Rechercher
Rechercher

Politique - Présidentielle

Une septième séance parlementaire pour rien

Michel Moawad peut désormais compter sur le soutien de Mark Daou et de Najat Saliba, députés du parti Taqaddom.

Une septième séance parlementaire pour rien

Michel Moawad entouré des députés du Parti socialiste progressiste lors de la séance jeudi. Photo Mohammad Yassine.

« On ne compte même plus … » À l’issue de la septième séance dédiée à l’élection du prochain président de la République, la députée de la contestation Halimé Kaakour s’est insurgée contre le fait que la séance ait été levée directement après le dépouillement des urnes du premier tour. Signe de la répétitivité de l’exercice, le président de la Chambre Nabih Berry est sorti sans même s’assurer du nombre de parlementaires encore présents. Des députés du camp du 8 Mars ont en effet déserté l’hémicycle, fauchant ainsi le quorum des deux tiers (supposément, car la Constitution ne l’exige pas) nécessaire à la tenue du scrutin. L’immobilisme est donc toujours de mise : pas de compromis, pas de second tour et, surtout, pas de président.

Légère avancée de Michel Moawad

Le député réformiste de Zghorta, Michel Moawad, a enregistré une petite avancée lors de cette séance. Certes, son score brut a baissé, passant de 43 à l’issue de la dernière séance à 42 cette fois-ci. Mais en comptabilisant également les députés absents, Michel Moawad peut compter sur le soutien de 47 élus à l’issue de cette séance électorale, contre 45 la fois dernière. Il s’agit des 19 voix des Forces libanaises (il n’en a reçu que 18 cette fois-ci, Chawki Daccache étant absent), des 8 députés du Parti socialiste progressiste, des 4 députés Kataëb (Nadim Gemayel et Élias Hankache étaient absents), des 4 députés de son bloc du Renouveau, ainsi que de plusieurs indépendants.

Lire aussi

Berry règne désormais en maître absolu

Dernière conquête pour le candidat, les deux députés du parti Taqaddom Mark Daou et Najat Saliba (absente) se sont ralliés à sa candidature, portant à quatre le nombre d’élus de la contestation sur lesquels il peut compter (il avait déjà convaincu Rami Fanj et Waddah Sadek). Lors des séances précédentes, les deux députés de Taqaddom votaient, aux côtés des anciens haririens et de Abderrahmane Bizri, pour le « nouveau Liban ». Ce camp a vu hier son score baisser de 10 (si l’on compte le vote de Sajih Attié malgré son absence) à 8 voix. L’ancien ministre de l’Intérieur Ziyad Baroud et le professeur Issam Khalifé ont recueilli respectivement 2 et 6 voix. Le premier, qui ne s’est pas encore porté candidat, a obtenu les voix des députés Élias Bou Saab et Élias Jaradi. Le second a pu compter sur le soutien d’Oussama Saad et du reste des députés de la contestation.

Le vote blanc, grand favori

Toutefois, le vote blanc reste en tête, 50 députés issus du camp du 8 Mars ayant (de nouveau) déposé des bulletins vides, affirmant attendre un compromis national autour du nom du prochain président. La position de ce bord politique peut également émaner du fait que le Hezbollah et ses alliés n’ont pas encore réussi à s’entendre entre eux sur un candidat commun. Si le tandem chiite Amal-Hezbollah semble préférer le leader des Marada Sleiman Frangié, le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil s’estime mieux placé, puisqu’il préside un grand groupe parlementaire chrétien.

Lire aussi

Le Hezbollah frappe à la porte de Bkerké

Fait notable, lors de la séance d’hier, une voix a été accordée à l’ancien directeur des douanes Badri Daher, un proche du CPL actuellement incarcéré dans le cadre de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020. « Une insulte à la mémoire de nos défunts », a réagi le père d’une victime du sinistre. « Tous nos députés, sauf Élias Bou Saab, ont voté blanc », se défend pour sa part, Maya Maalouf, porte-parole du parti orange.

L’opposition ouverte au boycott

Face à un exercice qui devient de plus en plus puéril, le camp opposé au Hezbollah semble perdre patience. À l’issue de la séance, le chef du parti Kataëb Samy Gemayel a appelé à l’élection « démocratique » d’un président, plutôt que d’attendre la fabrication d’un compromis à la libanaise. Il a même affirmé aux journalistes qu’il « ne voyait plus l’intérêt » de la répétition du même exercice. Cela signifie-t-il que lui et ses députés pourraient décider de boycotter les séances à venir ? « Tout est possible », répond-t-il à L’Orient-Le Jour. « L’opposition doit se rapprocher car l’éloignement conduit à l’éparpillement », a abondé Michel Moawad, se disant prêt à soutenir « le premier » tout autre candidat « souverainiste ». Pour sa part, sur la même tribune, le député du Hezbollah Ali Ammar a affirmé que son parti n’avait pas mis de veto sur la candidature du commandant en chef de l’armée Joseph Aoun. « Nous pensons qu’il a fait un très bon travail à la tête de l’institution militaire et a réussi à préserver la paix civile », a-t-il déclaré, alors que le général Aoun est perçu comme étant un sérieux présidentiable, dont la candidature peut faire l’objet d’un consensus. En attendant, rendez-vous le 1er décembre pour une huitième séance électorale.

« On ne compte même plus … » À l’issue de la septième séance dédiée à l’élection du prochain président de la République, la députée de la contestation Halimé Kaakour s’est insurgée contre le fait que la séance ait été levée directement après le dépouillement des urnes du premier tour. Signe de la répétitivité de l’exercice, le président de la Chambre...
commentaires (5)

Une septième séance parlementaire pour rien. Je ne dirais pas ça. Si on veut être pragmatique, c’est plutôt un prototype répété à l’envi qui pourrait servir à éclairer même d’une façon inconsciente les esprits obtus qui continuent de se diviser mais n’y voient que du feu, soit pour user tous les autres pour arriver à leur fin qui semble plus proche que jamais à imposer un épouvantail sous le nez et la barbe de ces soit disant opposants qui n’ont pas fini de s’opposer à eux mêmes.

Sissi zayyat

11 h 47, le 26 novembre 2022

Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • Une septième séance parlementaire pour rien. Je ne dirais pas ça. Si on veut être pragmatique, c’est plutôt un prototype répété à l’envi qui pourrait servir à éclairer même d’une façon inconsciente les esprits obtus qui continuent de se diviser mais n’y voient que du feu, soit pour user tous les autres pour arriver à leur fin qui semble plus proche que jamais à imposer un épouvantail sous le nez et la barbe de ces soit disant opposants qui n’ont pas fini de s’opposer à eux mêmes.

    Sissi zayyat

    11 h 47, le 26 novembre 2022

  • Les 128 devraient avoir honte d'eux même.

    Wlek Sanferlou

    15 h 49, le 25 novembre 2022

  • DANS L,ATTENTE DE LA HUITIEME CLOWNERIE ! ET AINSI DE SUITE...

    LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 40, le 25 novembre 2022

  • "En attendant, rendez-vous le 1er décembre pour une huitième séance électorale." Raisonnement par récurrence: si une relation est vraie pour n=1,2,3,4,5,6 et 7, alors elle sera vraie pour n=8...Et si rien ne change, on peut être sûr qu'elle sera vraie quelque soit n!

    Georges MELKI

    10 h 34, le 25 novembre 2022

  • C,est le show de la semaine

    Fantin. Bernard

    09 h 31, le 25 novembre 2022

Retour en haut