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Moyen-Orient - Guerre Israël-Hamas

« Nous allons tous mourir » : à Gaza, les enfants sous le choc

Le conflit a jusqu’ici tué plus de 2 700 enfants.

« Nous allons tous mourir » : à Gaza, les enfants sous le choc

Des corps d’enfants, dont le nom est inscrit sur leurs jambes par leurs parents, reposent dans la morgue d’un hôpital à Deir el-Balah après une frappe aérienne israélienne sur Gaza, le 22 octobre 2023. Bashar Taleb/AFP

Un enfant palestinien arrive dans un hôpital de Gaza, le visage couvert de sang et de poussière. Traumatisé par un bombardement israélien, son corps chétif est en proie à des spasmes incontrôlés. Ses membres sont blessés. Son souffle entrecoupé. Le garçon claque des dents, le regard hagard. « Comment t’appelles-tu, mon enfant ? » lui demande un homme en le prenant dans ses bras, alors qu’un soignant tente de remplir sa fiche médicale. Des cris de douleur et de désespoir résonnent dans le couloir. Le garçon ne trouve pas ses mots. L’homme non plus.

Cette scène est devenue virale après la diffusion d’une vidéo réalisée par Mohammad Obied, journaliste dans la bande de Gaza. Il n’est précisé ni quand ni où elle a été tournée. L’Orient-Le Jour a tenté, en vain, d’entrer en contact avec son auteur. Mais elle met en lumière ce qui est devenu une évidence : les enfants paient un lourd tribut dans les bombardements israéliens sur Gaza. Les derniers bilans de l’Unicef font état de plus de 2 300 enfants tués depuis le 7 octobre dans l’enclave, et 5 364 blessés. Dans le contexte dramatique qui sévit à Gaza, la question de leur identification est devenue un sujet majeur. Conséquence : de plus en plus de parents écrivent au marqueur le nom de leurs enfants sur leur corps.


 Un « nouveau phénomène »

« Ce phénomène est nouveau à Gaza » et il est désormais recommandé par les médecins, explique le Dr Hussam Abou Safié, chef du département de pédiatrie à l’hôpital Kamal Adouane, situé dans le nord du territoire. « Beaucoup d’enfants sont portés disparus après les bombardements. Beaucoup d’autres arrivent aux hôpitaux défigurés. On ne peut plus savoir qui est mort et qui est encore en vie, d’où l’apparition de cette pratique qui facilite la tâche aux secouristes et aux soignants », souligne-t-il.

Cette mesure, apparue en Ukraine après l’invasion russe, est également recommandée dans les locaux servant de refuge aux Palestiniens. « Plus de 30 000 déplacés se trouvent actuellement dans des écoles transformées en abri, et les enfants s’y perdent souvent », indique Racha Abou Chaban, activiste humanitaire à Gaza. « Les responsables en charge des établissements ont donc demandé que le nom des mineurs soit inscrit sur leur corps », ajoute la trentenaire.

Selon le Hamas, le conflit a jusqu’ici tué 2 704 enfants sur un total de 6 546 morts. Un décompte qui ne prend en considération que les personnes admises dans les hôpitaux. Citant le ministère palestinien de la Santé à Gaza, l’ONG Defense for Children International indiquait ainsi dans un communiqué publié lundi que 830 enfants sont toujours coincés sous les décombres. Contacté par L’Orient-Le Jour, un porte-parole du ministère n’était pas joignable dans l’immédiat.

5 364 autres enfants sont blessés, précise l’Unicef, alors que les hôpitaux de Gaza sont en proie à une pénurie d’équipements médicaux et d’électricité. Un défi de taille dans une ville en pleine crise, mettant en danger la vie des personnes nécessitant une assistance médicale d’urgence.

« Nous allons tous mourir »

Comment réagissent les enfants dans ce contexte de guerre brutale ? À Gaza, Racha constate que beaucoup d’entre eux appréhendent la mort. « “Nous allons tous mourir, ils vont bombarder notre maison”, répète en boucle mon neveu depuis le début du conflit », raconte l’activiste. Réfugié dans une école après que son domicile a été touché par une frappe israélienne, Omar*, huit ans, connaît de sévères troubles du sommeil, poursuit-elle. « “La guerre est terminée ? Y a-t-il encore des bombardements ?” crie-t-il la nuit en sursautant sous sa couette. »

Wissam al-Maqusi, journaliste palestinien basé actuellement à Beyrouth pour poursuivre ses études et dont les neveux se trouvent à Gaza, avance le même constat. « Les enfants sont conscients de ce qui se passe. Ils voient leurs proches agoniser et mourir au quotidien », déplore-t-il. « Lorsque leurs parents ont inscrit leur nom sur leur corps, certains ont eu peur de mourir, d’autres y ont vu un signe d’espoir leur permettant de retrouver leur famille », souligne-t-il.

Dans son dernier rapport, l’Unicef tirait déjà la sonnette d’alarme, déplorant le fait que « presque tous les enfants de Gaza ont été exposés à des événements et à des traumatismes profondément pénibles ».

*Le prénom a été modifié.

Un enfant palestinien arrive dans un hôpital de Gaza, le visage couvert de sang et de poussière. Traumatisé par un bombardement israélien, son corps chétif est en proie à des spasmes incontrôlés. Ses membres sont blessés. Son souffle entrecoupé. Le garçon claque des dents, le regard hagard. « Comment t’appelles-tu, mon enfant ? » lui demande un homme en le prenant dans ses bras,...

commentaires (4)

On retient dans toutes ces horreurs qu’Israel a refusé de publier les photos insupportables de ses victimes de l’attentat terroriste par pudeur et par respect pour ses morts bébés, vieux, enfants femmes et soldats mutilés. Ça ne ne leur enlève pas le droit de l’empathie du monde et ne justifie pas non plus que d’autres innocents en subissent les conséquences. Le monde est devenu fou et dépourvu de toute humanité. Toutes les victimes se valent et une vie reste une vie et personne n’a le droit de l’ôter et ce quelque soit la raison.

Sissi zayyat

13 h 50, le 26 octobre 2023

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Commentaires (4)

  • On retient dans toutes ces horreurs qu’Israel a refusé de publier les photos insupportables de ses victimes de l’attentat terroriste par pudeur et par respect pour ses morts bébés, vieux, enfants femmes et soldats mutilés. Ça ne ne leur enlève pas le droit de l’empathie du monde et ne justifie pas non plus que d’autres innocents en subissent les conséquences. Le monde est devenu fou et dépourvu de toute humanité. Toutes les victimes se valent et une vie reste une vie et personne n’a le droit de l’ôter et ce quelque soit la raison.

    Sissi zayyat

    13 h 50, le 26 octobre 2023

  • Il faut condamner en premier le Hamas et ses crimes qui savaient pertinemment que la réaction d’Israël serait impitoyable. Ils ont commis leur horreurs et sont allés se cacher dans leurs bunkers livrant la population à l’abject et une mort certaine comme veut faire HN avec les libanais sans scrupule et pour la énième fois

    Sissi zayyat

    13 h 34, le 26 octobre 2023

  • Son excellence Biden, comment vous permettez à Netanyahu de commettre des actes terroristes sur des palestiniens, mêlant civils, femmes, vieillards, enfants. Vous êtes un homme pieux, honnête et censé, exigez l’arrêt des combats à outrance des sionistes, et surtout reconnaissez la Palestine avant de parler de deux états vivants côte à côtes. Surtout, n’oubliez pas que ce sioniste de Netanyahu à été contre vous et à soutenu ce voleur, ce menteur et escroc de Trump. Suivez l’exemple de Bill Clinton, soyez celui qui a réalisé la paix entre Israël et la Palestine et la création des deux états quitte à imposer à la Palestine d’être armée des armes de guerre. Et surtout exigez des sionistes de ne plus parler et de faire des constructions de colonies sur les territoires de la Palestine.

    Mohamed Melhem

    07 h 32, le 26 octobre 2023

  • Épouvantable! Biden et ses complices Européens méritent d'être jugés pour le crime de ce génocide dirigé par ces sionistes envahisseurs et assassins. Quand je vois la répétition qu'Israél a le droit de se défendre, à croire que ce sont de pauvres gens sans défense!!Ils se moquent de toutes ces populations qui sont révoltées de voir ces massacres sous les yeux de dirigeants condescendants envers les Palestiniens de Gaza, en leur apportant des miettes tombées de leur table, au lieu d'arrêter ce massacre!!Les Américains feraient mieux de rentrer chez eux! Personne n'en veut dans la région,

    Hélène Somma

    04 h 58, le 26 octobre 2023

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