Le réalisateur français Luc Besson, le 2 septembre 2023 au Festival du film de Deauville. Photo LOIC VENANCE / AFP
La justice a refusé mardi de rouvrir l'une des enquêtes emblématiques du mouvement #MeToo dans le cinéma en France, lancée après des accusations de viol portées par l'actrice Sand Van Roy contre Luc Besson et qui s'était soldée par un non-lieu en faveur du réalisateur. Les juges de la cour d'appel de Paris n'ont pas suivi l'argumentaire de la plaignante, ont indiqué deux sources proches du dossier à l'AFP. Mme Van Roy et ses conseils considéraient notamment que des analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement constituaient un « élément nouveau » permettant de rouvrir l'enquête. « Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette non-justice. Un pourvoi en cassation va être interjeté immédiatement », a réagi auprès de l'AFP l'avocat de Sand Van Roy, Me Antoine Gitton.
La Cour de cassation en France ne se prononce pas sur le fond mais juge de la bonne application du droit lors du premier jugement puis en appel. Le conseil de Luc Besson, Me Thierry Marembert, s'est félicité lui « que la justice ait refusé de rouvrir cette affaire déjà maintes fois jugée ». « Entre 2018 et 2023, pendant les cinq années d'enquête, six procureurs de la République, deux juges d'instruction, trois juges de la cour d'appel, toutes des femmes, ont conclu que monsieur Besson était innocent des faits qui lui étaient reprochés », a souligné l'avocat. « Comme chacun le sait, Luc Besson et Sand Van Roy ont entretenu une relation pendant plusieurs années. Au cours de cette longue enquête, tous les actes utiles à la manifestation de la vérité ont été effectués. Aucun de ces actes n'a permis d'établir le défaut de consentement de la plaignante », a-t-il ajouté. « Nous nous félicitons donc que la justice ait refusé de rouvrir cette affaire déjà maintes fois jugée », a-t-il conclu.
L'actrice belgo-néerlandaise avait déposé une plainte pour viol le 18 mai 2018, quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien dont les protagonistes ont donné deux versions différentes. Pour Sand Van Roy, l'influent cinéaste et producteur (Europacorp), réalisateur notamment du Grand Bleu (1988) ou du Cinquième élément (1997), lui avait imposé une pénétration digitale, source d'évanouissement, malgré ses demandes pour qu'il cesse. Une version selon elle accréditée par des constatations, le jour des faits, par les urgences médico-judiciaires.
Deux mois après sa plainte initiale, l'actrice déposait une plainte contre le cinéaste pour d'autres viols et agressions sexuelles commis, selon elle, entre 2016 et 2018, épisodes d'une « relation d'emprise professionnelle » sous menaces de « rétorsion sur sa carrière d'actrice ». Luc Besson a regretté de son côté une relation extra-conjugale dans un contexte de « subordination », alors que l'actrice avait tourné dans certains de ses films. Mais il avait relaté un rapport consenti empreint de « douceur ».

