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Sport - Mondial-2022

Le compte à rebours s’accélère

Douze ans après l’obtention de « sa » Coupe du Monde, le Qatar s’apprête à devenir le centre du monde le temps d’un mois. L’heure est venue de dresser un état des lieux général à cinq jours de son coup d’envoi, ce dimanche 20 novembre.

Le compte à rebours s’accélère

Un visiteur prenant une photo de la réplique du trophée de la Coupe du monde 2022 exposée sur le parvis du stade al-Bayt, situé dans la ville d’al-Khor, à 40 minutes de Doha. Kirill Kudryavtsev/AFP

Difficile de ne pas regarder les jours, les heures, voire les minutes s’égrener. Malgré les critiques qui continuent de fuser au-dessus de ce qui s’apparente au Mondial « le plus controversé de l’histoire », la température commence bel et bien à monter.

Décalé à l’automne pour, justement, éviter les chaleurs caniculaires de l’émirat désertique, le Mondial 2022 ouvrira ses portes ce dimanche 20 novembre avec un Qatar-Équateur en guise de match inaugural. Une affiche inédite dans le stade d’al-Bayt, l’un des huit écrins sortis de terre pour l’occasion à une quarantaine de kilomètres de la capitale.

Le pays hôte, loin d’être connu pour sa grande tradition footballistique, en saura plus sur ses chances de passer la phase de poules d’une compétition que le tenant du titre, la France, entamera contre l’Australie le 22 novembre. Après quasiment six mois de préparation à huis clos en Europe, la sélection qatarie vient de rentrer au pays où les autres équipes commencent à arriver au compte-gouttes en ce début de semaine.

Cascade de blessés

Beaucoup ont encore joué ce week-end, à l’instar des stars du Paris SG, le Brésilien Neymar, l’Argentin Leo Messi ou encore le Français Kylian Mbappé. Si eux seront bien là, ce n’est pas le cas de tout le monde. Déjà privés de leur tandem Paul Pogba-N’Golo Kanté au milieu de terrain, sur lequel ils ont bâti leur titre de 2018, les champions du monde français devront également faire sans leur défenseur central Presnel Kimpembe, « insuffisamment rétabli » d’une blessure et officiellement forfait pour l’intégralité de la compétition. Axel Disasi, défenseur monégasque, a ainsi été appelé en renfort pour suppléer une arrière-garde française également fragilisée par les délicatesses de son taulier, Raphaël Varane, avec sa cuisse droite.

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Le Maroc et le Sénégal auront également fait les frais de ce calendrier plus resserré que jamais, dans lequel des matchs capitaux de championnats nationaux ont encore été disputés ce week-end. Les Lions de l’Atlas ont eu le malheur de voir leur jeune et talentueux milieu offensif Amine Harit sortir en larmes de la pelouse du stade Louis-II en marge du Monaco-Marseille (2-3) clôturant la 15e journée de Ligue 1 dimanche dernier. Victime d’une entorse des ligaments croisés du genou droit, qui devrait certainement l’écarter des terrains jusqu’à la fin de la saison, il laisse donc orpheline une sélection marocaine qui aurait bien eu besoin de sa forme du moment pour dynamiser sa ligne offensive.

Les autres Lions, ceux de la Téranga, devraient logiquement eux aussi composer sans leur maître à jouer Sadio Mané. Le dauphin de Karim Benzema au dernier Ballon d’or a lui aussi été touché au genou lors de sa dernière sortie, mardi dernier, en Bundesliga avec le Bayern Munich. Mais cela n’a pas empêché son sélectionneur Aliou Cissé de l’appeler parmi les 26 mondialistes qui défendront les couleurs du Sénégal, qui arrivait avec le costume de sérieux « outsider ».

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Les listes doivent être finalisées lundi soir, comme celle de l’Iran, qui jouera un match historique contre les États-Unis. La star Zardar Azmoun, elle aussi à moitié blessée et surtout ouvertement critique de la répression du mouvement de contestation dans son pays, sera elle aussi du voyage. Tout geste symbolique des joueurs de la « Team Melli » sera bien entendu observé de près lors de leur première apparition contre l’Angleterre le 21 courant.

D’autres grands noms ont bel et bien été retenus, sans savoir s’ils pourront tenir leur place sur le terrain, à l’image du Sud-Coréen Son Heung-min ou du Belge Romelu Lukaku, également diminués par des pépins physiques.

Investissements pharaoniques

Des débuts sans loupés d’organisation constitueraient déjà une première victoire pour le petit émirat gazier, qui a manqué sa répétition générale il y a deux mois de cela à l’occasion de la finale de la Lusail Super Cup entre les clubs champions d’Arabie saoudite et d’Égypte, al-Hilal et Zamalek. Entre pénurie d’eau potable et panne de la climatisation, ce dernier galop d’essai au stade de Lusail, lieu où se disputera la finale de la Coupe du monde 2022 le 18 décembre, avait tout d’un fiasco et d’une sacrée piqûre de rappel pour les organisateurs. Avec les près de 200 milliards de dollars, d’après certaines estimations, investis pour accueillir l’événement sportif le plus regardé au monde et faire de cette édition 2022 « la plus réussie de l’histoire », comme l’ambitionnent les discours officiels, le Qatar n’aura pas le droit à l’erreur. Qui plus est sous le poids des soupçons de corruption (autour de ce fameux vote du comité exécutif de la FIFA du 2 décembre 2010 à Zurich) et des critiques incessantes sur les milliers de victimes parmi les travailleurs étrangers, ou encore sur l’impact environnemental de l’événement.

Leçons de morale

Malgré l’insistance sur les « progrès sociaux » réalisés ces dernières années (abolition du système de la « kafala », instauration d’un salaire minimum d’environ 270 dollars) et les promesses de « neutralité carbone », le discours qatari peine à convaincre. Quoi de plus logique que de voir des opinions (majoritairement occidentales), de plus en plus à cheval sur ce genre de sujets, appeler au boycott et prendre des postures morales dont l’impact ne sera que très marginal ?

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Des leçons de morale en cascade qui n’ont pas été du goût de l’émir Tamim al-Thani. Ce dernier ne s’est d’ailleurs pas gêné pour le faire savoir, au point de crier au « Qatar bashing » devant les caméras. Pas sûr que cela rassure les plus sceptiques qui s’interrogent encore sur la capacité de ce petit émirat conservateur à accueillir sans problèmes près de 1,2 million de supporters étrangers. Surtout s’ils venaient à afficher leur ébriété ou leur homosexualité. Les capitaines de huit sélections, dont l’Angleterre, la France ou encore Allemagne, ont annoncé qu’ils porteraient un brassard à bandes colorées symbolisant la lutte contre les discriminations.

Pas sûr que cette initiative plaise au président de la FIFA Gianni Infantino, résident qatarien depuis deux ans, qui a intimé aux 32 sélections de « se concentrer sur le football » et de ne plus « donner de leçons de morale ». Vivement dimanche ?

Difficile de ne pas regarder les jours, les heures, voire les minutes s’égrener. Malgré les critiques qui continuent de fuser au-dessus de ce qui s’apparente au Mondial « le plus controversé de l’histoire », la température commence bel et bien à monter.Décalé à l’automne pour, justement, éviter les chaleurs caniculaires de l’émirat désertique, le Mondial 2022...
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