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Économie - Crise

Le Liban a déjà dépensé au moins deux tiers des droits de tirage spéciaux du FMI

Au moment de l'allocation des DTS au Liban, plusieurs voix avaient douté de la capacité des autorités à utiliser cette enveloppe « à bon escient »...

Le Liban a déjà dépensé au moins deux tiers des droits de tirage spéciaux du FMI

La rue Émir Bachir menant au Grand Sérail, à Beyrouth. Photo P.H.B.

Selon des chiffres du ministère des Finances ayant fuité sur la LBCI et qui ont été confirmés par le ministère, le Liban avait déjà dépensé à fin janvier près des deux tiers (65,6 %) de l’enveloppe de 1,139 milliard de dollars de droits de tirage spéciaux ou DTS (Special Drawing Rights ou SDR, en anglais) déboursée par le Fonds monétaire international. Instrument financier utilisé entre le FMI et ses membres, les DTS permettent de fournir des liquidités aux États afin d’augmenter leurs réserves de devises en se les échangeant à des taux d’intérêt plus faibles que ceux du marché.

Selon le centre de recherche Information International, basé à Beyrouth et contacté par L’Orient-Le Jour, ce serait même plus des trois quarts des montants puisés grâce aux DTS qui ont été absorbés à fin mars dont il ne resterait plus que 260 millions.

Le détail des dépenses

Selon les chiffres relayés par la LBCI et confirmés par une source au ministère des Finances ayant requis l›anonymat, un total de 746,638 millions de dollars ont été déjà dépensés à fin janvier suite à des décisions du gouvernement exécutées par la Banque du Liban, dont :

• Plus de 223 millions de dollars pour acheter du fuel à Électricité du Liban, via des avances.

• Environ 244 millions pour financer des subventions sur les importations de médicaments.

• 121 millions alloués pour les subventions sur le blé.

• Plus de 13 millions pour financer des délivrances de passeport.

• Environ 110 millions pour rembourser des prêts en cours dus à des institutions internationales.

• 35 millions de « frais liés aux DTS ».

•683 000 en frais réglés au ministère de la Justice.

Cette enveloppe, qui n’a aucun lien avec le programme d’assistance financière que sollicite le Liban en crise auprès du Fonds, avait été débloquée en septembre 2021, au moment de la formation du gouvernement de Nagib Mikati. Le ministre sortant des Finances Youssef Khalil n’a pas répondu pour l’instant à nos sollicitations visant à confirmer les chiffres d’Information international et de fournir le détail des postes de dépenses.

Au moment de l'allocation des DTS au Liban, plusieurs voix, dont celle de l’organisation issue de la société civile Kulluna Irada, avaient douté de la capacité des autorités à utiliser cette enveloppe « à bon escient ».

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L’enveloppe débloquée grâce aux DTS a été transférée à la Banque du Liban, dont les réserves de devises en nette baisse ont atteint 9,37 milliards de dollars à fin mars selon le dernier bulletin bimensuel publié par l’institution. Ce total n’inclut pas les 5 milliards d’eurobonds (titres de dette en devises) sur lesquels l’État a fait défaut en mars 2020, ni les réserves d’or, dont la valeur fluctue en fonction des cours de ce métal précieux sur le marché, soit 18,2 milliards de dollars de réserves à fin mars.

Selon des chiffres du ministère des Finances ayant fuité sur la LBCI et qui ont été confirmés par le ministère, le Liban avait déjà dépensé à fin janvier près des deux tiers (65,6 %) de l’enveloppe de 1,139 milliard de dollars de droits de tirage spéciaux ou DTS (Special Drawing Rights ou SDR, en anglais) déboursée par le Fonds monétaire international. Instrument financier...

commentaires (2)

J'aimerai bien savoir quels sont ces frais liés aux DTS...

Fadi Chami

11 h 21, le 05 avril 2023

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Commentaires (2)

  • J'aimerai bien savoir quels sont ces frais liés aux DTS...

    Fadi Chami

    11 h 21, le 05 avril 2023

  • Donc plus de 600 millions de dollars ont été dilapidés dans les subventions de tout genre qui ont profité à la Syrie pour commencer, pour lui fournir le blé, le carburant et plus, puisque beaucoup d’affinités, pendant que les libanais tirent la langue et manquent de tout. Le reste a été maquillé et gonflé pour tromper les pays aidant sous forme de frais, quant aux passeports distribués pour lesquels ils se sont donné tant de mal pour les imprimer, les scandales de détournements ne font que commencer puisque les recettes générées vont dans la poche des pions placés par leurs soins et ça n’est que la partie émergente de l’iceberg. Et si on creusait un peu plus on arriverait au constat que les réserves d’or se sont aussi évaporées pour se solidifier dans les poches des mêmes voleurs qui gouvernent depuis des décennies. On se demande comment des fonctionnaires, dans tous les secteurs de l’état et autres, arrivent à devenir riches et parfois milliardaires comme par magie, aussitôt qu’ils ont un poste quelconque dans notre état alors qu’ils gagnent un salaire qui devrait à peine suffire à couvrir leur train de vie de riches bien qu’ils ne sont que des employés, et que certains veulent nous faire croire qu’un héritage soudain et douteux, sans qu’aucune mort de leurs proches ne soit constatée et qui leur a permis de s’enrichir de quelques milliards tombés du ciel. La liste est longue et les fortunes incalculables, mais après tout le peuple libanais ne sent pas concerné. Alors?

    Sissi zayyat

    11 h 08, le 05 avril 2023

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