Le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati est entré en contact avec le commandant en chef de l'armée libanaise, Joseph Aoun, sur la situation dans le Sud, ainsi qu'avec la Finul. Il a auparavant tenu une réunion au Sérail avec l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, et d'autres responsables des Nations unies. La réunion a porté sur "le respect par le Liban des décisions internationales sur la Ligne bleue et la nécessité de préserver le calme et la stabilité dans le Sud".
M. Mikati doit bientôt s'entretenir avec Joanna Wronecka, la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, et avec le commandant de la Finul Aroldo Lázaro.
Salam el-Kadiri, un commerçant de Kfarchouba, raconte à L'Orient-Le Jour : "Je suis rentré à la maison pour y trouver mes enfants de 5, 12 et 14 ans terrorisés et en train de pleurer" après les tirs. "J'étais à peine sorti depuis cinq minutes quand les roquettes israéliennes ont frappé et provoqué un incendie dans le village, a-t-il ajouté. Nous sommes habitués à ce genre de situation, mais je ne vais pas vous cacher que nous avons déjà commencé à faire nos valises pour quitter notre maison et nous rendre à Saïda, au cas où l'escalade reprendrait".
Après les frappes israéliennes, le président de la municipalité de Kfarchouba, Kassem Kadiri, a déclaré à L'Orient-Le Jour que les frappes avaient provoqué un incendie dans la région.
Contactée par L'Orient-Le Jour, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) indique que ses Casques bleus "ont détecté des explosions près de Majidiyé", une localité de la région de Hasbaya. "Nous n'avons pas pu confirmer l'origine ou la cause des explosions à ce moment-là, mais nous avons envoyé des militaires pour enquêter, car les bruits correspondaient à un possible lancement de roquettes", poursuit le texte. Le commandant Aroldo Lázaro "a été en contact avec les autorités libanaises et israéliennes, et nos mécanismes de liaison ont été pleinement mis à contribution pour éviter une nouvelle escalade".
Enfin, la Finul "demande instamment à chacun de faire preuve de retenue et d'éviter toute action susceptible de provoquer une nouvelle escalade".
"Quelles que soient les tensions à la frontière, la responsabilité revient à l'ennemi israélien", a réagi le député Kassem Hachem, membre du groupe parlementaire du mouvement Amal. Dans des propos rapportés par plusieurs médias locaux, il a estimé que "les dernières violations sont considérées comme des atteintes à la souveraineté libanaise et mettent les organisations et la communauté internationales face à leurs responsabilités. Le fait qu'Israël ne respecte pas les résolutions et accords internationaux lui a permis d'intensifier ses agressions." Il a enfin appelé le gouvernement à porter plainte contre Israël.
En avril, Israël avait accusé le groupe islamiste palestinien Hamas d'avoir tiré des roquettes sur Israël depuis le Liban, lors d'une nouvelle flambée de violence israélo-palestinienne. Cela avait incité Israël à frapper plusieurs sites au Liban, sans faire de blessés.
Pour mémoire, notre reportage sur place, à redécouvrir ici : Au Liban-Sud, personne ne croit à un nouveau « Fatehland »
Une source haut placée au sein de l'armée libanaise indique à L'Orient-Le Jour que le groupe responsable du lancement de la roquette depuis le territoire libanais serait palestinien, sans pouvoir préciser de quelle organisation il s'agirait. Elle a ajouté que les groupes armés palestiniens "disposent de cachettes souterraines pour leurs roquettes. Ils peuvent ainsi lancer leurs projectiles sans se déplacer et sans être repérés par l'armée".
"Nous nous sommes déployés dans la zone pour identifier'' le groupe ayant tiré la roquette et empêcher d'autre tirs, ajoute cette source, qui écarte l'éventualité d'une escalade.
Hier, les tensions étaient déjà montées à la frontière entre Liban et Israël : au moins trois violations du territoire libanais par l'armée israélienne ont eu lieu quelques heures. Des bulldozers israéliens ont notamment franchi la barrière technique au niveau des localités de Maïs el-Jabal, Markaba et Wadi Honein, et des soldats israéliens ont tiré des balles en l'air pour effrayer des Libanais qui tentaient de leur faire face.
Pour davantage d'explications sur l'annexion de Ghajar et ses conséquences, retrouvez notre éclairage : Après l'annexion de Ghajar, le Liban et Israël vers une nouvelle escalade
Le Hezbollah a d'ailleurs dénoncé la décision israélienne de construire un mur autour du village de Ghajar, situé à cheval entre la partie du Golan syrien occupée par Israël et le Liban, appelant à agir pour "empêcher une consolidation de l'occupation".
Au cours du week-end dernier, Tel Aviv a de facto incorporé la partie libanaise du village de Ghajar, situé à la frontière entre le Liban et le Golan syrien occupé par l’État hébreu, en installant une clôture au nord de cette localité traversée par la ligne bleue, le coupant du Liban. Une violation de la résolution 1701 qui peut difficilement être séparée de l’installation par le Hezbollah de deux tentes dans la région contestée des collines de Kfarchouba et des fermes de Chebaa.
Les tirs de roquettes ont été signalés après qu'Israël a terminé l'une de ses plus vastes opérations militaires depuis des années en Cisjordanie occupée, dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine et alors que les tensions se sont intensifiées ces derniers temps le long de la frontière entre le Liban et l'Etat hébreu.
Pour tout comprendre sur le raid israélien de Jénine, le plus violent depuis 20 ans, redécouvrez notre infographie.
Les tirs de roquettes en provenance du Liban n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat.
En réponse, l'armée israélienne a bombardé le sud du Liban en visant les alentours des localités de Kfarchouba et de Mazraat Halta, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Dans la matinée, deux roquettes ont été tirées depuis le Liban-Sud en direction d'Israël, avaient indiqué trois sources de sécurité au Liban à l'agence Reuters, l'une d'entre elles ayant atterri en territoire libanais et la seconde près d'une zone contestée à la frontière.
Bonjour,
Suivez ici notre couverture en direct de la montée de tensions à la frontière entre le Liban et Israël, après un échange de tirs de roquettes.
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En temps d’accalmie HN se montre très virulent et menaçant. Aussitôt que les choses prennent un tournant guerrier on ne l’entend plus puisqu’il se sent toujours dépassé par les provocations qu’il a déclenchées. Le voilà au pied du mur, comment va t-il pouvoir expliquer à ses partisans que le contrôle de son territoire lui échappe puisqu’il dit ne pas savoir qui a tiré les roquettes. et dans le cas contraire, comment expliquer aux citoyens chiites qui sont sous sa coupe qu’il a décidé de les mettre en danger ainsi que leurs biens et pour la énième fois pour défendre une cause qui ne les concerne nullement?
10 h 30, le 07 juillet 2023