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Société - Affaire Salamé

Nouvelles pièces à conviction pour la justice française

Raja Salamé, frère du gouverneur de la BDL, ne s’est pas présenté hier à l’audience prévue devant les enquêteurs européens.

Nouvelles pièces à conviction pour la justice française

Raja Salamé. Photo ANI

Les magistrats français chargés de l’enquête sur l’affaire de malversations financières présumées, liées au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, et à son frère Raja, ont obtenu hier de nouvelles pièces à conviction. Ces éléments d’enquête pourraient contribuer ultérieurement à l’élaboration de décisions de justice, assure à L’Orient-Le Jour une source judiciaire.

Les juges français font partie de la délégation d’enquêteurs européens (allemands, luxembourgeois…) arrivée à Beyrouth lundi pour un troisième séjour depuis janvier dernier, en vue de faire la lumière sur des commissions perçues par une société appartenant à Raja Salamé, Forry Associates Ltd, lors de ventes de titres financiers de la banque centrale.

Le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, a ainsi autorisé hier les enquêteurs allemands, qui avaient accédé en janvier dernier à des relevés bancaires liés au frère du gouverneur de la BDL, à les partager avec leurs homologues français. Selon la source judiciaire qui a rapporté cette information à L’OLJ, la Convention pour la lutte contre la corruption à laquelle le Liban a adhéré dispose que les documents communiqués par un État-partie à un autre État-partie ne peuvent être cédés à un troisième pays qu’avec l’autorisation de l’État dont émanent ces documents. En l’espèce, la justice française ne pouvait obtenir les pièces recueillies par la justice allemande que si la justice libanaise le lui permettait. Depuis hier, c’est chose faite, Ghassan Oueidate ayant accepté la demande qui lui a été transmise par la juge d’instruction de Paris, Aude Buresi, par l’intermédiaire du premier juge d’instruction de Beyrouth, Charbel Abou Samra.

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Désormais, la justice française peut employer ces documents et les intégrer à son dossier d’enquête, alors qu’auparavant elle ne pouvait le faire, même si elle en avait pris connaissance, explique la source précitée.

La procédure ayant conduit à l’autorisation de M. Oueidate s’est effectuée en matinée, en parallèle à la séance prévue pour auditionner Raja Salamé, en tant que témoin. Celui-ci n’a pas comparu et s’est fait représenter par son avocat qui a soumis au premier juge d’instruction de Beyrouth un rapport médical justifiant son absence. Une source du Palais de justice affirme à notre journal que le frère du gouverneur de la BDL était hospitalisé lundi à l’Hôtel-Dieu de France, pour des raisons qui n’ont pas été précisées. Après avoir été sous perfusion, il serait sorti de l’hôpital, mais son médecin traitant lui aurait prescrit une semaine de repos. Jusqu’à hier soir, on se demandait au Palais de justice si Raja Salamé allait quand même se présenter à l’audience aujourd’hui mercredi, Aude Buresi ayant demandé à l’entendre durant deux jours. Sachant qu’au cas où M. Salamé ne comparaît pas, cette dernière a le pouvoir de prendre des mesures contre lui à partir de la France.

Six personnes à auditionner

Pour sa part, l’ancienne assistante de Riad Salamé, Marianne Hoyek, devrait être entendue jeudi, également en tant que témoin. « Sauf si elle a été contaminée », ironise un juge haut placé, en allusion au motif invoqué par Raja Salamé pour ne pas comparaître hier mardi.

Vendredi, ce sera au ministre des Finances, Youssef Khalil, en sa qualité d’ancien directeur des opérations de la BDL, de comparaître devant la délégation européenne, toujours en qualité de témoin. Ainsi d’ailleurs que deux employés de cabinets qui auditent les comptes de la BDL : Walid Nakfour, d’Ernst and Young, le 2 mai, et Nada Makhlouf, de Deloitte, le 4 mai. Entre-temps, ce sera à Raja Abou Asly, responsable à la banque centrale, de témoigner le 3 mai. Enfin les enquêteurs devraient clôturer leurs auditions le 5 mai.

Ces interrogatoires interviennent peu après le retour au Liban samedi du PDG d’al-Mawarid Bank, Marwan Kheireddine, qui avait été placé sous contrôle judiciaire à Paris, fin mars, dans le cadre de l’enquête française sur le patrimoine européen du gouverneur de la banque centrale. M. Kheireddine avait dû payer une caution financière et son passeport avait été saisi, suite à sa mise en examen pour blanchiment aggravé et association de malfaiteurs, notamment en vue de commettre des détournements de fonds publics par un agent public au préjudice de l’État libanais.

Une source judiciaire libanaise explique que la levée de l’interdiction de voyager faite au banquier se base sur les règles françaises selon lesquelles une personne ne peut être retenue au-delà d’un certain délai. La justice française se trouvait devant une seule alternative : soit lancer un mandat d’arrêt contre lui, soit lui permettre de partir. Elle a choisi cette option, en attendant de compléter son enquête, précise la source précitée.

Les magistrats français chargés de l’enquête sur l’affaire de malversations financières présumées, liées au gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, et à son frère Raja, ont obtenu hier de nouvelles pièces à conviction. Ces éléments d’enquête pourraient contribuer ultérieurement à l’élaboration de décisions de justice, assure à L’Orient-Le Jour une source...
commentaires (6)

Il va falloir que l'OLJ sélectionne mieux ses soit-disantes sources... dixit "Une source judiciaire libanaise explique que la levée de l’interdiction de voyager faite au banquier se base sur les règles françaises selon lesquelles une personne ne peut être retenue au-delà d’un certain délai. La justice française se trouvait devant une seule alternative : soit lancer un mandat d’arrêt contre lui, soit lui permettre de partir. Elle a choisi cette option, en attendant de compléter son enquête, précise la source précitée." Je crois rêver. Depuis quand un individu mis en examen avec interdiction de sortie du territoire, confiscation de passeport, fut-il libanais, peut-il quitter la France ? Les autorités françaises ne communiquant pas sur le sujet, je pense tout simplement que Kheireddine s'est fait la malle au nez et à la barbe de la police des frontières de CDG, tout en évitant la sortie en valise. Un deuxième passeport, c'est toujours utile, pas seulement pour israël. Bien joué Kheireddine !

Ca va mieux en le disant

22 h 17, le 26 avril 2023

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Commentaires (6)

  • Il va falloir que l'OLJ sélectionne mieux ses soit-disantes sources... dixit "Une source judiciaire libanaise explique que la levée de l’interdiction de voyager faite au banquier se base sur les règles françaises selon lesquelles une personne ne peut être retenue au-delà d’un certain délai. La justice française se trouvait devant une seule alternative : soit lancer un mandat d’arrêt contre lui, soit lui permettre de partir. Elle a choisi cette option, en attendant de compléter son enquête, précise la source précitée." Je crois rêver. Depuis quand un individu mis en examen avec interdiction de sortie du territoire, confiscation de passeport, fut-il libanais, peut-il quitter la France ? Les autorités françaises ne communiquant pas sur le sujet, je pense tout simplement que Kheireddine s'est fait la malle au nez et à la barbe de la police des frontières de CDG, tout en évitant la sortie en valise. Un deuxième passeport, c'est toujours utile, pas seulement pour israël. Bien joué Kheireddine !

    Ca va mieux en le disant

    22 h 17, le 26 avril 2023

  • Une semaine de repos ! ça doit être bien sérieux :))

    Pandora

    18 h 08, le 26 avril 2023

  • Non mais, ce modérateur nous pousse à bout.

    Sissi zayyat

    17 h 12, le 26 avril 2023

  • Son médecin le traite pour quelle maladie ? Boulimie d’argent peut-être …

    Citoyen Lambda

    14 h 24, le 26 avril 2023

  • Les médecins qui s’occupent des prisons en France sont hautement qualifiés. N’ayez crainte Monsieur Salame vous serez bien soigné que ce soit à La Santé ou à Fleury Merogis

    Lecteur excédé par la censure

    10 h 54, le 26 avril 2023

  • "… son médecin traitant lui aurait prescrit une semaine de repos …" - je me demande combien cette "consultation" a été facturée…

    Gros Gnon

    06 h 55, le 26 avril 2023

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