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Culture - Littérature

Sabyl Ghoussoub décroche le Goncourt des lycéens pour "Beyrouth-sur-Seine"

« Le mauvais lycéen que j'étais devrait remercier les merveilleux lycéens que vous êtes. Ce prix est un énorme honneur », a réagi par visioconférence Sabyl Ghoussoub peu après l'annonce du prix.

Sabyl Ghoussoub décroche le Goncourt des lycéens pour

Sabyl Ghoussoub. Photo Patrice Normand

L’année finit en beauté pour Sabyl Ghoussoub. Ce jeudi, le jeune auteur libanais vient de se voir attribuer le Goncourt des lycéens pour son dernier roman Beyrouth-sur-Seine, aux éditions Stock. Dans son troisième opus, l'écrivain de 34 ans propose une réflexion sur la famille et l'immigration, en questionnant ses parents venus s'installer en 1975 à Paris alors que la guerre va ravager le Liban.

« Le mauvais lycéen que j'étais devrait remercier les merveilleux lycéens que vous êtes. Ce prix est un énorme honneur », a réagi par visioconférence Sabyl Ghoussoub peu après l'annonce du prix. « Ce livre c'est un hommage à mes parents, aux exilés de la guerre, je pense beaucoup aux vivants. C'est une belle histoire personnelle qui va bien au-delà de l'histoire de mes parents et je ne vous remercierai jamais assez pour ce choix », a-t-il ajouté.

Sabyl Ghoussoub, qui tient également une chronique littéraire pour L’Orient-Le Jour, faisait partie des quinze auteurs sélectionnés pour le prix Goncourt 2022, qui a finalement été attribué à Brigitte Giraud, pour Vivre vite, aux éditions Flammarion, un retour sur l’engrenage d’événements improbables ayant mené à la mort de son mari.

Le jury de la 35e édition du Goncourt des lycéens, créé à Rennes en 1988 et organisé par la chaîne de magasins Fnac et le ministère français de l’Éducation nationale, a rendu son verdict après plus de deux mois de lecture assidue des 15 ouvrages de la sélection du prestigieux prix Goncourt. L'annonce du nom du lauréat a été faite depuis la mairie de Rennes, berceau de ce prix. Petit frère du Goncourt, le Goncourt des lycéens se déroule chaque année de septembre à novembre et permet à quelque 2.000 élèves des lycées généraux, technologiques, professionnels et agricoles, de la seconde au BTS, de découvrir la littérature contemporaine et de susciter le goût de la lecture.

À partir du pitch de base – un narrateur qui interroge ses parents sur leur départ du Liban pendant la guerre et sur leur arrivée en France –, Sabyl Ghoussoub construit, dans Beyrouth-sur-Seine, un roman ému et émouvant, mais surtout drôle et captivant. « Ce livre est ma perception de l’histoire de mes parents et de mon histoire par rapport au Liban, au moment de l’écriture, avait déclaré l’auteur à Joséphine Hobeika au cours d’un entretien avec L’Orient-Le Jour. Cette autofiction m’a permis de me construire une mémoire écrite, qui est en soi totalement fausse et qui est l’histoire que je me raconte. C’est mon Liban à moi. »

« Je ne m’y attendais pas du tout, avait-il également réagi, après avoir appris que son roman était sur la liste des 15 ouvrages en lice pour le Goncourt. Je suis ému, vraiment très ému, je n’arrive pas vraiment à réaliser. J’ai écrit ce livre pour rendre hommage à mes parents, comme une sorte de revanche sur la guerre, sur les guerres, sur la vie trop souvent injuste. »

Pour mémoire

Sabyl Ghoussoub : Ce livre est une sorte de revanche face à la guerre

Beyrouth-sur-Seine est le troisième opus de Sabyl Ghoussoub après Le nez juif et Beyrouth entre parenthèses, tous deux parus chez L’Antilope.

Parmi les nominés du Goncourt des lycéens 2022 figurait Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au journal Le Monde et auteure de La petite menteuse (éd. L'Iconoclaste) dont le roman avait été retenu dans la sélection du Grand Prix du roman de l'Académie française. Son roman raconte l'histoire d'une collégienne qui affronte les conséquences judiciaires de ses accusations de viol et d'agression sexuelle. Les lycéens avaient également sélectionné le deuxième roman du philosophe Nathan Devers, éditeur de la revue La Règle du jeu. Les liens artificiels (éd. Albin Michel), qui faisait partie des finalistes du Goncourt 2022, s'intéresse aux métavers et raconte l'histoire d'un homme qui va vivre des expériences fortes en découvrant en ligne un miroir où tout est possible. Dans le carré final se trouvait également Sa préférée (éd. Sabine Wespieser), dans lequel la journaliste suisse Sarah Jollien-Fardel s'intéresse à l'attachement à une terre, aux violences intrafamiliales et à la difficulté de l'exil.

L’année dernière, il avait été attribué à Clara Dupont-Monod pour S'adapter, également publié aux éditions Stock.

Cette année, les délibérations se sont déroulées dans six villes françaises : Lyon (centre-est), Metz (est), Nantes (ouest), Nîmes (sud), Paris et Rennes (ouest). Le prix a également mobilisé 55 lycées en région et à l'étranger (Etats-Unis, Canada, Liban). Sept rencontres entre élèves et auteurs se sont tenues ces dernières semaines en région.

Très prescripteur en termes de ventes, le choix du jury est l'occasion pour les lycéens de proposer leur regard sur les romans de la rentrée.



L’année finit en beauté pour Sabyl Ghoussoub. Ce jeudi, le jeune auteur libanais vient de se voir attribuer le Goncourt des lycéens pour son dernier roman Beyrouth-sur-Seine, aux éditions Stock. Dans son troisième opus, l'écrivain de 34 ans propose une réflexion sur la famille et l'immigration, en questionnant ses parents venus s'installer en 1975 à Paris alors que la guerre va ravager...

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