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Culture - Initiative

L’aide à la production cinématographique : charité bien ordonnée...

La Fondation Liban Cinéma a donné hier le coup d’envoi d’un fonds de soutien aux films libanais avec le soutien de l’Union européenne et a clôturé le programme de formation de producteurs à l’entrepreneuriat créatif réalisé en collaboration avec l’École supérieure des affaires et l’accélérateur Smart ESA.

L’aide à la production cinématographique : charité bien ordonnée...

Lors de la cérémonie à l’ESA : Myriam Sassine (à la tribune), Maya de Freige, Ralph Tarraf et Maxence Duault. Photo DR

Les sculptures fleurissent dans ses jardins et les projets artistiques entre ses murs. L’École supérieure des affaires (ESA) est décidément le témoin accompagnateur de l’effervescence artistique libanaise. L’ambassadeur de l’Union européenne Ralph Tarraf, les directeurs de l’ESA Maxence Duault et de Smart ESA Sélim Yasmine ainsi que la présidente de Liban Cinéma Maya de Freige l’ont bien affirmé haut et clair lors de la cérémonie de clôture du programme de formation pour producteurs à l’entrepreneuriat créatif : l’art et la culture ne sauront être dissociés de tout développement au Liban.

Cette formation de 4 mois, réalisée par la Fondation Liban Cinéma en collaboration avec l’École supérieure des affaires (ESA) et l’accélérateur Smart ESA, supervisée par la productrice libanaise Myriam Sassine, avait pour objectif de renforcer les compétences entrepreneuriales des producteurs en adéquation avec les besoins et enjeux du monde actuel. L’accompagnement personnalisé des cinq participants sélectionnés a associé l’expertise des tuteurs de l’ESA à celle de mentors invités pour l’occasion comme la productrice française Gabrielle Dumon (Le Bureau Films), le vendeur international français Hedi Zardi (Lux Box) et l’avocate spécialisée en droits d’auteur Christel Salem.

Durant la matinée d’hier, avant la distribution des diplômes et l’annonce publique des résultats, cinq participants à cette formation avaient pitché leur projet devant un jury composé de Maya de Freige, présidente de la Fondation Liban Cinéma, Maroun Chammas, entrepreneur dans des secteurs de l’énergie, des télécommunications et des nouvelles technologies, Joana Hadjithomas, réalisatrice entre autres de Memory Box et Je veux voir, Gabriel Chamoun, producteur et CEO de The Talkies, et Sandra Abboud, manager du département Executive Education.

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Rosy Hajj a défendu le projet de fiction A Road to Damascus du réalisateur Meedo Taha. Christelle Younes (productrice du long-métrage Death of a Virgin, sélectionné à la Berlinale en 2021) a présenté la fiction The Sad Life of Happy Pig de Christy Whaiby. Gaby Zarazir a le projet de fiction Trip to Jerusalem qu’il produit et coréalise avec son frère Michel Zarazir. Simon Soueid a pour sa part détaillé son documentaire Sursock, an Everlasting Heritage dont il est également le réalisateur et Nicolas Khabbaz a présenté Don’t Worry, I’m Not Okay, le premier long-métrage de Manon Nammour qui s’est distinguée par ses courts-métrages dans nombreux festivals comme ceux de Locarno et Toronto (TIFF). Les cinq producteurs ont reçu un certificat de l’ESA et de la Fondation Liban Cinéma.

Après avoir longuement hésité, le jury a décidé de décerner deux prix ex aequo : le prix de 5 000 euros offert par l’Union européenne à Nicolas Khabbaz pour contribuer au développement de son film Don’t Worry I’m Not Ok, tandis que le second prix a été octroyé par l’un des membres du jury, Maroun Chammas, au nom de tout le jury à Rosy Hajj pour son projet A Road to Damascus.

Quant au prix Berlin Artist-In-Residency (Berlin AIR), il a été décerné à Gaby Zarazir pour développer son projet Trip to Jerusalem. Ce prix consiste en une résidence d’artiste d’une durée de trois mois à Berlin offerte par Medienboard Berlin – Brandenburg.

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Aider un secteur affaibli mais une jeunesse créative

Parce que financer son film demeure le problème majeur du cinéaste libanais, qui s’accroît dans un monde lui aussi en crise, Maya de Freige a par ailleurs donné le coup d’envoi au second volet de cette initiative qui vise à dynamiser la production cinématographique libanaise, à savoir le Lebanese Film Fund. « La création d’un fonds de soutien au secteur, mission que se doit d’assurer en temps normal le ministère de la Culture, demeure l’objectif prioritaire de la Fondation Liban Cinéma », rappelle sa présidente, qui a donc lancé hier ce fonds qui soutiendra six projets de films en phase de production ou de postproduction, pour leur donner une impulsion et encourager d’autres partenaires à s’y associer.

Pour la présidente de la Fondation Liban Cinéma, ces initiatives sont nées afin de venir en aide à un secteur affaibli, fragilisé, « à la suite des multiples crises qui se sont abattues sur notre pays, le dynamiser et permettre la survie du cinéma libanais face à la concurrence locale et internationale », a noté Maya de Freige, en insistant sur la faiblesse du nombre de producteurs au Liban au regard du grand nombre d’auteurs réalisateurs. « Ce sont eux (les producteurs, NDLR) qui accompagnent le projet, étudient sa faisabilité, sa rentabilité, qui doivent pouvoir y intéresser des coproducteurs étrangers notamment pour lui trouver des financements et des marchés, pour lui donner une chance de rencontrer son public, de s’exporter, de s’inscrire dans l’histoire du cinéma et de faire rayonner le Liban à l’international. Car le marché libanais est trop restreint pour permettre à un film indépendant de qualité d’être rentable », a également relevé Maya de Freige.

La productrice et distributrice Jessica Khoury, qui supervise le Lebanese Film Fund, a présenté ce fonds de soutien exceptionnel dédié aux longs-métrages libanais et financé par l’Union européenne, dont l’enveloppe totale est de 75 000 euros. « Ce fonds est destiné à donner une impulsion aux films sélectionnés afin d’en accélérer l’exécution », a-t-elle indiqué.

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L’appel à candidatures sera ouvert jusqu’au 30 novembre. Les projets sélectionnés seront informés en janvier 2023 des détails de la dotation financière comprise entre 5 000 et 20 000 euros par projet. Aux jeunes talents de saisir l’occasion, bien que limitée encore, mais nous lui espérons de beaux jours devant elle en comptant sur la générosité d’éventuels donateurs. Car, comme l’a si bien relevé Maya de Freige, « la jeunesse est le moteur du changement et l’espoir de ce pays. Son départ est un désastre. Sans elle, il est impossible de reconstruire. La jeunesse doit continuer de rêver ».

Pour postuler au Lebanese Film Fund

Les films éligibles devront être en phase de production ou de postproduction et répondre essentiellement aux critères ci-dessous :

• Avoir une durée de 60 minutes et plus.

• Genres : documentaire, fiction et animation.

• Les films doivent être portés par un réalisateur et/ou producteur libanais. La priorité sera donnée aux films qui réunissent les deux.

• Le tournage doit se faire en partie ou entièrement au Liban.

• Au moins 30 % du budget total doit être sécurisé.

Pour plus de détails concernant les critères d’éligibilité et la sélection des projets au Lebanese Film Fund, veuillez consulter le site web de la Fondation Liban Cinéma : http:// www.fondationlibancinema.org/

Les sculptures fleurissent dans ses jardins et les projets artistiques entre ses murs. L’École supérieure des affaires (ESA) est décidément le témoin accompagnateur de l’effervescence artistique libanaise. L’ambassadeur de l’Union européenne Ralph Tarraf, les directeurs de l’ESA Maxence Duault et de Smart ESA Sélim Yasmine ainsi que la présidente de Liban Cinéma Maya de Freige l’ont bien affirmé haut et clair lors de la cérémonie de clôture du programme de formation pour producteurs à l’entrepreneuriat créatif : l’art et la culture ne sauront être dissociés de tout développement au Liban. Cette formation de 4 mois, réalisée par la Fondation Liban Cinéma en collaboration avec l’École supérieure des affaires (ESA) et l’accélérateur Smart ESA, supervisée par la productrice libanaise Myriam...
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