuse ? Une morale ne se fondant pas sur la raison, mais sur le cœur. Une morale ne se réduisant pas à des principes, mais s’exprimant par des actions. Une morale ne s’imposant pas par la force, mais se partageant par le dialogue. Une morale ne se limitant pas à l’Occident, mais s’ouvrant à l’Orient, à l’Afrique, à l’Asie, à l’Amérique, à l’Océanie. Une morale ne se réclamant pas d’une seule tradition, mais s’enrichissant de la diversité des cultures, des religions, des philosophies, des sagesses.

La fin de l’épopée de la morale du monde gréco-romain est peut-être la fin de la race dite humaine ou, pour garder l’espoir, le début d’une vraie réalité, celle de la morale humaine.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Le monde, souvent qualifié de civilisé, est le témoin silencieux de massacres qui se déroulent sous ses yeux. Certains vont même jusqu’à soutenir l’agresseur, le criminel, ou du moins détourner le regard loin des atrocités qui font couler le sang de milliers de civils en criant à tue-tête des principes vides, basés sur une culpabilité bien méritée... 10 000, 11 000, 12 000, de simples chiffres que l’on égrène sans émotion, ne représentent plus des femmes, des enfants, des maris, des amoureux, des amis, des voisins, des collègues, des passants inconnus que nous rencontrons avec un sourire complice rappelant à tous que nous sommes semblables, que nous sommes simplement des êtres humains. Les images de dévastation, de douleur et de détresse sont insupportables. Et pourtant, la réaction de la...
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