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Points de vue - Point De Vue

L’Église face aux abus sexuels sur mineurs

L’Église face aux abus sexuels sur mineurs

Photo d’illustration Archives AFP

Le renvoi de l’état clérical de deux prêtres maronites, annoncé la semaine dernière suite à un décret papal, a remis à nouveau la question des abus sexuels sur mineurs commis par le clergé au premier plan de l’attention des médias.

La protection des mineurs et des personnes vulnérables contre la violence sexuelle demeure d’ailleurs un problème central aussi bien dans l’Église, qui fait face depuis quelques décennies à la révélation de nombreuses affaires sur différents continents, que dans la société. Au-delà de l’immense souffrance des victimes, ces affaires largement médiatisés provoquent naturellement un grand trouble au sein des Églises et de la communauté des fidèles.

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Cette préoccupation a été exprimée une fois de plus par le pape, notamment dans la préface d’un livre dont l’auteur a été victime d’abus (Daniel Pittet, La perdono, padre, Piemme, 2017) : « Comment un prêtre, au service du Christ et de son Église, peut-il en venir à causer un tel mal ? Comment celui qui a consacré sa vie à conduire les petits à Dieu peut-il finir par les dévorer dans ce que j’ai appelé “un sacrifice diabolique” qui détruit à la fois les victimes et la vie de l’Église ? Certaines victimes se suicident à la fin. Ces morts pèsent sur mon cœur, sur ma conscience et sur celle de toute l’Église. À leurs familles, j’offre mes sentiments d’amour et de douleur, et je demande humblement pardon. C’est une monstruosité absolue, un péché horrible, radicalement contraire à tout ce que le Christ nous enseigne », écrit le souverain pontife.

Chemin long et exigeant

Cependant, il est devenu clair que l’équilibre s’est finalement déplacé, lentement mais fermement, dans la bonne direction au sein de l’Église universelle. Les dirigeants de l’Église au plus haut niveau, surtout les papes Benoît XVI et François, nous ont demandé d’affronter sérieusement la question des abus sexuels sur mineurs commis par le clergé. Avant même de devenir pape, le cardinal Josef Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait pris, au début du siècle, un certain nombre de décisions importantes pour lutter contre les cas d’abus : le délai de prescription a été prolongé afin de protéger les victimes, et les abus contre les personnes handicapées mentales ont également été considérés comme un crime.

Le pape François a poursuivi et intensifié la ligne de son prédécesseur, notamment avec la création, en 2013, de la Commission pontificale pour la protection des mineurs (Pontificia commissio pro tutela minorum). Il a créé, au niveau de l’Église universelle, les conditions structurelles et matérielles nécessaires pour accélérer, avec cohérence et efficacité, la protection des enfants dans toute l’Église catholique, instituant la commission comme organe consultatif sur cette question.

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Le pape a accueilli favorablement certaines propositions de la commission, comme, par exemple, organiser une journée de prière pour ceux qui ont été victimes d’abus, et engager des poursuites pénales contre les évêques et les supérieurs religieux qui ont réduit au silence ou ignoré les abus. Nous avons pris le bon chemin, mais il est long et exigeant.

En 2011, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait exhorté toutes les conférences épiscopales à élaborer des lignes directrices pour les cas d’abus sexuels. De grands ordres religieux se sont également engagés dans cette tâche. Ils doivent expliquer, entre autres, ce qui est fait dans chaque pays pour prévenir les abus, comment agir à l’égard de ceux qui ont subi des abus, quelles poursuites judiciaires entreprendre contre les coupables et ce qui doit changer dans la formation sacerdotale pour prévenir les abus.

Nous continuons à demander pourquoi il n’y a pas de directives uniformes qui s’appliquent à toute institution appartenant à l’Église quel que soit le pays où elle se trouve. Il faut dire à cet égard, cependant, que les normes juridiques internes à chaque pays s’appliquent, bien sûr, dans toute l’Église catholique. Cela inclut les procédures que chaque évêque doit suivre dans toutes les parties du monde de la même manière. Cela commence par une enquête préliminaire et, s’il est conclu que les accusations sont fondées, le cas doit être soumis à la Congrégation pour la doctrine de la fFoi à Rome, où il est décidé à quel niveau les prochaines étapes doivent être franchies.

Culture de prévention

Au Liban, les quelques cas qui ont été traités, surtout récemment, montrent que nous sommes encore au début de ce processus. La structure sociopolitique et culturelle rend difficile le lancement d’un procès contre un prêtre. Les décisions courageuses et récentes de quelques évêques ou supérieurs généraux des congrégations religieuses masculines ou féminines d’ouvrir un procès contre un prêtre, un religieux ou une religieuse montrent que nous sommes sur le bon chemin, même si le travail est encore long à achever et compliqué.

Au sein de la Compagnie de Jésus, nous avons opté pour la politique de la protection des mineurs. Un document intitulé Politique et procédures en cas d’abus sexuels a été publié en 2011 et révisé en 2021. Moi-même j’ai été envoyé à Rome pour une année d’études à l’Université grégorienne. Tous les jésuites de la province du Proche-Orient et du Maghreb ont suivi une ou plusieurs formations sur la protection des mineurs.

Un énorme travail nous attend encore. Il faut avoir le courage et la détermination pour persévérer. Le but est de créer une culture de prévention. La formation des prêtres, des religieux et des religieuses doit être prioritaire. Instaurer une culture sexuelle au sein de laquelle parler de la sexualité ne sera plus un tabou. C’est une responsabilité commune, nous sommes tous invités à y participer.

L’Église est appelée à aider les petits à grandir. Elle est aussi appelée à accompagner toute personne dans le besoin – les mineurs victimes, bien sûr, mais aussi l’abuseur qui est aussi un enfant de Dieu ayant besoin d’être aidé à se repentir. Il nous appartient à tous, au sein et en dehors de l’Église, de bâtir ensemble un avenir plus sain.

Par Rabih HOURANI s.j.

Aumônier national du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ)

Le renvoi de l’état clérical de deux prêtres maronites, annoncé la semaine dernière suite à un décret papal, a remis à nouveau la question des abus sexuels sur mineurs commis par le clergé au premier plan de l’attention des médias.La protection des mineurs et des personnes vulnérables contre la violence sexuelle demeure d’ailleurs un problème central aussi bien dans l’Église, qui fait face depuis quelques décennies à la révélation de nombreuses affaires sur différents continents, que dans la société. Au-delà de l’immense souffrance des victimes, ces affaires largement médiatisés provoquent naturellement un grand trouble au sein des Églises et de la communauté des fidèles. Pour mémoire Le Vatican parachève la disgrâce de Mansour Labaky Cette préoccupation a été exprimée une fois de plus par...
commentaires (3)

Un des prêtres a été condamné en France à 15 de prison et il est recherché par Interpol Le Liban devrait l extrader même s il n y a pas de convention entre la France et le Liban Il avait la possibilité de se défendre dans un débat contradictoire il a refusé de se déplacer Le patriarche devrait demander aux autorités de l extrader au nom des victimes Je voudrais dire à l auteur de cet article s u il cherche dans les archives de la société jesuuau Liban dans les années 1960 Il y avait la my chose

celui qui sauve

12 h 52, le 15 octobre 2022

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Commentaires (3)

  • Un des prêtres a été condamné en France à 15 de prison et il est recherché par Interpol Le Liban devrait l extrader même s il n y a pas de convention entre la France et le Liban Il avait la possibilité de se défendre dans un débat contradictoire il a refusé de se déplacer Le patriarche devrait demander aux autorités de l extrader au nom des victimes Je voudrais dire à l auteur de cet article s u il cherche dans les archives de la société jesuuau Liban dans les années 1960 Il y avait la my chose

    celui qui sauve

    12 h 52, le 15 octobre 2022

  • On peut dire ce que l'on veut, le silence des eglises au Liban, de toutes les églises, et leur inaction sur les cas de viols sur mineurs qui ont été récemment jugés est la preuve que ces églises sont loin d'avoir pris conscience de la gravité de la situation. Certaines ont même pris la défense des violeurs. Arrêtons donc de nous gargariser avec des actions qui n'en sont pas. Nous aurions souhaité voir l'auteur défendre les victimes de viols avec autant de virulence qu'il défend son (absence de) bilan.

    K1000

    12 h 10, le 08 octobre 2022

  • l' abus sexuel venant d'un prêtre, censé représenter une image du Christ est un scandale, un crime abominable. Ceci dit, il faut bien reconnaître que l'Eglise est la seule institution à avoir pris des mesures (même si certains les jugent encore insuffisantes) pour punir ou prévenir de tels actes. On attend (vainement?) que d'autres instututions (Education nationale, clubs sportifs...) pù les cas, quoique peu médiatisés, sont infiniment plus nombreux, fassent de même.

    Yves Prevost

    07 h 10, le 08 octobre 2022

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