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Nos lecteurs ont la parole

La louve immortelle

Je la voyais, elle choisissait les légumes pour sa recette d’aujourd’hui, pour nourrir le criminel qui l’a battu hier.

Son fond de teint ne cachait pas les ecchymoses sur son visage, et ses lunettes de soleil n’empêchaient pas ses larmes de couler.

Elle comptait ses sous pour régler les comptes, au fond, au coin. Elle ne voulait pas lui en demander parce qu’elle avait peur d’être giflée ce matin.

À chaque fois qu’elle sortait, elle éprouvait un sentiment de sécurité, parce qu’elle savait bien que s’il l’attaque, il y aura quelqu’un pour la défendre.

Elle tremble en rentrant, c’est répétitif ; elle glisse à nouveau dans ce puits, asphyxiée par les complexes qui ont fait de son mari un monstre qui se défoule, au profit de son amour-propre.

Et je ne sais pas ce qu’elle attend. Je ne sais pas ce que chacune des femmes que je connais attend. Mourir sous les coups violents de son mari peut-être, par peur de lui faire face. Elles gardent leur silence, et elles le font pour défendre leurs valeurs et leurs principes.

Mais se taire n’était, n’est et ne sera jamais une solution à cette cruauté.

J’ai vécu dans un milieu où être « femme » n’était pas synonyme de bonheur.

J’ai connu plein de femmes qui n’étaient pas épanouies, dont le corps n’était pas épanoui.

Et j’ai vécu avec cette obsession : comment puis-je vivre sans cet épanouissement ?

Je me demandais toujours comment un corps tellement triste, brisé et malade peut-il enfanter des êtres normaux ?

Je ne trouvais jamais de réponse.

Dès que j’apprends une nouvelle histoire, je me demande comment ça se fait qu’un être humain, enfant de ce ventre maternel, puisse un jour violer, insulter et battre un autre corps féminin ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Je la voyais, elle choisissait les légumes pour sa recette d’aujourd’hui, pour nourrir le criminel qui l’a battu hier. Son fond de teint ne cachait pas les ecchymoses sur son visage, et ses lunettes de soleil n’empêchaient pas ses larmes de couler. Elle comptait ses sous pour régler les comptes, au fond, au coin. Elle ne voulait pas lui en demander parce qu’elle avait peur d’être giflée ce matin.À chaque fois qu’elle sortait, elle éprouvait un sentiment de sécurité, parce qu’elle savait bien que s’il l’attaque, il y aura quelqu’un pour la défendre.Elle tremble en rentrant, c’est répétitif ; elle glisse à nouveau dans ce puits, asphyxiée par les complexes qui ont fait de son mari un monstre qui se défoule, au profit de son amour-propre.Et je ne sais pas ce qu’elle attend. Je ne sais pas ce que...
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